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T,A MOUSSE D'OR

Dans le couvent dont Mazet de Lamporechio fut le bon jardinier, mais avant qu'il eût jardiné, — je veux dire au temps des innocences premières, — le bruit se répandit un jour, sans qu'on pût savoir d'où, qu'un homme se cachait sous l'habit de l'une des nonnains. L'un de ces anges était un diable! l'une de ee3 brebis était un lbup! Je vous laisse à penser l'effroi. On ne parlait plus d'autre chose au réfectoire, à la chapelJe, dans les allées du verger. C'étaient des rou-

geurs, des tremblements; on ne marchait qu'avec des envies de reculer, de s'enfuir, comme dans un bois où l'on saurait qu'il y a une grosse bête. Un homme, c'est épouvantable. Même les plus intimes amies se regardaient l'une l'autre avec un air soupçonneux, c Qui sait? l'homme, c'est peut-être elle ! » La sœur tourière devint l'objet de l'horreur générale, parce qu'elle avait des moustaches.

Mais celle qui se trouvait le plus tourmentée, c'était une toute petite novice, treize ans à peine, qu'on appelait sœur Ninetta. Les yeux rouges comme d'avoir pleuré, se frappant à tout moment la poitrine comme dans le remords de quelque gros péché, elle ne pouvait tenir en place et poussait de grands soupirs. Si on lui demandait: « Qu'avez-vous doac, sœur Ninetta? » elle s'enfuyait très vite, sans une parole, avec l'air d'emporter quelque affreux secret. Enfin, un jour, après être restée enfermée toute la matinée dans sa ceilule, elle s'en alla trouver la supérieure

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