‹ Pour son enfantChapitre 3 sur 15 · partie deviné Tétat de Jean More en l'inteprogeant htbi · texte numérisé non relu

partie deviné Tétat de Jean More en l'inteprogeant htbi

lemerit ev ^n '"aisanl profll de ses réponst»8.

Si 011 «iC pappel'il:' les premi^rpn en<|nAlH6 qni suivirent le meurtre «lu t»Hfon de OèvHPflBur et le meurtre de M <ijrivîH, il «era f^rile de coniprniidre par quelle sUile de soupçons le ron»nn««SHif e fut mi>i «sur la irare de la vérité.

Lor> de rHS«as>inat de Crèv. cœur, Jean More, soupçonné un moment de pouvoir donner le» édai'Cissements qu'on cherchait, avait été interrogé par M. Poulverel; mais ses réponses furent vagues, éionoées, bizarres. Leur incohfTence frappa Flanquari;il en Qi la réQeiion, le juge d'itistruction n'y [)ril point garde.

Lors du meurtre de Maurice, pareils faits s'étaient produits, aussi incompréheasibieSy dans la couduile du fermier Jean More.

N'étaii-il pas venu se l:vrer lui-même en quelque sorte, en réclamant sa hache qu'il aisait lui avoir été

volée?...

Avait-il expliqué sa présence dans le bois, à cette heure où M^iurice agornsail?...

S'il avait juui de la plénitude de ses facultés, il eût fait comme tous les criminels ; il eût inventé quelque alibi; il ne se fûl pas renfermé dans son éternelle réponse : « Je ne me souvien> de rien ; j'avais la lièvre; quand j'ai mes accès, je perds la mémoire .. »

Avait-il expliqué davantage \es menaces qu'il avait proférées contre le château... lorsqu'il se reievail la nuit pour parrourir la campagne?...

Des menace>,se produisant en pareilles circonstance^, devaient êtr' accompagnées de divagations, de délire, de paroles incompréhensibles... et si, au lieu d'être entendues par Riquelntet Magloire, elles avaient été surprimes par un ouvrier plus intelligent, elles eussent trahi la lolie du pauvre hommb.

El le retour de Rambouillet à Foucherolles, lorsque Jean More Tut mis en liberté, n'était-ce pas un indice, aussi f

ouïes ces menues choses avaient éveillé Talteotioa de ciart...

1,9 iîArlflrafîOT) du savant médecin- chimiste des hàpU tanï de Paris, le docteur Tar dieu, sur le* fiiuaroyantef pinprieié^ de ta poudre de btramouium, ^ui afaiea^ pifsque donné une cerlilnde...

(elle ceriiiude élaii devenue complète après son stra- Ug^rne...

A présent, il ne doutait plus... il ne pouvait plut douter...

Jean More était un être inconscient, dont la furieuse monomanie de persécution était exploiiée par un malfaiteur, d'autant plus dangereui qu'il était lui-môme médecin, et que, conseillant le crime, aimant, pour ainsi dire, la main d'un fou, il ne craignait aucune trahison d'un complice qui, revenu à la raison, ne se souvenait de rien de ce qui s'était passé pendant ses accès de fureur.

A présent que le mystère était pénétré, que la vérité tout eniière était connue de Morgand, du comte et du coritmis>aire de police, quel plan allaient-ils suivre, à quelle résolution allaieat-ils s'arrêter?

C'est ce qui Ûi au>siiôt l'objet de leur conversation.

Deux partis se pré>eotaient à eux.

Ou bien, ils iraient trouver le juge d'instruction en le mettant au courant de ce qu'ils savaient, ils lui laisse^ raient la direction complète de l'afifaire.

Ou bien ils se feraient justice eux-n)èmes...

La première de ces deux alternatives offrait bien des désavantages : que ferait, en ell'et, M. Poulverel, dès qu'on lui aurait tout appris?

Il lancerait un mandat d'arrêt contre Roscoff.

Les agents, — ceux de Paris au besoin, — partiraient en campa^'ne, remueraient ciel et terre pour découvrir le meurtrier.

