Cf. en latin pôlus, pôculum
LEXILOGUS.
banquet », au lieu de recourir à la racine tco ou tco), se sert du présent tcLcd. De là le composé elXamvT), littéralement « boisson en société », qui a l’air d’un mot de basse époque, quoiqu’il se trouve deux fois dans l’Iliade. On trouve même le dérivé e&amvaanfa « convive » (//., XVII, 577).
De cette lourde formation on peut rapprocher les mots si alertes <rup/ji:6<nov, ctjultcot/^.
Eipco « parler » .
Ce verbe ajoute souvent à l’idée de parler une nuance de solennité que n’a ni p-uOsoum, ni sttco, ni cpvifM, ni même àyopsuto. Il est employé, par exemple, pour une ambassade, un oracle.
La forme complète est Fep/w. Le F initial s’est conservé dans l’éolien {âp^Tcop « orateur », dans la forme éléenne Fpàxpa « traité », dans le cypriote sÙFpv^àa-aTU « il promit ».
L’idée de « traité » se retrouve dans elp^vv) « la paix », littéralement « la convention ».
C’est la racine qui a donné le latin verbum , le gothique vaurd (anglais word).
LEXILOGUS.
'Ekocç.
On sait que chez Homère certaines prépositions sont encore employées comme postpositions. On a, par exemple, ;u.x/v ex (11., V, 157), p.£Ta<ppÉvc;) Iv (V, 40), o-cplaç -repoç (X, 140), etc. On a vu plus haut àvôpaxàç qui équivaut à avSpâ xa-ra.
De àvSpaxàç on ne peut séparer l’adverbe sxàç, qui est composé de è' (anciennement g-fé) et xàç. Il signifie « à part soi, à part ».
ou yàp otw
’AvSpcôv 0U<7|J,£VÉWV Éxàç bràptEVOÇ TO)),£[jÛÇeIV.
O’Jô ap £T5, ùry
T^)ip.a^oç ^sivoi.0 exàç Tpa7C£T’, aXkb. TuapsaTT}
( Od XVII, 75.)
De sxàç vient sxaa toç, pour lequel le digamma est attesté de la façon la plus indubitable par le dialecte locrien et par l’inscription de Gortyne. Ce mot se compose de l’adverbe sxàç et du thème pronominal to. Cf. la composition de au-To-ç, ainsi que celle de sxeï-vo-ç. Il semble que sxaoroç ait produit aux Grecs l’impression d’un superlatif : c’est
LEXILOGUS.
ce qui explique la façon dont il est accentué. Cela explique aussi la formation de sxcruspo;.
Quand on dit xaf)’ Sxaarov, on emploie une locution pléonastique à peu près comme on a un pléonasme dans l’adverbe français aujourd'hui.
Une difficulté que nous ne voulons pas dissimuler vient de l’adverbe latin secus, qu’on avait rapproché jusqu’à présent de Ixàç. Il faut probablement les séparer, d’autant plus que, pour le sens, ces deux mots se correspondent imparfaitement.
'Ekcov.
Le digamma est attesté pour ce mot par le composé à F éxwv, àlxwv, a xtov. Ce digamma ou F a été remplacé plus tard par l’esprit rude (v. ï<rr wp).
D’après l’accentuation on doit supposer dans éxwv un ancien participe aoriste. Il existe en sanscrit un verbe vâncli « désirer », qui, pour le sens comme pour la forme, rend très bien compte du mot grec.
Les mots £x7)ti, Sxriloç, suxrjXoç, rapprochés par Buttmann, sont plus douteux.
EEXILOGUS.
“EXsoç « la pitié ».
Il serait intéressant de savoir où les Grecs ont pris le nom de la Pitié, ce sentiment qui a déjà sa place dans les vers d’Homère, sentiment auquel les Athéniens, dit-on, élevèrent un autel. On cherche vainement dans les langues apparentées quelque chose de semblable. En grec même, il existe à la vérité les dérivés de eXeoç, mais on ne voit pas d’où celui-ci est venu, et dans quelle famille de mots on pourrait le placer. De là, le soupçon que le mot a été créé, non par dérivation régulière, mais de quelque façon plus spontanée et plus rare.
Les interjections grecques ont quelquefois donné des verbes. Ainsi de oip-oi on a oipwÇw, de a l on a oààÇio, de laô on a ’.xyo).
L’interjection èXeXeûi ayant donné èXsXtÇw, c’est à cette origine que je propose de ramener aussi s/iw ou èXsëw. Ce qui fait surtout l’intérêt d’ëXîé(o ou ëXéw, c’est que nous le voyons renoncer à son rôle de simple onomatopée, et devenir verbe actif. Aucun des verbes précités n’est sorti du domaine subjectif pour exprimer une idée altruiste et prendre une part active à la structure de la phrase.
LEXILOGUS.
Quelque chose de semblable s’est passé pour l’interjection oi qui a fait oi'Cto « gémir », d’où l’on a tiré oiÇôç « lamentation », oïÇupoç « malheureux », oiÇôco « déplorer ». De là, en outre, sont venus oix77ip « celui qui déplore », olxTelpu « avoir pitié », oixzpoç « pitoyable »,o!xtoç « compassion, pleurs».
La philologie d’autrefois faisait une trop grande place aux cris naturels et aux interjections. Mais il ne faudrait pas diminuer plus qu’il n’est juste la part que les facultés affectives de notre être ont fournie de tout temps, et continueront sans doute de fournir, à l’héritage linguistique.
