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DU RETOUR DE GARNOT A L'AVÈNEMENT DE LOUIS XVIII

Après l'installation du gouvernement consulaire, quand la clameur du peuple eut exigé le rappel des exilés, Garnot rentre à Paris en nivôse.

Garnot, ministre de la guerre.

Le 12 germinal an VIII (2 avril 4810) le Premier Gonsul nornme Garnot Ministre de la guerre.

Gette fonction n'avait pas été briguée par l'ancien membre du Directoire. Quand Lebrun, l'un des Gonsuls, était venu la lui offrir, Garnot avait refusé net (1).

« Le Premier Gonsul comprendra facilement que j'ai acquis assez rudement une réputation d'administrateur pour ne pas la risquer dans une entreprise qui offre de médiocres chances de succès ». Lebrun lui répondit qu'il avait fait trop de sacrifices à la chose publique pour re-

(1) Hippolyte Carnot, t. n, p, 205.

fuser celui qu'on deinandail : « Si les alïaires de guerreétaient en bonne situation c'est un cadeau qu'on vous offrirait, aujourd'hui c'est une charge que vos concitoyens imposent à votre patriotisme, parce qu'ils pensent, et le Premier Consul et nous tous, nous pensons que vous seul pouvez re'parer le désordre et le délabrement. »

L'homme qui faisait preuve d'une semblable indépendance, devait continuer à avoir son franc parler avec Bonaparte.

A Lausanne le 28 floréal an VIII il lui disait :

« Vous avez à choisir dans r histoire la place d'un Cromwell ou celle d'un Washington. Si vous choisissez mal vous tomberez de haut, et un jour peut-être on vous contestera jusqu'à votre gloire militaire. »

C'est que Bonaparte prenait de jour en jour des allures de dictateur, ce qui n'était pas sans déplaire a Carnot.

Le général Lomet, dans ses commentaires, revient souvent sur ce sujet : « Une fois, dit-il, que la scène avait été vive, M. Carnot dit en rentrant : « Cet homme ne « marche pas droit ; il lui faut des ministres pour la forme^ « des ministres à lui, et non des ministres français. Je « ne serai pas longtemps ici. » Et comme quelques amis osèrent lui dire : « Envoyez tout cela au diable ! — Ah F « s'écria-t-il, si une pareille rupture n'était pas en ce mo- « ment préjudiciable au succès des armées, si elle ne me- « naçait pas de rompre l'unité du service ! » Puis d'autres fois : « Pourquoi faut-il que ce diable d'homme n'ait qu'une ambition déraisonnable , qu'il n'ait d'idées suivies que pour ce qui le concerne personnellement I » Et encore (dans un moment d'humeur) : « Le malheureux ! il va

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