L'AMANT RÉCOMPENSÉ
parures et les pierreries, ma glc>e et mon déshonneur et ma femme abandonnée et la mort de ma mère, qu'est-ce que j'aurai en échange de tout cela, chère âme?
— Le plaisir, dit-elle, de me l'avoir donné.
TVAPRÊS UN TRUMEAU
Poudrée , avec la joue vermeille de fard^
— on dirait qu'il a neigé sur un coquelicot,
— la mouche au sein, la mouche au bord de l'œil, et tout enrubanne'e de folles faveurs qui volent, Philis a conduit son troupeau sous l'ombrage : les innocents agneaux autour d'elle, avec des bêlements, se livrent à mille jeux dans les hautes herbes d'où les papillons s'e'parpillent; et la bergère, assise au bord du ruisseau entre les bouillons de sa jupe gonflée, mouille dans l'eau l'un de ses pieds, nu, si petit et si rose, qui a l'air du bec d'un oiseau qui boit. Elle est bien
persuadée que nul ne saurait la surprendre dans cette solitude ! Mais Tircis, en soie zintoline, la guette entre les branches, et il s* montre tout à coup, animé des pius vivet fureurs de l'amour. Vainement elle invoque Diane, qui défend la pudeur des bergères. Diane, avec ses nymphes échevelées, passe au loin sans l'entendre, dans l'emportement de la chasse, tandis que l'amant, habile à saisir l'occasion, déchire le satin du corsage et baise le satin de la peau. Eh bien, si les divinités sont sourdes, Philis appellera les hommes à son secours. « Gesse, Tircis! murmure-t-elle, cesse ! ou je crie à l'aide, et l'on viendra, et l'on châtiera, comme il convient, un téméraire berger, » Il ne tient aucun compte des menaces, ni des prières. Il s'écrie d'une voix retentissante : * Je t'adore, ô la plus belle des bergères, • tout en poussant l'insolence jusqu'aux plus extrêmes limites. Et Vhilis, alors : * Tais- toi ! mais tais-toi donc! Ah! Tircis, si l'on t'entendait I »