LA VOIX
— «c Pourquoi pleurer encor ? Si rude est ta disgrâce, Pourquoi dans ta blessure aviver le couteau? Ton fils devait partir ; il est parti plus tôt : C'est l'histoire de tout bonheur humain qui passe! Du torrent sans merci veux-tu changer le cours ? Un beau petit garçon a traversé ta vie: De l'exquis souvenir, dont ta trace est suivie, Embaume avec ferveur le restant de tes jours! »
— Je ne puis ! Je ne puis !... si calme et si gentille S'élevait ma maison, simple, au pied du coteau ! Le passant saluait son bon air de famille, Son petit jardin sage et peigné du râteau. Sur ses murs blancs couraient des guirlandes de vigne Sitôt que le volet battait pour le réveil. Une tcte d'enfant paraissait, faisant signe. Et tes plus beaux rayons nous inondaient, soleil !
Mais, un jour, la grande eau du désastre est entrée, Sinistre, impitoyable, en creusant par dessous. Et l'enfant disparut, soudain, dans un remous. Sans même un cri... Depuis que l'eau s'est retirée. Le funèbre logis ne peut se consoler : Il semble à chaque instant que quelque chose y meure; Chaque mur se souvient de l'heure affreuse, et pleure.