LA RESTITUTION. 21S
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C'est dans la petite église de Saint-Germain que Jeanne et Georges voulurent être unis sans aucune cérémonie. Ils avaient à peine fait quelques invitations, mais bien des amis inconnus s'intéressaient au dénoûment de leur simple histoire.
Quand ils passèrent sous le péristyle, Georges prit l'eau bénite^ et^ l'offrant à Jeanne :
— Vous souVenez-vous? lui dit-il.
Elle l-épondit par un regard.
Ce fut devant la chapelle de la Vierge qu'ils Voulurent s'agenouiller. C'était là que Geoiges était venu prier, le premier jour, pour le succès de son entreprise.
Jeanne n'avait pas l'air emprunté et timide que se donnent quelques vierges conduitesLà l'autel;
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elle n'avait pas non plus Tair enjoué et sans façon que prennent quelquefois les jeunes daines pour cacher leur embarras ; sa charmante figure avait le calme et la sérénité du devoir accompli.
Sa taille, flexible comme un brin d'herbe, ne laissait voir, même en ce jour solennel, la trace d'aucune contrainte.
Sa toilette de mariée était des plus simples, et n'avait de remarquable qu'une admirable couronne de roses des bois qui paraissaient vivantes. Dans le bouquet symbolique qui tremblait à sa ceinture, l'œil était attiré par une églantine penchée ; elle laissait voir, au fond de son calice légèrement teinté, une belle larme de rosée qui n'était autre qu'une perle fine ; c'était un cadeau de madame Wolff. La croix de diamants, souvenir de famille, était suspendue au cou de Jeaime par un ruban de velours noir, et, — pour tout dire, la pauvre épingle, n'avait pas été oubliée : elle reposait tout heureuse sur le sein de la mariée.
On regardait beaucoup Jeanne, et elle supportait très-bien tous les regards, répondant par un signe amical aux personnes qu'elle reconnaissait.
— Elle n'a rien, disait une mère à sa fille.