CARNOT APRÈS WATERLOO
rendirput la niiil chez l'Empereur, qui se leva pour Ips recevoir et rut avec Boulay uue longue conversation racontée par ce dernier dans des Mémoires posthumes. Napoléon, conformément à ce qu'il avait dit à Garnot, témoigna l'intention de se rendre aux Etats-Unis d'Amérique ; puis, en congédiant Boulay, il lui fit une recommandation en ces termes singuliers : Surtout dites bien '/ Carnot qu'il est un hotnme adorable.
L'Empereur partit enfin de la Malmaison. Mais, au lieu <le vovager incognito et le plus rapidement possible, il se mit en route avec plusieurs voitures, cheminant a petites journées, s'arrètant au château de Rambouillet et dans quelques villes, pour y trôner et y parader, s' enivrant de la passion qu'inspirait le spectacle de sa grande infortune ; et d'étape en étape, adressant encore au gouvernement des offres de service, lâchant de se cramponner à de vaines espérances. Ces fatales lenteurs rendirent inutiles tous les soins qu'avait pris la Commission de gouvernement pour assurer son salut. Deux frégates l'attendaient. Celle qu'il ne devait pas monter avait ordre de se sacrifier au besoin pour retenir l'ennemi et donner à l'autre les moyens de s'échapper.
Napoléon arrive enfin à Rocheforl el trouve le port bloqué par des navires anglais. Quelques audacieux niariris s'engagent ii lui faire franchir les croisières britanniques. Il hésite, il refuse ; peut-être a-l-il conservé l'arrière-pensée de jouer un rùle de Thé-mistocle en Angle! erre. I n rôle le séduit toujours.
Alors commença celle grande ex|>iation 'pii a r(''c<)iicili(' les y»euples avec sa mt'moire. »
L'Exiu
Pendant que Napoléon exilé vécut à Sainte-Hélène avec quelques fidèles, dictant ses souvenirs, soumis à de pénibles vexations, gardé à vue par des soldats, étroitement surveillé dans la villa-prison de Longwood par le gouverneur Hudson Lowe, « un homme stupidey a dit Wellington, 2m/j/aca6/e sur la consigne », et par les commissaires des alliés, Lazare Carnot proscrit par Louis XVIII se retira d'abord en Pologne, puis à Magdebourg. Le grand patriote trouva partout des cœurs pour l'estimer et pour le comprendre. Il fut stoïque dans l'adversité.
Mort de Napoléon a Sainte-Hélène Mort de Garnot a Magderourg.
Bonaparte, né à Ajaccio le 15 août 1769, est mort sur le rocher de Sainte-Hélène le 5 mai 1821 . Ses restes sont aux Inyalides.
Quand Garnot apjtril que la mort avuit frappé le lion terrassé, il écrivit ces lignes :
« J'ai été affecté plus que beaucoup d'autres peut-être, parla grande éclipse dont vous me parlez. On ne voit pas sans émotion tomber un colosse. Mais je vous avoue que généralement en politique, les individus sont peu de chose pour moi. Je ne les considère que sous le rapport du bien ou du mal qu'ils font à leur pays ; et, sans parler de ses désastres militaires, peu d'hommes ont exercé une iniliM'nce plus funeste que Napoléon sur le sort de leur
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patrie, malgré des moyens prodigieux, un coup d'œii perçant, un caractère intlexible, une âme forte el quelquefois magnanime. »
Lazare Carnbt, né le 13 mai 1753 à Nolay, dans la Cote-d'Or, s'est éteint à Magdebourg, le 2 août 1823, k huit heures du soir! « J'aivécif, disRii-il, dans un siècle de lumière... J'ai vit poindre V aurore de la raison humaine... J ai vu luirr la vérité éternelle... .^y
Pe-ndant plus d'un demi-siècle l'Organisateur de la Victoire a reposé en terre prussienne.
Conformément h la loi du 10 juillet 1889 les cendres du Grand Patriote furent exhumées du cimetière de Magdebourg, et sont déposées dans la crypte du Panthéon au frontispice duquel sont inscrits ces mots : « Aux Grands Hommes, la Patrie reconnaissante. »