‹ Pour mieux connaitre HomèreChapitre 45 sur 72 · II., XV · texte numérisé non relu

II., XV

Iis autem contionatus est Thoas, Andræmonis fîlius, Ætolorum longe præstantissimus, peritus quidem jaculi, Strenuas etiam in stataria.

Si l’on n’a pas Imary^ « la science », l’on a deux fois l’adjectif ^tuo-tt^cov « savant, prudent ».

La métaphore contenue en ces mots se retrouve en d’autres langues de la famille. En allemand verstelien « comprendre », d’où Ver stand « intelligence ». Anglais understcind « comprendre ». Et déjà en anglo-saxon : forstandon .

LEXILOGUS.

Quel est le lien entre l’idée de « se tenir debout » et « comprendre »?

Il faut se rappeler que les premiers arts étaient des arts pratiques, comme de monter à cheval ou de lancer le javelot, arts où la position du corps forme la condition primordiale. Encore aujourd’hui en allemand, on emploie verstehen en ce sens comme verbe réfléchi : sich auf etwcis verstehen ; er versteht sich au fs Steine werfen , auf s Reiten et ensuite, par extension, auf Literatur . Mais on peut dire aussi avec complément direct : Er versteht Mathematik . De même en grec, dès l’époque homérique, le verbe est devenu transitif:

"Epya t’ STuarao-Qoa TceptxaX^éa xal cppsvaç seOXaç

KspSsa ts.

(Qd., II, 117.)

Opéra scire præpulchra, et mentem bonam,

Et versutias...

3ETÛTqÔ£Ç.

Nous avons probablement ici une locution adverbiale qui s’est soudée. ’EttI TrjSs; « à cet usage », ou comme nous disons, en empruntant le secours de la langue latine, ad hoc. De là s7ri.Tr'-

ôsioç, SmTTjÛSUtJL).

LEXILOGUS.

On ne saurait accepter l’explication fui t b r\ oo; « pour le plaisir », qui ne convient pas pour le sens et qui présente des impossibilités pour la forme.

"Epyov.

Par le sens comme par la forme, fpyov se rapproche beaucoup de l’anglais work, de l’allemand werk.

Le digamma initial se fait encore sentir dans des fins de vers comme àyv/v.vv. f'pya, -pr '/T/ÿoa te fpywv. 11 se révèle aussi par le parfait fopya, pour FÉFopya, l’imparfait £’.pyaÇôpr(v pour ÈF£pyaÇô[rr,v. A cause du F le préfixe négatif est a et non av : àspyoç, àpyôç et non àvep yéç.

Au présent, le verbe faisait è'py/w, lequel, en s’altérant, a donné epSw ou péÇw.

Ce substantif a déjà pris chez Homère un sens très général. L’antithèse de fpyov et f~o; est déjà un lieu commun de l’Iliade.

C’est une chose assez surprenante, que ce mot qui existe en grec, dans les langues germaniques, en sanscrit et en zend, fasse défaut en latin. 11 a été évincé par le mot res , qui est ancien également (sanscrit ras), et qu’en revanche le grec a perdu.

LEXILOGUS.

On vient de voir les preuves du F initial.

Mais même pour ce mot, qui est l’un de ceux où la présence du v est le mieux établie, il existe déjà des exemples sans digamma :

eÏtcote or'i il

y, ’iizei wvTjuaç xpa8îrtv Aièç y, s xal è'pytp .

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