‹ Pour mieux connaitre HomèreChapitre 53 sur 72 · Pour cet emploi de l'accusatif, comparer XiY]V, dcx/jV · texte numérisé non relu

Pour cet emploi de l'accusatif, comparer XiY]V, dcx/jV

LEXILOGUS.

MÉ0u.

Des deux noms qui sont donnés au vin, ps9u et oivoç, le premier se retrouve en sanscrit, sous la forme madhu, nom d’une boisson enivrante fréquemment nommée dans les Védas.

Pendant que Folvoç a passé chez les Latins qui en ont fait leur vinum, le grec péQu a un représentant dans le germanique Meih.

MéXXcù. — MéXei pot.

Parmi les différentes formes prises en grec par la racine men, « penser >. , l’une des plus intéressantes est celle où le v a été changé en X. Je crois, en effet, que piXXw est pour piv/w.

La raison du changement de v en X doit être cherchée dans le j dont il est suivi. C’est ainsi que le grec hésite entre gsTagomo; et gîTagwXio;.

Ce changement de n en l se retrouve dans le comparatif àp.sivwv, qui correspond au latin melior. Je rappelle aussi le rapport du sanscrit anja avec le latin alius et le grec aXXo;.

L’affinité de piXX£i.v et de l’idée de « penser » perce encore dans certaines gloses d’Hésychius :

LEXILOGUS.

[jLSjjLgXsTai* [iisXXet1. cppo'vTtÇst. emjxeXeiTai. 7uapaytv£Tau pipiêX£a-()av cppovuÇetv, xal Ta op.oia, uLsaë).£TO* ecopovTtÇev.

On y peut joindre les suivantes, où pip.ëX eo-Gat, est devenu ps^ëXsa-Sa!. :

Pé6Xeo,9àf [Jl£ÀÀ£t.V. CppOVT^£(.V.

(îéëXetv piXXfitv.

Il serait facile de citer des passages où l’idée de « penser » convient le mieux pour traduire piXXoj. Au chant XXII de l’Iliade (v. 556), Hector, sur le point de succomber sous la main d’Achille, lui adresse quelques paroles qui ressemblent à une prière. Mais, ajoute-t-il : « Je te connais bien, et je ne pense pas te persuader : car ton âme est de fer ».

è g £Ù yiyvi oa’xçov TrpoTt.oa-a-ojJiat,, oùô’ ap epieXXov

■TC£tOT£tV. T| yàp <7(Hy£ <n§7}p£0Ç £V cppëcrl 9ü*jl6;.

On conçoit sans peine comment, au lieu de dire « J’étais sur le point de mourir », on a dit : « J’ai pensé mourir ». Mme de Sévigné va jusqu’à écrire : « Leur hôtel (à M. de Pomponne) a pensé brûler ». Homère, au lieu de piXXto, emploie une fois oïopiai. Il est question d’Aphrodite dont le secours a sauvé Pâris (//., IV, 12) :

xal VUV £^£3"à(ji)0‘£V ol6|Jl£VOV QaV££<70ai.

1. MspLÊXsTai lui-méme est pour une forme redoublée pstjiXsTaL

LEXILOGUS.

Jusqu’à présent rien que d’assez simple1. Mais je crois qu’il faut rapporter également à la racine men le verbe renfermé dans la locution psXst pou Il y a là un renversement de sens qui mérite d’être examiné d’un peu plus près.

Certains verbes, surtout les verbes qui marquent une opération des organes ou un mouvement de l’intelligence, sont capables de prendre des acceptions assez divergentes, suivant qu’ils sont employés comme verbes actifs ou comme verbes neutres.

Ainsi le verbe allemand sehen « voir » prend le sens de « paraître ». Ihr seht blass « vous paraissez pâle », dit l’un des personnages dans Gôtz de Berlichingen. On a de même : Gleich sehen , àhnlich sehen « ressembler ». Ce sens, aujourd’hui moins usité que dans l’ancienne langue, s’est localisé dans le composé ctussehen.

Pareille opposition en grec dans le verbe xXuw. Comme verbe transitif, il signifie « entendre » ; comme verbe neutre, « avoir un certain renom » :

KXuslv ava/oaç pa )Aov t\ ptoucpovo;2.

ce Être appelée faible plutôt que sanguinaire ».

1. On rapporte généralement piXXsiv à la racine smar « se souvenir » Ce verbe smar a longtemps joué un rôle considérable dans les études de linguistique; il a particulièrement porté malheur à Curtius, qui y rattache simultanément pieXXo) et pisptp.va« souci», {xàpTup « témoin », etc.

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