‹ Pour lire au bainChapitre 3 sur 63 · LE DUEL · texte numérisé non relu

LE DUEL

En garde I

Les fers croisés, ce fut un combat farouche, acharné, charmant. Les petits pieds frappaient le tapis dans des pantoufles de perles, les gonflements de Fair exagéraient les charmes des pantalons, les bras se tendaient, de neige rose, et l'essoufflement des gorges bombantes...

Marianne poussa un cri.

Elle avait cru voir du sang, une goutte de sang, à la poitrine de sa rivale ! Sans nul doute, elle l'avait blessée, tuée peut-être. Elle jeta son arme, se précipita sur Mariette, pleine de repentir, se mit à baiser, en pleurant, la blessure qu'elle avait faite. Peut-être pensait-elle — à cause de certains souvenirs de lecture — qu'elle guérirait sa victime en aspirant le sang de la plaie 1 Elle était d'autant plus portée à le croire que Mariette, maintenant, paraissait n'éprouver aucune douleur: respirant à l'aise, un peu fort. Une chose pourtant surprenait Marianne ; elle ne sentait pas, sous sa lèvre, l'humidité du sang.

Elle recula, regarda et sourit... La blessure qu'elle avait baisée, c'était, à travers la malines, la pointe du sein de Mariette 1

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