JuMjue-lè, rien que de logique et de satisfaisant.

Ro-co(î était une bête venimeuse sur la tôlcj duquel il fallait niMtre le pied pour l'empêcher de taire de aou«*

Velleb lUCtKUeS.

Mais ce n'était pas tout.

HoscolT, arrêté, passerait en Cour d'asslseià

136 POUR SON KNFANT

Alors dovmiflîeift publics les tristes secret?) eu ««is^eaii de Foucherolles depuis l'adnltère de la comtesse Marguerite jusqu'à i'amout de Gilles pour Blaoche et |UBqu*à l'histoire de la naissance de la )euae QUe.

Cela causait uu scandale énorme.

Autant de choses impossibles...

Mieux Valait donc s'ériger en justiciers et punir Ros cofi sans le secours de personne.

La grandeur et la muiiiplicité des crimes commis p22 le Russe motivaient une aussi grave détermination.

Mais de quelle mort mourrait Roscoff?

Pour cela, ils ue prirent print de résolution, voulant se laisser guider par les événements.

A ce point de l'entretien, Fianquart prit la parole.

— Nous ne savons pas où est Rc»sc(jff, dit-il. L'homme est rusé comme un singe. \i nous â devinés et comme il doit tenir à sa peau, il est peut-être loin, à l'heure qu'il 66t, qui sait? en Russie?... Et du diable si nous le ratira« pons I...

— Fût-îl au bout du monde, je l'y rejoindrais 1 dit k comte d'une voix sourde... les yeux sombres...

-- Et je vous y suivrais ; la question n'est donc pas là. •—Veuillez me permettre une observatiun, dit Morgand qui, depuis quelques instant!^, s'était lu.

— Parle, mon enfant. Tu as montré trop de sagesse en tout ceci, pour que nous ne t'écoutions pas avec intérêt.

— Je crois impossible que RoscoflT ait quitté le pays.

— Pourquoi?

— C'est par amour pour celle qu'il croit sa fille qu'il a commis ces crimes; — c'est cet amour pour sa fille qui doit le retenir ici.

— Cependant rester à Foucherolles, c'est se perdre.

— Entendons-nous. Je crois, comme vous, qu'il a quitté Foucherolles ; mais je suis convaincu, par exemple, que, si nous avons à le chercher, c'est aux environs ou peut-être à Pari> que nous !e trouverons, non autre part.

— Tu as peut-être raison. Dans les environs, il est encore possible de le trouver... mais à Paris? En tous

POUR SON BNlfANT 137

ces repaires qui dérobent tant de miîîérahîes de toutes les classe> à la justice, où le rhercher, où le rencontrer?

— Cela, dil Flanquarl, j'en lais mon affaire.

— A l'œuvre donc, mes amis, il o*y a pas une minute à perdre. Moi, je suis obligé de me tenir encore caché, et je le rcjiîrette, car je crains que quelque danger ne vous menace et je rougis de rester aiusi et de ne le point partdger avec vous...

— Ne craignez rien pour nous, monsieur le comte. La bête a perdu son venin. Elle n'est plus à redouter. Restez caché. Ne vous montrez pas. Il est puâsible que nous ayons bientôt Desoiû de vous.

Avant de suivre Pierre et Flanquart & Id ponrsnita de Ros4 off, nous devons dire ce qu'était deveua un des tristes héros de ce roman, le fermier Jean More.

Après s'être acharné sur le mannequin qu'il avait pris pour Blanche de Miremond, avec une rage furieuse de destruction» il s'était relevé, calmé brusquement» — linsi que cela lui arrivaiî chaque fois, — et il avait repris instinctivement, sans raisonner, le chemin de la ferme.

Il y arrivait une demi-heure après.

Là, il se mettait au lit tout habillé et la sarezeitation întense, née de son crime, ayant abattu ses forces, il s'était aussitôt endormi d'un lourd sommeil.

Il dormit ainsi jusqu'au lendemain.

