Pour ces mots v. le Vocabulaire, s. v
LÀ LANGUE D’HOMÈRE
Le mélange de l’ancien et du moderne serait la preuve du long espace de temps qu’aurait duré l’élaboration de ces poèmes. On voit, par exemple, qu’à des génitifs en oio, comme toTo Oeoïo , krctpoio <pt/oio, se trouvent mêlés des génitifs en ou, comme Gsou, srapou. Nous avons bien ici, paraît-on dire, la preuve d’une longue succession de temps, puisque la seconde désinence, que nous trouvons employée concurremment avec la première, est née de la première et l’a remplacée.
Ce raisonnement pourrait être admis et la différence des formes permettrait des indications de dates, s’il était question de poésie populaire. Mais à aucune époque, chez aucun peuple, il n’a été interdit aux poètes d’employer des formes déjà anciennes, de reproduire, soit pour la commodité du vers, soit pour donner à leur langage plus de gravité et plus de couleur, des formules déjà connues et consacrées. La distinction du primitif et du dérivé est ici hors de propos : rien n’empêche la forme mère d’être employée à côté de sa propre fille. Comme il arrive si souvent, il semble qu’un grain d’anthropomorphisme se soit mêlé ici à des considérations où il n’avait que faire.
Pour les désinences en particulier, on sait qu’elles ne disparaissent point en une fois. Elles se conservent longtemps en de certains contextes , tels que formules de rituel ou de droit. C’est là que les poètes les vont prendre. Nous voyons que l’usage s’en est maintenu
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en grec dans les réponses des oracles. Il en est de ceci comme de ces anciens costumes qui, après être passés d’usage, restent le signe distinctif de certains états ou professions.
Quoique la langue homérique ait sa grammaire et son lexique à elle, il faut cependant remarquer qu’aucun trait essentiel ne la différencie de l’époque suivante. Un trait essentiel, ce serait, par exemple, une désinence grammaticale que posséderait l’une et qui manquerait à l’autre. Mais rien de semblable ne se trouve. A part une seule exception, sur laquelle nous reviendrons 4, exception plus apparente que réelle, on observe que ce que le grec classique a perdu (l’ablatif, par exemple) est déjà perdu en grec homérique. D’autre part, ce que le grec classique a acquis est déjà acquis en grec homérique. Je cite, comme exemple, les participes aoristes tels que Xusaç, tu^ocç, ou encore les particules àv et xsv donnant au verbe le sens conditionnel. Homère dispose à peu près de la même richesse en suffixes que les âges qui ont suivi : il a, par exemple, des noms abstraits comme {xvy|[xoœuvïj « souvenir », <ppaou.oG>üvYj « sagesse ».Cequi est encore plus remarquable, c’est que plusieurs de ces noms