‹ Pour les belles personnesChapitre 11 sur 28 · LES JAMBES VERTES · texte numérisé non relu

LES JAMBES VERTES

Entre par la fenêtre grand ouverte, ô soleil de printemps! et réjouis de tes fraîcheurs claires la chambre de travail, qui s'isolait, à demi obscure. Allume les fleurs de laque etles oiseaux de pierreries du paravent japonais, fais tressaillir une flamme aux yeux blancs du Bouddha qui médite sur la cheminée, illumine, entre les vieux livres où la poussière s'émeut en poudre d'or, les lointains des tapisseries

de Flandre, prolonge dans tous les coins l'espace vague des horizons et, si la saison nouvelle a un papillon déjà, qu'il entre avec toi, voletant dans un rayon, et se pose sur le front pensif de la petite Pallas de marbre! Mais surtout, ô soleil de printemps, éveille dans mon esprit, avec les jeunes espérances, le souvenir des renouveaux d'antan, et qu'une histoire de jadis s'éparpille de ma mémoire et me charme ou m'amuse, pareille à un habit de carnaval napolitain, qui tombe d'un vieux coffre, avec le demi-masque et la batte, dans un bruit ressuscité de folles sonneries !

En ce temps-là, — bien que je ne fusse pas à l'âge encore où le Chérubin de la comédie embrasse et baise l'écorce ingrate des arbres, — il m' arrivait d'avoir, entre deux versions.

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