I^ VU
Swpia, pour a-atopia, formé du verbe crocoto ou o-coo a sauver », c’est ce qui subsistera, ce qui restera du guerrier, c’est sa dépouille. Nous disons en ce sens : « les restes ». Partout où Homère emploie <7ü)[j.a, c’est de cette façon qu’il faut l’entendre : axofJiaTa cpwTcov xiiuiaTa <popsou<n, axopiaTa àx^Sea, etc.
LEXILOGUS.
Cette nuance funèbre s’est perdue plus tard : je suppose qu’elle s’est perdue d’abord à la guerre, où l’on comptait le butin sous ces deux formes : o-wpaxa et ^pvjpaxa, c’est-à-dire d’une part les prisonniers, d’autre part le butin. Une autre cause qui a pu amener le changement de sens, c’est le langage philosophique, où l’opposition du corps et de l’âme ne tarda pas à devenir un thème familier. Déjà au temps d’Aristote, o-wpa est le nom de la partie matérielle de l’être humain et, en général, de tout ce qui est matériel. On a dit ensuite : crtopa x'Gç Xéçswç, uwpa xr|ç iaropîaç.
Il faut que le sens homérique ait fini par être bien complètement oublié, pour que les gardes du corps des successeurs d’Alexandre aient pris le nom de o-w i.axocoâ>ay£c.
TdXavTOv.
Ce mot a trois significations dans l’antiquité :
1° Il désigne un poids ; 2° il est le nom de la balance; 3° il signifie « volonté ».
Les deux premiers sens sont connus. Mais nous nous arrêterons sur le troisième, parce qu’il a été peu remarqué et parce que l’histoire en est curieuse.
Dans l’Iliade, au chant XVI, vers 658, Hector
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livre des combats avec sa vaillance accoutumée, quand tout à coup, sur un avertissement du ciel, il donne le signal de la retraite. Il invite ses compagnons à se retirer, car , dit le poète, il reconnut les volontés sacrées de Zeus.
KsxXsto 8’ aWooç Tpwaç cpeuyspisvoa, y va) yàp A ibq Ipà TaXavTa.
On a voulu entendre ce TàXavxa des poids avec lesquels Zeus pèse la destinée des hommes : mais ce serait une expression bien forcée pour la langue si naturelle et si aisée de l’épopée homérique. Le véritable sens est fourni par la comparaison des idiomes modernes. TaAavTov, dans le grec populaire, comme talentum dans le latin du moyen âge, signifie « volonté ».
Pendant tout le moyen âge, comme l’a récemment démontré dans une lumineuse étude M. Fr. d’Ovidio, talent signifie « volonté». Je lui pardonne de bon talent . Faire une chose de mauvais talent . Il m'est pris talent de vous faire une requête qui ne sera pas déshonnête. Ils riront lorsque n'en auront talent (Rabelais). Ce sens a duré jusqu’au xvne siècle : Des hommes atteints de rancune et maltalent (Bayle). Je n'ai aucun maltalent conti'e M. de Bonnecorse du beau poème quil a imaginé contre moi (Boileau).
Encore de nos jours, en provençal, talent s’em-
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ploie de cette façon. Seulement il s’est restreint au sens d 'envie, et spécialement « envie de manger ». Mourèn de talènt (Mistral, Dictionnaire), ce qui ne veut pas dire que le talent nous étouffe, mais que nous mourons de faim.
En italien, talento a gardé cette signification de « volonté » : parmi les différents sens énumérés parle Dictionnaire delà Crusca , les deux premiers sont : 1° voglia; 2° maltalento.
Dans le Testament d’une reine de Navarre (1098) cité par Ducange, on lit : « Si venerit ad aliquam de meas filias in talentum Deo servire et habuerit habitum, Deo devota permaneat. »
Ainsi ce sens de « volonté » remonte à travers le moyen âge jusqu’à Homère.
Quant au sens d’aptitude naturelle (ne forçons point notre talent, encourager le talent...), c’est en quelque sorte par hasard, et d’une façon étrangère au développement naturel des sens, qu’il est venu s’attacher au mot talent. Il faut uniquement en chercher l’origine dans la Parabole du père qui donne un talent à chacun de ses trois enfants. On a dit d’abord, en souvenir de cette parabole, enfouir son talent, faire fructifier son talent, puis l’expression métaphorique est devenue l’expression réelle. C’est probablement par les prédicateurs du xvie siècle que le mot a eu cette fortune.
