‹ Pour lire au bainChapitre 5 sur 63 · NIDS VIDES · texte numérisé non relu

NIDS VIDES

perdu l'habitude de résister, même en pensée, aux caprices de l'atroce enfant ; à chacun des caprices de Juliette il disait : « Monseigneur î » Bientôt, emmitouflée de fourrures, elle courut, lui la suivant, le long de la pâle allée, et quand ils furent dans le bois fait de noires ramilles et cliquetant sous le vent et le soleil froids, elle chercha des nids dans les broussailles et dans les rameaux bas, avec de petits bonds et des cris de fillette. Des nids, elle en trouva, mais sans oiseaux, des nids de l'ancien printemps, où ne restait pas même une plume. Elle chercha encore ; pas un pauvre petit pinson sans duvet, pas une fauvette à demi-nue, qui grelotte, en ouvrant son bec jaune. « Ah! oui, dit-elle, c'est que nous sommes en février. * Puis elle ajouta, en se pelotonnant contre lui, caressante, l'air d'un enfant qui a peur d'être battu : « Je suis bien sotte, n'est-il pas vrai, et je suis sûre que vous vous moquez de moi? » Mais il répondit avec la mélancolie des chers espoirs déçus : « Ai-je le droit de rire de vous, Juliette, moi

qui, sous '.a neige de votre cœur vide et glaeé comme un nid d'hiver, guette depuis si longtemps, ea vain, l'éveil de l'oiseau Amour? »

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