‹ Pour mieux connaitre HomèreChapitre 33 sur 72 · TO · texte numérisé non relu

TO

Quant à la syllabe xsp, c’est le suffixe du comparatif que nous avons en latin dans inter, præter, subter.

Pour mieux insister sur la même idée d'éloignement, la langue a encore formé le composé

LEXILOGUS.

3,ATr| .

Tous les lecteurs de l’Iliade se rappellent l’allé gorie de la déesse Atê, personnification de l’aveuglement et de la faute : la déesse est décrite comme ne touchant pas la terre, mais marchant sur la tête des hommes, dont elle trouble l’esprit et prépare la perte. Dans la langue ordinaire, a.vt\ est un nom abstrait de sens assez vulgaire, signifiant (( confusion, faute, dommage ». Homère nous donne lui-même le sens du mot, en même temps que Tétymologie.

Ilpso-ëa A '.oc Guyir/jp 5'Att), t4 TcàvTaç àaxa ......

O j O’jvàu^v IsAocOstjfy 5/At7)ç, TîpwTOV àào-QrjV.

La déesse Atê fait donc partie de ce Panthéon de seconde formation qui personnifie des idées abstraites : elle est de même sorte que Nspsavç, ’Ep.tvéç, Motpca, etc. C’est en ces divinités abstraites qu’il faut voir la vraie religion d’Homère.

Hésiode, dans les Travaux et les Jours (v. 411), emploie le mot en un sens assez prosaïque :

Alel S’ àpiêo)aspYOs àv7)p aTçart Tca^aUu

LEXILOGUS.

Ce qui veut dire que celui qui vient trop tard subit le dommage.

Dans la loi de Gortyne, àxàpsyoç désigne cëlui qui est mis à l’amende.

Un proverbe, attribué à l’un des Sept Sages de la Grèce, dit :

byyja, Tcapa 6 orra,

ce qui peut se traduire : « A qui prête caution le dommage ne se fait pas attendre ».

L’a long de axr, vient d’une contraction : en effet, la forme primitive est b.yy.r t\.

Il reste encore des traces assez nombreuses du F. On trouve chez Pindare ( Pyth ., II, 28) àuàxa.

’AXXà y '.y uëpiç slç àuârcav urapàcpayoy wpcrsy.

Hésychius a la glose : àâêaxTot. • àëXaëstç. Nous avons ici àêaxxot., participe de iàÇco, àëàÇw, précédé de l’a privatif.

Du substantif a r/j , malgré la différence de quantité, on peut supposer que vient le composé omaTvi « tromperie », avec son dérivé àxcaxàw « tromper ». Une question plus délicate serait de savoir si le verbe à-rc-atpla-xw n’est pas un parent de à--aFaop.at.. Je serais disposé à le croire, quoique les exemples de changement d’un F en y ne soient pas nombreux.

L’adjectif àxaxoç, qui contient le verbe aaouat,

LEXILOGUS.

précédé de l’a privatif, a deux sens, au fond assez voisins, lesquels ont occupé Buttmann1. L’un, épithète du Styx, est « qui ne peut être trompé, qui n’admet pas le parjure ». L’autre, épithète de olzQIoç « joute, concours », est « qui n’admet pas la chicane ».

Oijtoç [Jièv Sy| asGXoç ààaTOç exTSTeXeorat.

0 Od XXII, 5.)

Aütcùç.

Certains vers d’Homère ne se comprennent bien qu’avec ce supplément de clarté que donne le geste. Sans cet accompagnement, ils peuvent dérouter le lexicologue.

On a supposé qu’il y avait plusieurs adverbes a’jTwç, auxquels des sens assez divers ont été attribués. Mais il ne faut pas chercher ces sens dans l’adverbe : ils résultent du contexte; s’il fallait donner de auTtoç un équivalent français, la locution qui en donnerait le mieux l’idée serait notre locution comme cela , ou plus familièrement comme ça . Exemples : Il à dû s'en aller comme ça (c’està-dire sans avoir rien fait). — On le laisse dans

LEXILOGUS.

la peine comme ça (c'est-à-dire sans secours). — Il s'est tiré d'affaire comme ça (c’est-à-dire par ses seuls moyens). — Il me l’a dit comme ça (c’est-àdire sans y attacher d’importance).

Voici quelques exemples grecs de ces sens du mot auTcoç.

L’armée grecque est en déroute. Agamemnon ne doute pas qu’elle ne soit menacée d’un désastre. Il a été témoin des succès d’Hector, succès inouïs, tels que jamais homme n’en a obtenu. « Et, de plus, il les a obtenus comme ça , sans être fils de dieu ou de déesse ».

aiiTcoç, O’Jts Osàç t nbq <pD ,oç, ouzs ÔsoTo.

Page 1