UNE BOUTADE DU PREMIER CONSUL
« Je proposais un jour au Premier Consul, pour remplir un emploi vacant dans l'administration militaire, trois sujets différents et dans l'énumération de leurs titres je
(4) Hippolyte Carnot, t, ii, p. 219.
fis valoir en laveur de l'un d'eux sa réputation de probité, Bonaparte me répondit ces paroles remarquables : « C'est « une belle chose que la probité ; mais ne bâtissons pas « sur ce fondement. Si nous avions seulement soixante « hommes, sur la probité desquelles on pût compter, la « République serait sauvée (1). »
LA QUESTION DES RECOMiMANDATlONS
Parfois, les protégés de M""' Bonaparte faisaient concurrence à ceux du Premier Consul.
Je résolus de mettre un terme à ces petites tracasseries.
Je mis dans un portefeuille les lettres de recommandation du mari, et celles de la femme dans un autre : « Citoyen Premier Consul, que désirez-vous que je fasse de tout cela ? » « Conservez ces lettres comme documents, répliqua-t-il, et dites aux gens qui voudraient s'en faire des titres auprès de vous que je vous ai prié de ne donner aucune place aux intrigants. »
Je me rendis ensuite chez M'"® Bonaparte avec la seconde liasse de papiers : « Mon cher M. Carnot, n'ayez aucun égard à mes recommandations et à mes apostilles, on me les enlève à force d'importunité et je les donne à tout le monde sans conséquence (2). »
(1) Hippolyte Carnot, t. ii, p, 223.
(2) Hippolyte Carnot, t. n, p. 223,
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