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L'HOMME

L'homme est né pour le travail ; l'oisif volontaire est un

être dégradé.

Nos libres sont comme les cordes d'une harpe : il faut ([u'elles soient tendues à certains degrés respectifs pour produire une harmonie.

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N'espérons pas obtenir des effets sans cause, un noble dévouement sans un ressort qui élève puissamment l'homme au-dessus de lui-même.

Combien sont donc coupables ceux qui cherchent à comprimer ce ressort, à raisonner quand il ne faut qu'agir, à ralentir impulsion d'un sentiment qui ne se définit pas, mais qui est l'unique principe de tout ce qui se fait de beau et de grand dans le monde.

La devise de l'homme est « Espoir ».

La vertu, c'est le désir éclairé du bonheur.

Le bonheur est une perspective, et l'espérance nous place au vrai point de vue pour en jouir.

Mais ce qui contribue à nous tourmenter, c'est que nous nous faisons du bonheur une idée exagérée et hors de proportion avec la mesure que comporte la nfiture humaine.

L'effort même que Ton fait pour atteindre au bonheur est un état violent qui souvent le détruit.

Nous ressemblons à des enfants qui soupirent après

les joujoux qu'ils n'ont pas et qui les jettent aussitôt qu'ils

les tiennent.

Les éléments du bonheur sont : la santé, la médiocrité et Tindépendance de condition, le goût du travail, l'estime

des gens de bien, l'esprit d« soGiéfcé, le& talents, l'iatelVigence des affaires, un caractère de modération, la tendance à seeowri'F les m ai heureux, rintimité d'iine femme aimable, des enfants nés avec de bonnes d'is^positions.

J'ai éprouvé que la bienfaisance est la plus parfaite de? jouissances et celle qui s'use le moins.

L'homme dont la vie est sans reproche repose en paix sur sa conscience et ne craint la calomnie que parce qu'elle sort de l'obscurité qu'il désire ; quelque impure qu'en soit la source, il s'en afflige, non pour Jui-même, mais pour la probité qu'elle blesse, pour l'espritpublic qu'elle égare, pour la représentation nationale qu'elle avilit et qu'elle outrage.

Les passions se guérissent l'une par l'autre.

La tempérance est l'empire que l'homme pratique sur lui-même pour maintenir ses passions dans un désirable équilibre, et qui ne permet à aucune d^elles de l'entraîner par sa prépondérance hors des limiites de la raisoB.

Exercer sans, excéder.

[1 n'y a pas de laboureur ou d'artisan dont l'homme le plus instruit ne puisse apprendre bien des choses,- mais à condition de faire causer chacun sur les objets de sa compétence. Vous mettez votre interlocuteur à son aise, vous flattez son juste orgueil et vous en tirez profit pour vous-même.

àl2l POIR VAINCRE

Ayez soin en échange de lui dire aussi ce que vous savez, et de le lui dire simplement, sans avoir Tair de professer. Les idées nouvelles, qui lui parviennent rarement, commencent par l'étonner et le mettre en défiance ; mais elles ne tombent pas sur un sol ingrat ; elles y germent lentement et quelquefois portent de bons fruits.

Ce n'est point par les événements que nous jugeons des hommes, mais par leurs efforts et leur courage.

Quand je veux parler, j'écris ; quand je veux écouter, je lis.

•J'ai vécu dans un siècle de lumières; j'ai vu poindre l'aurore de la raison humaine, et l'éternelle vérité triompher des vieux préjugés.

Que d'autres me succèdent, et qu'il leur soit donné de finir leur existence sans plus de regrets et avec autant de calme.

Oh! combien il est rare que le sage puisse rectieillir le fruit de ses travaux ! Il devance son siècle et son langage ne peut être entendu que de la postérité, mais c'est assez pour le soutenir ; son imagination perce la nuit des erreurs ; il est l'ami des hommes qui doivent naître, il converse avec eux dans ses recherches profondes ; comme citoyen, il arrête ses regards sur sa patrie, il fait des vœux pour elle, il applaudit à ses succès, il prend part à ses triomphes ; comme philosophe, il a déjà franchi les barrières qui séparent les empires, il n'a plus d'ennemis,

il est citoyen de tous les lieux et contemporain de tous les âges ; il suit l'homme depuis sa frêle origine jusqu'au terme de sa perfection, depuis l'instant où faible et isolé il est le jouet de tout ce qui l'environne jusqu'à celui où, réuni à ses semblables par un concert de tous les moyens départis à son espèce, il commande en maître à l'univers. Entre ces deux extrémités quel intervalle immense !

Non l'homme ne le franchira pas sans que la terre ait éprouvé par ses crimes des convulsions épouvantables ; mais lorsqu'enfin dans ces convulsions môme il aura connu la somme de ses forces et l'immense «tendue de son pouvoir, lorsqu'à des siècles de trouble et de mensonge auront succédé des siècles de lumière et de vérité, alors lui sera-t-il encore quelque chose d'impossible ?

Ah ! si malgré la dispersion et la contrariété de ses efforts individuels il a su maîtriser le tonnerre, forcer la pesanteur même à F élever aux régions de la foudre ; s'il a su composer les frimas et décomposer les éléments, que ne fera-t-il pas lorsqu'il pourra réunir tant de forces opposées et brisées par des chocs innombrables, lorsque toutes les volontés éparses dans l'univers seront condensées, lorsque l'intérêt particulier sera devenu l'intérêt général, et la vertu le désir éclairé du bonheur !

Alors, les éléments soumis, l'homme, respecté de lanature entière, pénétrera dans le sanctuaire de ses lois ; il en connaîtra l'enchaînement et les rapports, et la grande vérité qui contient toutes les vérités sera peut-être découverte.

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