IL, IV
Sur l’origine de àxo/), v. le suivant.
’Akoùco.
’Axoùw ne veut pas dire « entendre », mais « écouter, comprendre ». Ainsi que Ta reconnu Curtius, il faut y voir le verbe xoew, xoFsw « prendre garde, faire attention » (cf. le latin cavere ), précédé d’un a prosthétique. Homère l’emploie en ce sens, quand, pour rétablir la confiance après une assemblée où l’on a parlé de départ, il fait dire à Ulysse : « Personne de nous n’a compris ce qu’Agamemnon a dit dans le Conseil. »
’Ev (Soulrj 8’ où TOXvToç àxoùirajjiîv oiov eeutev.
Chez Eschyle, Prométhée dit, en parlant des hommes qui n’ont pas compris ses leçons :
KAùovxeç oùx vjxouov.
Cf. 'Ittttoxowv «celui qui s’entend aux chevaux », Aaoxowv « celui qui s’occupe du peuple ».
La diphtongue ou se réduit à un simple o dans àxr,xoa. Dans àx^v (v. ce mot), cette voyelle ellemême disparaît.
L’ancien terme était xXüw. Il a été remplacé par àxoéw comme en français ouïr a été remplacé par entendre.
”AXiç.
Les mots signifiant « beaucoup, assez, trop » sont de ceux dont les langues renouvellent souvent l’expression. L’adverbe ôQaç, qui est de formation purement grecque, en est une preuve. Il est voisin, parle sens, de nos locutions à foison, en masse'.
La racine est le verbe FrjXw, féXXw, FsiXw « rouler, amasser» (aoriste sFaX^y). L’esprit rude ayant pris la place de l’ancien F, on trouve indifféremment a/.'.ç ou az'.ç.
La désinence -w est la même que dans y wpiç,
1. En latin, on a affatim , ad fatim « jusqu’à éclater ». Les nègres de la Martinique, pour dire « beaucoup », disent enpüe.
"AXloç « sans effet, inutile».
La contrepartie de Xeîa et de est aXu>ç, que les commentateurs traduisent par « inanis, vanus, irritus ».
Nous voyons cet adjectif employé comme épithète avecTOJvoç (un travail sans récompense), oôoç (un voyage sans résultat), arpa-rô; (une expédition qui n’a rien obtenu), o'pxtov (une convention non suivie d’exécution), yG9oc, ënoi (une parole restée vaine), etc. De même on donne cette épithète à une flèche ou un trait qui ne touche pas le but.
C’est l’idée de butin, de profit (Xsta) qui est à la base de toutes ces expressions. Hésychius, après avoir cité comme synonymes yx-x'.oc, àxapuoç, aîtpaxTOç, ajoute à Av, ’.oz.
L’esprit rude est inorganique, comme dans rjjAsïs, le dorien oxtw, etc. Peut-être la présence d’un autre adjectif aXioç, dérivé de aXç « la mer », a-t-il produit la confusion.
°AXicf| .
’AXxï), chez Homère, désigne l’énergie, le courage : il doit surtout s’entendre du courage moral.
LEXILOGUS.
Diomède, après un discours où Agamemnon a parlé de retraite, répond au roi des rois que Zeus, à la vérité, lui a donné d’être honoré au-dessus de tous les hommes, mais qu’il lui a refusé à)oaj, qui de toutes les forces est la plus grande.
àXxYjV 3’ oStoi Stoxsv, 0 T£ xpàxoç sari [JliyWTOV.
Une locution souvent répétée chez Homère est : jjisjjiaoTS 8oupi8oç àXxriç, piVT^asfk 9oupt.8oç àXxfiÇ, £Ù £lôoTa 8oupt8oç àXxrjç. Cette Oouptç àXxrj, c’est la force d'impulsion qui décide des succès à la guerre.
Il semble bien que ce mot ait été, dans la langue commune, d’un grand usage : c’est ce qu’on peut conjecturer d’après les noms propres où il est entré : 5,AXxav3poç, AXxaïoç, ’AXxàôooç, IVbvàXxaç,
’AvTaXxiSàç Le préfixe àXxi.- a formé A Xxivooç,
A Xxiët.oç (avec son dérivé 5 A Xx^àS^ç), 5AXx(.3àp.aç
Comparer les préfixes àp^i-, àpn.
Accompagné d'un génitif, àXxv] prend le sens de « secours, défense ». C’est en ce sens qu’Hésiode a pu dire, parlant de la terre abandonnée à tous les maux :
Ta oè Xev^eTat, àXysa^Xuypà
ÔVTjTCHÇ àvÔptoTTOWt, XaXOü 8’ OUX £<7<7£Tat. aÀXY] 1 .
En cette signification, il a donné le substantif