"EpTcqq.
Cet adverbe, qui se présente ailleurs sous la forme êpcaç, signifie « cependant, néanmoins ». Il contient le datif Tcao-i précédé de la préposition ev : on peut rapprocher le français toutefois , l’allemand bei alledem.
L’enchaînement des idées est celui-ci : on concède tout ce qui vient d’être dit, et l’on affirme qu 'avec tout cela l’affirmation qu’on tient en réserve, subsiste.
Il est intéressant de trouver ici la forme ionienne du pronom, qui partout ailleurs se présente sous la forme dorienne. V. Tîà;.
LEXILOGUS.
EvvoaLycxioç.
Nous prenons ce mot comme type d’une classe de composés très nombreuse, dans Homère, et qui a persisté dans toute la suite de la littérature. Ce qui caractérise ces composés, c’est la réunion d’un substantif abstrait en <nç (ou t^, <kç, avec un autre substantif ou adjectif qui en dépend : mais contrairement aux habitudes des langues indoeuropéennes, le mot qui régit vient le premier. Au lieu de xa xo-àXe^ç (protection contre le mal) on a aÀs^xaxoç, au lieu de Ppo?6-<p(h<nç (perte des hommes) on a ©Qwt-piëpoTOç, au lieu de <j>p7|v-àecriç (trouble de l’esprit), on a àsovcppwv. Dans àepov ttoSsç iTCTcot. « les chevaux qui lèvent haut le pied » on a le substantif aspo-tç, nom abstrait tiré du verbe as 'Ipw « élever ». Dans Tap.s(7^pti)ç, épithète de la lance, nous trouvons le substantif abstrait Tauso-iç, formé de Tsptvo) « couper » et ypwç « chair ». Mais pourquoi appeler la lance « coupure de la chair », quand il était facile de faire un composé yptoTouo;? Pourquoi, peut-on encore demander, Aa[xà<utaîo^ quand on a rl7rru6Sap.o;? Dans evvoa-tyaioç (surnom de Neptune) nous avons les verbes svo8to, svfoSw « ébranler » qui a donné un substantif evvcmç, lequel, uni à yaüa, donne un composé signifiant
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« qui ébranle la terre ». Mais le sens littéral est a ébranlement de la terre ». Passe encore pour ceux-ci :mais les femmes troyennes sont appelées éXxisdiTreTcXoi, littéralement « traînée de vêtement ». On a ailleurs la forme plus naturelle éXxe^tacoveç. Ne sont pas moins étranges Tavuo-wrrepoç, épithète des oiseaux, Ope^vcop, épithète de la terre, coXe- <notxoç, épithète des Erinnyes, etc.
Les explications les plus variées ont été proposées pour ces mots, qui non seulement ont l’air de contredire une loi générale de la langue, mais étonnent par le tour général donné à l’idée : on a voulu voir dans le premier membre un présent de l’indicatif, ou un [impératif, ou un nom d’agent comme ptàvTiç, 7c6<nç : mais il est impossible de méconnaître dans ces composés la présence d’un substantif abstrait. Nous n’avons pas à discuter ici une question qui demanderait trop d’espace : je me contenterai de faire observer que ces composés paraissent avoir eu pour point de départ et pour modèle des surnoms de divinités.
Les contemporains d’Ennius ont essayé d’acclimater ces composés dans la langue latine : àp.s>,ÿiypooç a été traduit par versi-color , xap^Urcouç par flexi-pes. Mais si quelques-uns de ces composés ont réussi à se faire adopter, ce genre de formation est toujours resté quelque chose d’insolite et d’exotique. A plus forte raison, quand Ron-
LEXILOGUS.
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sard et son école ont essayé de les introduire en français.
Au contraire, en grec, encore de nos jours, àXeljtxepauvoç, àXe£iëp6%i.ov sont des mots compris de tout le monde, pour dire « paratonnerre, parapluie ».
Ne pas confondre avec cette classe de mots, d’une physionomie si distincte, les composés ou juxtaposés ordinaires, comme opefriyevir,?, vaixnxlu-ra;, où le premier membre est un datif pluriel. Les composés de cette sorte ne manquent pas dans la langue homérique. On a, par exemple, svTSTtepyôç, « qui travaille sous le harnais » (épithète des chevaux), "'.yyï'.-A/’TT,; « rôdeur de murailles » (épithète d’Arès).
cEopTq « fête ».
Ce mot, chez Homère, exprime une idée d’allégresse et de joie plutôt qu’une idée de cérémonie et de culte. Il ne se trouve d’ailleurs que deux fois, aux derniers chants de l’Odyssée.
Ce mot vient probablement du verbe àetp w, devenu plus tard cap w, qui signifie « élever », et au figuré « exalter ». Plutarque, dans la Vie de Fabius, raconte que le peuple romain s’exalta à la
LEXILOGUS.
nouvelle d’un succès remporté sur Annibal : 6 S e
Ô7)fA0Ç TjpTO .
A ce verbe ieipto se rattache l'adjectif pisTstopoç, p.£T7]opoç (( élevé, exalté », où nous avons des voyelles de même couleur que dans êopr/p
’Emcruocpai.
On trouve déjà dans Homère émorapm au sens de « savoir ».
T 61(7 \ o’ smLT àyop£U£ 0oaç, ’AvSpodpiovoç uioç,
AItoAcOV 0%’ api^TOÇ, £TUWTà|Jl£VOÇ [X£V àxovTt,
’Ea-QXoç S’ £v araSiy,1.