LEXILOGDS
T£LX£otîiXr)Tr|c;.
C’est l’épithète injurieuse qu’Apollon, saisi de pitié à la vue des blessés et des morts, lance à la suite de deux autres au dieu Arès (II., V, 455) :
Apec; ”Apeç SpoToAot.ys, piaupéve, TêiysffwrXŸi'ua...
La gradation des sens fait attendre quelque grosse invective. Aussi ne pouvons-nous approuver la correction qui a été proposée : Ts,.y sc7’0Âf1Tx.
« Renverseur de murailles » serait plutôt une épithète laudative, étant donné que Neptune est honoré du nom d’èvvoovycuo;. En outre, le datif Teîysov ne s’expliquerait pas. Il faudrait l’accusatif ou un thème tsi^o comme dans tsi^ots tsv/otohôç. La même objection s’oppose à itoTaXw et à -’ay'tvo) qu’on a proposé. Il faudrait vî',yyo--xAoç, comme on a <7xxît-xaoç.
Le véritable sens est indiqué par Hésychius : TcpoTTteXàÇwv Tetye<n, c’est-à-dire « qui séjourne aux approches des murs ». Nous dirions : « rôdeur de fortifications », avec cette différence que dans les anciens temps les vagabonds et détrousseurs préféraient se placer en dehors des murs, sur les routes qui conduisaient à la ville. C’est donc du
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nom de <( voleur de grands chemins » (en allemand Wegelagerer ), qu’ Apollon gratifie le dieu de la guerre.
T evj^co .
Quoique devenus très distants par le sens, il est vraisemblable qu’il faut ranger sous un même article les verbes t suyw et vuyyàva), lesquels ont entre eux le même rapport que cpsuyw et cpuyyàvw, spe-tiya) et epuyyàva). Tuyyàvw signifie « toucher » et se construit avec le génitif ; Tsuy^to signifie « fabriquer » et prend après lui l’accusatif. Il est probable que la diversité des sens vient précisément de cette différence des cas : le génitif marquant une relation moins étroite, une dépendance moins complète que l’accusatif.
Au lieu du y on trouve en certaines formes le x : tstuxovto, T£Tuxso-9oa. Cela permet de penser que le y est dû au même penchant pour Inspiration que l’on remarque dans d’autres mots, comme pXécpapov à côté de BXstico, crocpoç à côté de sapiens , SsyscrQou à côté d’une ancienne forme SexsoDoa, etc. Le nom du héros Tsuxpoç, frère d’Ajax, le meilleur archer de l’armée des Grecs, est peut-être formé delà racine tux« toucher». En ce tu x nous aurions
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l’explication des verbes néo-latins comme toucher , toccare. L’homérique TaXavTov nous a fourni un premier exemple de ces affinités avec les langues modernes.
Enfin, à cause des armes de jet, on peut être tenté de rapporter ici 7?xp.ap « le but », avec ses dérivés Tsxuodpto « désigner », p tov a signe ».
Mais nous refusons de mettre, comme on l’a proposé, sous la même rubrique tsxvov « l’enfant», Toxsüç (( le père », tIxtu « engendrer ».
T épTTsaBoci. T £pmic£pauvoc;.
Le verbe TspTîw, qui marque une idée de délectation morale, est probablement identique avec Tpécpco « nourrir ». En certains emplois, l’idée de « se rassasier » est encore sensible : yotp Teprao-Qat « se rassasier de gémissements ».
Dans le composé Tspîuxspauvoç, épithète de Zeus, Ton a voulu comprendre 8^ Tpsîtst. xepauvov « qui torquet fulmen ». Mais, outre que zipnco et Tpsicw sont toujours soigneusement séparés, l’idée que le dieu se plaît à lancer la foudre n’a rien que de conforme à la mythologie homérique.
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TéXvr).
C’est à Fart cia forgeron qu’appartient le verbe Tsuyw, origine de Tsyvv) :
(jxtJtut pov eycov, to piv 'Hcpouoroç xàp.s TS&ycov.