d., XVIII, 192 ; IL , VII
LEXILOGUS.
Le terme s’est déjà beaucoup éloigné de son sens originaire. Il s’est dit des choses avant de se dire des personnes. Pour en suivre l’évolution, il faut penser aux mots latins sapere, sapidus, sapiens . Comme on l’a dit au mot ào-é cpy^oç, tous ces termes se rapportaient d’abord à l’organe du goût. Dans Homère, a-ocpà cpàppiaxa ce sont de doux remèdes.
Il faut probablement rapporter ici le mot o-écpaxa, cité par Hésychius, et qu’il explique par yXsGxos « douceur ». Le même glossateur donne (jyçaxtÇetv-ÔTçwptÇetv. Il y a sans doute ici une expression se rapportant à la récolte des fruits qu’on laisse gagner en sucre avant de les cueillir.
A l’origine de cette famille de mots il devait se trouver quelque nom concret désignant une substance notoirement connue pour sa douceur. Ne le trouvant pas en grec, j’ai cru devoir m’adresser aux civilisations circonvoisines. Aussitôt que j’ai questionné à ce sujet M. Joseph Ilalévy, il m’a répondu par le mot spÿ souph , qui, en ancien hébreu, signifie « alvéole de miel ». Dans le langage plus moderne, il désigne le jus de certaines cannes ou racines. On a déjà eu au mot xïipoç un exemple d’emprunt aux langues sémitiques, emprunt que les relations de commerce expliquent aisément.
Nous avons donc ici probablement le primitif
LEXILOGUS.
de cette famille de mots, qui a eu une rare fortune chez les Grecs, puisqu’elle a fourni le nom de la sagesse et de la science.
ZTpOCTÔÇ.
On fait communément venir ce mot de ffTÔpvupu, <rropéwu|u, comme si de joncher la terre ( sternere ) était la caractéristique essentielle d’une armée : mais (j-paTÔç, qui est fréquent chez Homère, désigne l’armée non pas à terre, mais vivante et agissante,.
L’étymologie est otsXXm, crupaTÔç étant pour <rzkaxo<;. Le changement de X en p est connu. Encore aujourd’hui, en grec moderne, on dit indifféremment arspvti) ou oréXv w.
De l’étymologie qui précède, le latin fournit une confirmation inattendue. Chez les Romains un navire armé en course s’appelait stlata. Un glossaire en donne cette définition : üet.pa'ct.xoù a-xâcpouç sISoç. L’ancienne prononciation par l s’est donc conservée dans le mot tel que les Italiotes l’ont reçu et gardé.
Un autre dérivé de o-xéXXw est orôXoç. Les deux substantifs sont devenus quelque peu étrangers l’un à l’autre, quoique en plusieurs de leurs emplois ils soient restés synonymes.
LEXILOGUS.
Xcopoc.
Homère emploie ce mot en parlant des animaux, mais jamais en parlant d’un homme, au moins d’un homme vivant. La remarque est d’Aristarque, mais il ne donne pas la cause de cette particularité. On aurait tort de chercher la cause dans quelque raffinement de politesse ou dans quelque prescription de rituel. La raison est dans la signification même deo-wp-a. Pour le faire comprendre, je citerai d’abord les vers suivants, où Hector, au moment d’engager un combat décisif contre Ajax, fait ses recommandations suprêmes. S’il succombe, qu’Ajax prenne ses armes, qu’il les emporte sur ses vaisseaux : mais qu’il restitue son corps.
Tsuysoc cruX'rça'aç, cpçpsTto xoiAaç èm vf4 aç,
' Stouia 8è oïxaS’ iptov Sojjievat. t ràXtv.