II., XI
« Ainsi ils combattaient (ou plutôt ils se consumaient1 2) à la façon d’un feu dévorant. »
11 est vrai que l’anglais like « corps » que nous citions tout à l’heure, a encore pâli davantage, puisqu’il est devenu un simple suffixe dans les
1. On verra plus loin que a&pia, au sens d'un corps humain encore en vie, ne fait point partie de la langue homérique.
2. J’estime que ce [xàpvavTo doit être rapporté, non à {Jtàpva|i.at, mais à p,ap ouvo.
LEXII.OGUS.
adjectifs comme friendly ,manly. De même l’allemand leiche « corps, cadavre » est devenu le suffixe lich dans freundlich, mannlich.
Le grec homérique s’est donc arrêté après les premiers pas dans la voie où les langues modernes ont poussé jusqu’au bout.
Aispai, ôlqicco
AUpai, qui suit la conjugaison de xfikpa'., mais qui n’a qu’un petit nombre de formes, signifie : 1° courir; 2° suivre à la course, poursuivre.
De l’actif on a un exemple unique :
Tplç rapt aoru piya II pi. à pou oiov, oùos tot’ ItXtjV
Mslvav £77£pyou.îvov.
Le verbe Su!)xo> est en quelque sorte la continuation de ce olspoe.
On sait, en effet, que certains verbes se conjuguant sur TlQr.pu ont une forme en xa que l’on est convenu de considérer comme un aoriste, parce qu’elle est précédée de l’augment : eôrjxa, ISwxa, éWjxa. Quelques-uns de ces « aoristes » ont produit toute une conjugaison nouvelle : Swxw, ffx/^xw, Ô7)xw. 11 serait plus exact de dire que la
LEXILOGUS.
racine enrichie d’un x a produit une conjugaison nouvelle.
Or, il se trouve que parmi les diverses variétés que présente cette forme en xa il s’en trouve une, peu nombreuse, mais comprenant des verbes importants, qui fait précéder la syllabe xa d’un w. On a : àcptYjfJU., àtpecoxa; à>a<7X0[aaL, sàXtoxa (Sophron). De ce nombre a dû être SUpat. a poursuivre », qui, ayant fait à l’aoriste eôuoxa, a produit le verbe
OUOXtO.
Apcbç « le serviteur ».
S’il est arrivé aux poètes d’employer le verbe ôàjjivYifju, Sajaàco, dont le sens propre est « dompter », en parlant d’êtres humains assujettis par force à la volonté d’autrui, c’est là une image poétique, et il est permis de douter que pareille expression ait jamais reçu accueil dans le langage courant. Je crois que opoK « le serviteur » doit être rapporté, non à l’idée de « dompter », mais à oopçç « la maison » (cf. famulus)1.
Ajjxoç, génitif Spwo;, suit la déclinaison de
1. A plus forte raison ai-je des doutes sur ôàjxap « l’épouse ». Mais la formation de ce mot est si particulière que je n’ose rien affirmer à son sujet.
LEXILOGUS.
Tzocrpcoç, pr' Tpw;. Ces mots, en y comprenant .yaÂWs « la belle-sœur », appartiennent à un même ordre d’idées. Ils expriment une relation familiale. J’aurai l'occasion d’y revenir en parlant du mot
rr
Aokégù.
11 existe chez Homère un verbe irrégulier et défectif qui a beaucoup occupé les grammairiens et sur lequel Buttmann a écrit, dans son Lexilogus , un de ses meilleurs articles1. C’est le verbe qui fait à l’aoriste Soocto ou Ssocto (les manuscrits ne sont pas d’accord sur la voyelle). Le sens de ce verbe n’est pas douteux : il signifie « paraître, sembler, avoir l’air ».
Üpoo-Gsv piv yap 8*/] pot. àeixsXioç 8soct’ slvoa,
N’jv 8s Gsohnv eouce
(Od., VI, fc242.)
« Avant il me semblait d’aspect méprisable. Maintenant il est pareil aux dieux. »
Ce Ssocto ou SoaTO est un arca£ Xsyopisvov chez Homère. Mais dans les Recueils d’Hésychius et
LEXILOGUS.
de YEtymologicum Magnum , nous trouvons deux formes apparentées :
AlaToa- cpodvsxoa, Soxeî.
Asàjrrçv £Soxlp.aÇov, £ô6£aÇov. ]
On aurait pu néanmoins rester dans le doute sur ce SeaTO si, par une heureuse rencontre, une inscription trouvée par M. Foucart en 1859, à Tégée, ne nous l’avait représenté jusqu’à trois fois :
El xav Séaxol tïoàsjjloç rivât. 6 xtoXutov « "si la guerre leur paraît être l’empêchement »;
Ça|j.f,6vTü) ol eo-SoT/ipeç oam av ZsoltoI <r®eiç Çajuat. « que les magistrats chargés de l’adjudication punissent de l’amende qu’il leur semblera bon»;
eï 8’ av tiç twv epvcovàv v) twv IpyaÇopiévcov £tc rr psià^ev SiaTot. Iv xà è'pya... « si quelqu’un des entrepreneurs ou des ouvriers semble faire obstacle au travail1 ».
Le sens de Séatoi dans ces trois passages n’est pas douteux : c’est celui du latin videri .
Mais ce même verbe reparaît encore chez Homère sous une autre forme. Il a pris la désinence -aÇ(o, -a^opat., si usitée plus tard, déjà fréquente