‹ Pour lire au bainChapitre 4 sur 63 · NIDS VIDES · texte numérisé non relu

NIDS VIDES

Par la fenêtre ouverte au soleil d'hiver, — tandis que le feu flambait dans la cheminée, — ils regardaient passer dans le ciel les nuages, lents, lourds, avec des indolences d'énormes bêtes blanches qui se seraient roulées dans la neige et se laveraient dans l'azur. La pente de la rivière bruissante colline du satin tiré, le prolongement, entre les squelettes des arbres, de la large allée pâle, jusqu'au bassin qui avait l'air, un peu incliné, d'un très fin croissant bleu, les col-

Unes, là-bas, où s'élevaient sous la brume des forêts de branches grêles, faisaient un lointain infini, vague, si frais ; et les flammes des bûches, entre les tentures, mettaient autour d'eux, tout près d'eux, une chaleur intime de boudoir. Ils étaient chez eux, en présence de tout l'espace. Là, toute la nature, ici, eux seuls. Comme c'est beau, l'immensité céleste, si pure et si diaphane que, parfois, on s'attend à y voir des anges transparaître ! Comme c'est doux le rencoignement tendre de deux cœurs dans l'étroitesse caressante de la chambre aimée î Les petits paradis valent bien les grands ciels. Bonjour, Dieu ! et ils se baisaient sur les lèvres. Mais, parce qu'elle pousse l'hypocrisie de l'innocence, — ah î mauvaise 1 — jusqu'à l'ingénuité parfaite, elle se prit à dire, tout à coup, avec un petit coup de poing sur la table : « Je veux aller dénicher des oiseaux dans les bois. » Il ne lui objecta point que c'était l'hiver, qu'il n'y avait pas de feuilles aux arbres ni d'oiselets dans les nids. Il avait depuis longtemps

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