Flanquarl savait trop maintenant combien était terrible le danger qui menaçait le& hôtes du château lorsque le paysan était atteint d'un accè.'i de folie, pour le Uisser ainsi en liberté.

Dès qu'il eut reconduit Blanche au château, dès qu'il la vit saine et sauve, il renvoya Caradec à la ferme avec mission de surveiller le paysan.

Cacadec retourna donc, comme la nuit, comme |la

veîtle, s^ir-staller au sommet du lit où dormait Jean Morti,

3elui-ci dormit tout d'une traite jusqu'au leuai;uiaia QîaiiQ.

Lor-qn'il s'éveiîla. il avait la tête lourde.

S*^s yt*iJi pouvaient à peine s'ouvrir.

Caradec lui adressa la parole aÛQ de s'assurer que Taccèp était passé.

Jean More répondit :

— Oui. je vous ealeods, je vous reconnais, tous ôtes monsieur Caradec.

— 0»j'est-c8 que vous éprouvei, maintenant?...

— Ah I j'ai bien mal à la tôte... Je n'y voig plus,.. On dirait que j'ai les yeui enflés... e^ les membres sont si faibles et si courbaturés qu'on dirait que j'ai reçu cent coups de gourdin par le corps...

— Reposez-vous. TUchei de dormir encore I...

— Non. Il me semble, au contraire, que si je prenais Tair, si je marchais un peu, cela me ferait d» bien...

— Alors, appuyes-vous sur moi, nous allons faire un tour.

— Vous êtes vraiment trop Lon. monsieur Caradec. An bout d'une demi-heure, Jean More s'étant déclaré

fatigué — mais pourtant un peu mieux — ils rentrèrent.

— Est-ce que j'ai dormi longtemps? demanda-t-ii au marin.

— Dam, oui... h peu près vingt-quatre heures !...

— Ce qui fait que je me suis endormi hier, vers onze heures- du matin... puisqu'il va ôlre onze heures...

— Justement.

— C'est bizarre.

Et Jean More réfléchît.

— Il me paraît pourtant, dit-il, qu'il y a plus longtemps que cela, et qui! faisait nuit qnnnd je me suis endormi.,. Aitendpz donc... K>1 ce qu'un ne m'a point donné mon remoae ^ prendre î Mais si, vous étiez 1.1?... El cétait l'après-ntidi ?.., El depins je ne me rupnelle rien... Vuus le voyez bien ?... Au moins, mon-ieu' *. gradée, acheva ^îo^e âvec épouvante, cette toi» vouf of m'av<'<s pa« quitta?

i-u(TB SON E^ÎFA^-T• Ij-

— Non, pas une minute...

^ Et si j'ai dit, si j'ai fait quelque chose, je le saurai, celi»* (ois?

— Vous le saurex.

— Kl vous allez rae le direl

-^ Noo, pas moi, mais M. Fianquart, que voici justemeut.

Eu etfei, le commissaire de police entrait.

Il alla droit au fermier et rexamina looguement» dang les ye.ui.

— L'accès est passé, murmura-t-iL Et Caradec, le comprenant :

— Vous pouvez lui parler, dît*il, il raisonne...

Alors Planquart prit uue chaise et s'assit en face du fennier.

— Vous êtes, j*en suis sûr, curieux d'apprendre ce que vous avez fait depuis que, cédant à mon conseil, vous avez bu la potion du docteur Roscoff.

— Oui, dit Jean More qui tremblait sans savoir pourquoi.

— Vous avei commencé par divaguer...

— Qu'est-ce que j'ai ditî Vous étiez là? Vous avez entendu ?,..

— J'étais là... ]*ai entendu... vous vous plaigniez d'être persécuté, d^tre malmené, torturé môme...

— Par qui, buolé diviue?... Personne ne m*a jamais fait de mal plus que je n'ai jamais fait de mal à personne...

— Cependant telle est la vérité. Vous prétendiez être pers(^c«jlé par les geni du château...

— Ah! moQ Dieu, c'est comme lorsque Magloire et Riqueloi m'ont euieod'j?... Ils ne mentiiieui donc point, ces deux garuements?... El c'est dune une fatalité?... Et vous avez sans doute retenu mes paroles?

