IL y XI
LEXILOGUS.
ou moins explicite à l’esprit, le comparatif est de mise. Ainsi s'expliquent les expressions comme dextra, sinistra, sniperior, inferior, intra, extra, uter, alter, etc. Il n’est pas nécessaire que les deux termes soient mis en présence. C’est la relation corrélative, quoique non exprimée, qui est la raison d’être du comparatif. Les déesses reçoivent cette épithète (ÔviXuTepai) par allusion aux dieux leurs collègues.
Il faut comprendre de la même manière le comparatif OewTspoçdans ce passage de l’Odyssée (XIII, 111) où est décrite la grotte des nymphes. Cette grotte a deux portes : l’une est pour les hommes, l’autre est la porte des dieux :
Ai p.£v Tcpoç Bopéao xaxat.ëaTai àv9pw7îot.!H.v,
Ai 8’ aù 7tpoç Nôxou èiui Ôswxspca.
’Opoç « montagne » a donné opéorEpoç « monticola ». Od., X, 212 : ’Apcpl 8é y.v Xux oi 7,-x/ opio-repot, r.oè lêévx£ç. II., XXII, 95 : Apàxwv opéa-xspoç.
"OtîXov « arme » a donné ov:AÔTepoç « en état de porter les armes », et par suite « jeune ». II., III, 108 : ALI 8’ o-rAoTépwv àvSpwv cppéveç -/ispéOovx au. La valeur du comparatif est encore sentie quelquefois ; II., IV, 325 : AiyjJ.àç 8’ alyp-ào-o-opou V£<I)Tspoi, oi-sp sp.£Îo cO~Aoxîpo'. ysyàa'U , -TtîTioiOacriv ye [jir/p'.v.
Afi^oç « peuple » a fait 8yip.6x£po; « publicus ».
Anthol. Pal. y IX, 695 : ’Eo£cp.ocTo, oiÎt£ t ioXv)oç, Out£ tc ôr4p.OT£poiç ypvj[Jia<nv, à),V lococç.
Eocp « printemps » a donné eàpTspoç « printanier ». Nicand. ,■ Ther., 380 : Ilpoa-Os (3o7jçT£TTtyoç èaozépou.
C’est d’après un principe analogue qu’ont été formés •fipê'uepoç, uuézepoç, Œfézspoç' et en latin nostery vester.
0copf)aa£a0ai.
Le rapport de QtopY^Ç « poitrine » avec 9ü)py)<7a-£<70oa « se couvrir la poitrine » n’a pas besoin d’être expliqué, non plus que le fait de généralisation qui a donné au verbe le sens « armer » en général. C’est exactement le même rapport qu’entre le latin armus « épaule » et le verbe armare .
M^T£p £[JC7), TOC p.£V OTîXoC 0£OÇ TTOpSV, oV Smeixèç ”Epy’ £p.£v à0ocvocTü)v, p.7)§£ jâpOTOV avSpoc T£À£cram.
Nuv o’ t ]toc p.èv eyt o 9 a>p7) Copiai
Oüt£ ttot’ £ç 7ro).£pcov ap.oc XocoS Qa)p7jy9r|vaî.,
Oüt£ XoyovS’ üvocc aw àpwrrçearfftv ’Ayocuov TéTÀTjXaç 0'jp.cp
LEXILOGliS.
La divergence entre les deux langues est qu’en grec le verbe a communiqué sa signification à 6wp-/jç, qui, dès lors, a voulu dire, non seulement « poitrine », mais encore « cuirasse ».
'licÉTqç.
'IxsTïjç est un dérivé de Ixvsopat. « aller, venir ». On peut demander comment un substantif qui devrait signifier simplement « celui qui vient » a pris une acception aussi spéciale. Nous ayons probablement ici un mot de la langue des sanctuaires. Pour les possesseurs d’un temple visité par les fidèles tout arrivant était un suppliant. Au moyen âge, peregrinus a fait pareillement pelerin.
Mais ces appellations particulières n’empêchent point le mot de continuer d’exister en son acception première : Ixs-r/iç se dit de tout être, et même de tout objet qui chemine. Il est employé en parlant de la fumée qui monte et du torrent qui roule.
'Ixvsop.cn n’est pas autre chose que la racine i « aller » (l’esprit rude est inorganique1), pourvue de ce même x qui a fini par élire un domicile fixe a l’aoriste (I9r,xa, s'Swxa) et au parfait (XsXuxa,