‹ Pour mieux connaitre HomèreChapitre 28 sur 72 · Journal de Kuhn} XVI, p · texte numérisé non relu

Journal de Kuhn} XVI, p

LEXILOGUS.

Ce qui est plus rare ou, du moins, ce qui a été moins observé jusqu’à présent, c’est le changement de £ en o-o*. Les langues romanes en offrent de nombreux exemples : italien Alessandro , sessanta; français cuisse , essieu , etc. Mais des exemples tirés du grec, on n’en avait encore recueilli, quoique l’alternance de et cniv, de SiJjoç et Sura-oç montrât assez le voisinage des deux prononciations.

9Àoa,Œ7|TvJp, selon cette explication, sera donc un proche parent du latin auxüium et du français auxiliaire . On ne pourra s’empêcher d’admirer la fidélité du texte homérique qui, ayant emprunté ce mot à quelque dialecte, nous l’a transmis si exactement. Dans certaines prononciations du Midi, aù^T^p deviendrait encore aujourd’hui, comme au temps de ces vers, ioa-o^Trip.

J’ajouterai, pour finir, que le verbe aos-s-sw « porter secours » se trouve une fois chez Moschus (IV, HO) : Tcp pièv àowrjam XeXwri|/ivoç.

’AptÇqXoç.

Les dictionnaires traduisent àp^Xoç par quem valde æmulamur , valde æmulandus. Mais, comme remarque Henri Estienne, nullus exstat hujus signi -

LEXILOGUS.

ficationis testis. Dans Homère, àpiÇ^Aoç a le sens de clarus , soit au propre, soit au figuré. En parlant d’un météore qui, la nuit, court à travers le ciel :

àptÇyjXot §£ oi aùyal

^aivovTat. izoXkoïvi [ast’ àarpa<n vuxtoç àpioAyy).

En parlant du son de la trompette :

8’ ôV àp^V/) cp (ovvj, ot£ t’ îaye a-àXmyi;....

Sur le bouclier d’Achille, Pallas et Arès sont représentés :

KaXco xal pi£yàX(o aùv T£uy£<7t.v, wai£ 0£to tzso,

’Apcplç àp(.(^7]Xw.

Ce sens se retrouve chez Hésiode, où àpü^Xov est opposé à àSr^ov.

'P£Üa 8’ àplÇr^ov puvuôa xal à SïjXov àeîja.

(Op., 6.)

D’après ces passages, qu’il serait possible de multiplier, je suis porté à croire que le mot £y\koç exprime l’idée de lumière. Je soupçonne qu’une confusion s’est faite avec ustârîkoç, ad étant em-

LEXILOGUS.

ployé dans le sens d’un adverbe de renforcement1.

’ApiBpôç.

Ce mot, qui veut dire littéralement « assemblage » et qui forme doublet avec àpQp.6ç, a déjà dans l’Odyssée le sens précis de quantité numérique.

Mv7t<7T7]p(ov 3’ out’ ap Ssxàç àxpsxsc; ouzs 33’ oica ,

5 A Xkb. tîoX’j 7r)iov£ç * myoL 3’ £i< ~sca £v0àô’ àptQpiov.

(Orf., XVI, 246.)

L’insertion d’un i est la même que dans <rxapcpu>v et (jxàptçoç. La racine est celle qui a donné àppiovta et àpjjLoÇco*. L’esprit rude de ces deux derniers mots est inorganique.

"'Apxopai,

Le verbe ap^w a une forme moyenne, ap^opai, très usitée dans la langue du rituel, ainsi que ses

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