— Je les ai retenues. Vous disiez que de vos persécuteurs vous en aviez déjà tué trois et qu'il ne vous en restait piu^ qu'un et que vous feriez de celui-là ce que voui» aviez fait des trois premiers.., tous voas ?n débarrasâ»* riex...

no POUR 80N SNFANT

— J'a! dît c©^« ? TïKn? ab I si ce n*étaU vocis, mo/^sieur Flanquant, je refuserais de vous croire, 8ave»-voa« bien?

— Je n'ai pas d'inlérôt à vous tromper. Maiî ce n'e«t jjas tout.

— Qu'est-ce encore et qu'allez-vous m'apprendre?

— Celie que vous menaciez ainsi —car c'est une femme — est mademoiselle Blanche deMiremond.

— Mademoiselle l... Grand Dieu 1

" — Je vais vous rapporter vos paroles textuelles ; elles «ont entrées dans mn mémoire et je ne les oublierai jamais : « Je les ai assassinés, oui, tous les trois, et elle aussi je la tuerai. Tenei, la voyei-vous, elle ? La voyezvous qui me jette des poîntes de fer rouge dans ce que je mange? Ab 1 coquine, tu vas voir, toi comme les autres L.. »

— J ai dit cela?.,, et moi qui 1% vénère comme nne sainte, la bonne demoiselle, moi qui, il y a deux jours encore, lui offrais un bouquet de violettes en la priant de mettre ces fVeurs sur le cercueil de son père... Et elle me répondait, me remerciait si gentimeotl... Pourquoi lui aurais-je voulu du mal?...

— Vous ne vous êtes pas contenté de vouloir,,, le mal qoe vous rôviei... vous l'avez exécuté...

Jean More eut un cri d'angoisse terrible. Et d'une voix étranglée par l'épouvante

— Que signifient vos paroles, monsieur Flanqaart? qu'est-ce qu'il y a encore?

— Vous êtes sorti de votre ferme vers dix beures du matin et vous vous êtes dirigé vers le bois des Maréchaux... Là, vous n'avez pas tardé à rencontrer une jeune fille vêtue d'une robe de couleur claire... très facile à apercevoir de loin, même à travers le bois, justement à cause de cette couleur...

•— El celte jeune fille?

— Etait celle dont je vous parlais tout à l'heure» •^ Mademol^elie de Miremond.

•- Ellt^-^uiêmo,

^ Et'><iHi-je fait ensiiiteT»..

POUK SON ENFANT 141

powr preûdr« à travers bois, dans one coupe où H n'était pas ditûcit^ de passer... et comme voub é'idz asses éloigné, eo cet instant, vous î'avei perdue de vue.

— Ah 1 dit Jean More, respirant.

— Mais quelques minutes après vous Taperceviez de nouveau, et vous vous élanciez de son côté... Mademoiselle de Miremond ayant pris un chemin qui devait l'obliger à revenir sur ses pas, toujours le long de la coupe, vous avez traversé celle-ci et vous vous êtes caché dans les broussailles, sur le bord de ce chemin, de telle sorte qu*il fut bientôt impossible do voir, même pour des gens prévenus, que vous étiez ià...

— Et après, après? murmurait le pauvre homme.

Et il s'était levé, et penché sur le commissaire de police, tout agité de tremblements convulsils, semblait vouloir deviner ce qu'il allait dire.

— Mademoiselle de Miremond est passée devant vous, à portée de votre main, et vous l'avez saisie brusquement et, vous levant, vous vous êtes précipité sur elle comme une bête fauve sur sa proie, et lui entourant le cou de vos deux mains, vous l'avez étranglée... et telle était votre fureur, telle était votre rage, que vous vous acharniez encore sur elle &lors <'jue depuis longtemps elle était morte...

— Non, ce n'estpa» vrai, ce n'est pas vrai... hurla Jean More, ce que vous dites là n'est pas possible...

— Je vousiaftirme... je vous ai vu... j'étais auprès de

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