IL, X
Ulysse, après avoir promis à Eumée que son maître reviendrait un jour à Ithaque, voyant que son interlocuteur reste incrédule, insiste et dit :
« Ami, puisque tu repousses tout, et puisque tu ne veux pas croire qu’il reviendra, et que tu as l’âme si défiante, eh bien! je ne parlerai plus comme ça , mais je te déclarerai avec serment qu’Ulysse reviendra.... »
’Q c ptV, stcsiSt) TràjjiTcav àvodvsoa, ouS’ stl cp^cSa Kslvov sXeuq,ecr0at, Ss toî. aisv amo^toç*
’AXV syw ojy. auTtoç [jiuG-rçŒOjjiai, àXÀà o-uv opxco, verrai ’OSügtsüç
(Od., XIV, 151.)
LEXILOGUS.
« Je ne me soucie point, dit Zeus, de provoquer la colère de mon épouse en prenant parti pour les Troyens. Déjà comme ça , parmi les dieux immortels, elle ne cesse de me chercher querelle ».
H 8s x ai auTtoç jjl’ aiel sv àôavaTOt.a't. 6so la’iv vsusl
Ulysse, de retour dans sa maison, est reconnu par son chien; mais lui, feignant de ne pas le connaître, demande : « Est-ce un chien de chasse, ou comme ça un de ces chiens qu’on élève pour être compagnons de la table? »
H ocjtcdç oTo£ ts Tpa7C£^7)£ç xtiv£ç àvSpwv riyvovT
(Od., XVII, 309).
L’ombre de Patrocle se plaint à Achille qu’on ne le laisse pas passer le Styx, mais qu’il est condamné à errer comme ça (sans sépulture) aux portes de l’Adès :
où§£ pis ttco pdoy^o-Qoa UTuep TiOTapiCHO samv, aX)\ auTcoç àXàX^jjiai àv’ £upuTïu),£ç J'Aï8oç 8to.
Les compagnons d’Ulysse débarquent sur une côte inconnue. Ils ne songent pas à prendre
LEXILOGUS.
quelque aliment, quoique en ayant besoin; mais ils sortent de leur vaisseau et se couchent comme ça (sans nourriture) :
où OS TI.Ç Yj JJ.Iv
OÔpTTOU IJ.vij'TT'.Ç SYjV, U.XÀX TCp yy.XSO'JY'.V sXsffQoU' àXX’ aoTco; àTtoëâvTsç sxsîjAeOa vy,Ôç aTCavxeç.
(Od., XIII, 281.)
Quelque chose de semblable se trouve encore chez les écrivains d’un âge postérieur, car le grec littéraire est resté toujours assez près du grec parlé. Ainsi, chez Démosthène, à/oùs'.v oùxu;, ou bien wç ouxom àxoüom, signifie « à prendre les choses en gros, sans les examiner ».
5A<t>aup6<;.
Certains mots sont considérés comme faisant partie de la langue poétique, qui sont de simples variantes de mots très usités en prose. C’est le cas de l’adjectif àœaopôç, plusieurs fois employé dans Homère au sens de « faible, infirme ». Il y faut voir une variante de cpaûXoç, cpXxGpoç. Ce dernier, après avoir pris un a prosthétique à cause du groupe œ)'., l’a gardé même en l’absence de l’une des deux consonnes. ’AcpXaupoç est donc devenu
LEXILOGUS.
àcpaupoç, à peu près comme en français on a état , école , avec un e prosthétique, alors qu’on ne prononce plus estât , escole.
Quant à l’étymologie, on peut soupçonner quelque parenté avec cpXéapoç.
3'A<f>£voç.
Un mot fréquent chez Homère pour marquer la richesse est le substantif neutre acpsvoç. Ce mot est très ancien, car il se retrouve dans le sanscrit apnas « richesse, provision ». On a eu d’abord acpvoç, l’aspiration du cp étant due au voisinage du v. C’est ainsi que le voisinage du v a aspiré le x de X’jx « briller » dans Xu%voç« lampe ». Nous retrouvons le même mot sans aspiration dans le latin ops « richesse », d’où opulentus. Avec l’insertion d’une nasale, on a outzvoç « profit » et op/rcv*/; (même sens), d’où le verbe op/rcveueiv « enrichir, augmenter ».
L’adjectif dérivé de acpvoç est àcpvst-oç « riche ».
L’Hymne à Démèter a l’air d’établir une différence entre acpevoç et t&oütoç :
I DvOütov, ôç àv6pfouot.ç àcpsvoç Gv7)TqTa-!. ùIScüœlv.