‹ Pour mieux connaitre HomèreChapitre 27 sur 72 · Sur l’orthographe êvvgôç, voir le suivant · texte numérisé non relu

Sur l’orthographe êvvgôç, voir le suivant

LEXILOGUS.

Il nous présente l’a privatif et v£<p£À7|. Mais d’où vient le redoublement de v?

Pour quelques-uns de ces redoublements de^ consonne, la comparaison des idiomes congénères fournit des explications particulières. Ainsi l’aoriste ©SS swe « il craignit » s’explique par une' ancienne forme eSFewre. Pour cpiXo^LnetS^ç on a supposé un ancien : <ptXo-c à cause du sanscrit smi « rire ». Mais il y a pour ces redoublements une explication plus générale.

Les consonnes de durée , c’est-à-dire celles qui, n’étant pas explosives, peuvent, dans la prononciation, être plus ou moins prolongées, comme v, p., X, a-, se présentent souvent sous cette forme prolongée. Ainsi on a sklaêe, sWic-o-eT o, Ipp.ops, sera rsiovto. Le redoublement a lieu surtout en composition après sù et a privatif : sûvvrjToç,

£;J77£),pOÇ, àp.p.OpOs, otXlofOÇ, etc.

Le composé àvvéyfiXoç rentre dans cette catégorie.

Nous avons en français un fait de prononciation à peu près pareil dans ennemi , allégresse .

’AvTuepuç.

Il arrive assez souvent qu’une préposition traîne à sa suite un substantif, un adjectif ou un pronom

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dont la présence n’est plus sentie. C’est ce que nous voyons, par exemple, en français pour la préposition avec ( ab hoc). On a le même fait en grec dans psTa, syyùç (v. ces mots). C’est ce même fait qui se présente pour àvTt.xpu; ou àvTixpti. La dernière syllabe nous représente un ancien substantif. Mais il est difficile de dire lequel, ces mots réduits à l’état de simple annexe étant souvent difficiles à reconnaître : on y peut voir une altération de xàpa « la tête ».

L’expression est la même que le français en face , vis-à-vis .

Le Troyen Paris, invité à renvoyer Hélène, dit que jamais il n’y consentira, et qu’au besoin il déclarera ouvertement son refus aux Troyens :

ÂUTocp eyco Tpcosam p.s(f iTUTcoSàpiotç ayopsua-co * àvTixptj 2’ àTOÇTjfn, yuvadxa jjlsv oux clizoùckjw .

5 A vuxp’j peut se traduire ici littéralement « je leur dirai en face ».

Le a- final de àvTixpuç est le a- adverbial. Cf.

FXP’^

’Aoaaqxqp « qui porte secours ».

’Aoo-o-yjTïip, dans Homère et chez les poètes qui se servent de la langue de l’épopée, est « celui qui vient à la rescousse ». Les dictionnaires le traduisent par « auxiliator, opitulator ». Hésychius le commente par (3oy)9ôç. Il donne aussi les formes o<j<T7|T»5p, èoa-aTjTYÎp, qu’il explique par smxoupoç, Tipwpôç, et il ajoute : àvrl voü àoo-ff^Tvip.

Le sens n’est donc pas douteux : c’est « celui qui vient au secours ». Quant à la forme, on voit qu’il s’agit d’un nom verbal venant d’un verbe ào<7'7i(u OU àoxo'àw.

Les avis se séparent quand on passe à la question d’origine. Les anciens n’ont pas été chercher bien loin. Il y a, en grec, un mot os-o-oc, qui signifie entre autres choses « voix, bruit ». Ils en ont conclu que c’est celui qui vient au secours, même sans être appelé : 6 a vso otot)? xa't, xlr,8ôv o; aÙTogaTwç. Mais cette interprétation a le tort de devoir être trop aidée et complétée : si «oxo-rj-r/î p vient de oa-xa « la voix », il ne peut signifier qu’une chose : « celui qui ne donne pas de la voix, celui qui ne crie pas ». L’idée de secours, qui est l’essentiel, serait sous-entendue.

Les explications des modernes ne sont guère

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plus satisfaisantes. Curtius pense à la racine su ou a-sTî, qui veut dire « suivre, accompagner ». ’Àoo-fft^rîp serait donc le compagnon. Le sens, quoique un peu faible, serait acceptable, mais on a de la peine à comprendre comment eiropat, est arrivé à donner une forme aussi compliquée1.

Düntzer2 propose la racine 06 « pousser », qu'il rapproche du sanscrit vadh « tuer ». On aurait un substantif *aoo,uoç (pour ao6 joç), d’où ào o-o-sw. Mais la langue homérique ne connaît que la forme <i)ôsW.

L’explication que nous allons proposer aura au moins le mérite d’être conforme au sens donné par les anciens et réclamé par le texte d’Homère; et, en outre, cette explication présentera l’avantage de nous mettre sur la voie d’un fait de phonétique qui n’avait pas encore été relevé.

J’explique .qkwotit^p comme équivalent à aù^-nip, du verbe aù£éw « augmenter, secourir ». Le changement de au en ao n’a rien d’extraordinaire : Gustave Meyer mentionne au devenu ao dans aotoi (Mycale), dans TaoTa (Samos), dans NaoXoyov (pour NaûXoyov) à Priène, etc. Les deux sons au et ao devaient être fort voisins.

1. Voici par quel détour. La racine sac , qui a donné sitopiai en grec, donne sequi en latin. De sequi vient socius, qui, transporté en grec, ferait *sok-io , d’où

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