‹ Pour les belles personnesChapitre 5 sur 28 · LE CORSET DE CEXDRILLON · texte numérisé non relu

LE CORSET DE CEXDRILLON

s'approchant, il reconnut avec une rage désolée que la taille de l'archiduchesse était trop large, d'un demi-centimètre environ.

Un soir, peu de temps après son retour en France, il était seul dans sa chambre. Minuit bientôt. Bien qu'il eût enfin renoncé à tout espoir, il ne pouvait s'empêcher de songer à la forme parfaite qu'il ne lui avait pas été donné de contempler ; et il se sentait plein de tristesse, comme le Prince du conte. Il voulut revoir — pour que son sommeil se peuplât de beaux songes — le corset fatal, cause de tous ses chagrins, se leva, ouvrit un tiroir. Le tiroir était vide ! Il chercha dans d'autres meubles. Vainement ! Alors, plein d'inquiétude et de colère, il agita la sonnette d'un coup qui arracha le cordon.

— Louisette ! cria-t-il, viens ici. Réponds. 11 y avait un corset dans ce tiroir. Toi seule entres ici. Qu'en as-tu fait ? Répondras-tu?

La soubrette, toute rose, tremblait, fermant de peur ses jolis yeux où venait une ]arme.

— Oh ! que Monsieur ne me gronde pas, dit-elle. Je ne savais pas que ce corset fût utile à Monsieur, et, comme je le voyais là, toujours, je n'ai pas cru faire mal en le prenant, l'autre matin.

— Tu l'as pris ? Pourquoi faire ?

— Dame, pour le mettre. Je demande bien pardon à Monsieur.

Valentin la regardait, les yeux écarquillés I

— Tu l'as mis, toi ?

— Oui, monsieur.

— Et il te va ?

— Oh ! monsieur, on croirait qu'il a été fait pour moi.

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