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La toise russe vaut 3 archines, c'est-à-dire

Son parfum embaumait au loin. Non^ je ne le couperais pas !

Mais l'un des ouvriers (je lui avais dit auparavant de couper le putiet) se mit à la besogne en mon absence. Quand je revins^ l'arbre avait déjà une entaille d'un verchok et demi et sa sève jaillissait sous la cognée, à chaque nouveau coup frappé dans l'incision.

— Il n'y a plus rien à faire, pensai-je. C'était évidemment sa destinée.

Et, prenant moi-même une hache, je me mis à frapper avec le mougik.

Toute besogne est joyeuse à besogner. C'est un plaisir même d'abattre un arbre. C'est un plaisir d'entrer profondément la hache en travers, et de tailler ensuite tout droit, et de planter plus loin, toujours plus loin, sa cognée en plein tronc.

J'avais totalement oublié le putiet, et je ne songeai qu'à l'abattre au plus vite. Quand je fus hors d'haleine, je déposai ma hache, et,

le mougik et moi, nous nous arc-boutâmes contre Tarbre, essayant de le renverser. Un mouvement se fît, Tarbre se mit à balancer son feuillage, en secouant les gouttes de la rosée ; et les pétales brisées des fleurs blanches, des fleurs odorantes, tombèrent sur nos fronts.

A ce moment précis, quelque chose cria, craqua dans le milieu de l'arbre. Nous redoublâmes d'efforts ; — un craquement encore, tel un sanglot, et Tarbre tomba.

Il se cassa près de l'entaille, et, se balançant, vint se coucher — branches et fleurs — sur l'herbe. Après la chute, branches et fleurs tremblèrent un moment, puis redevinrent immobiles.

— Oh ! la belle pièce ! fit le mougik, c'est vraiment dommage !

Et, pour moi, c'était si « vraiment dommage », que je m'enfuis bien vite vers les autres ouvriers.

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