‹ Pour votre ministère [microforme]Chapitre 15 sur 26 · DEAN · texte numérisé non relu

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+ s’accomplira parfaitement ». (Bc:suer,

Œuvres complètes, T. 4, p. 268.)

Quand Moïse eut dorné à son peuple le commandement de l'amour de Dieu, il ajouta : © Ces paroles et ces ordonnances que je vous prescris aujourd'hui, seront gravées dans votre cœur ; vous les raconterez à vos enfants ; vous les méditerez assis dans votre maison, et marchant dans le chemin, la nuit dans les intervalles du sommeil, le matin à votre réveil. Vous les lierez comme un signe dans votre main ; vous les porterez entre vos Yeux ; vous les écrirez sur le seuil et sur les poteaux de votre maison. » (Moy., 5, VI, 6). Que la méditation de ces paroles nous détermine à étudier mieux, si c’est possible, la loi et les désirs de Jésus rédempteur, amant divin de nos âmes. Plenitudo ergo legis est dilectio. (Rom., XIII, 10.)

Mais il y a plus. Que serait un amour sans les œuvres ? A quoi serviraient les protestations les plus solennelles si elles n’étaient pas suivies des actes ? C’est par les actes, en effet, que se prouve l'amour :

Probatio amoris exhibitio est operis. Aussi, écoutez saint Jean : Filioli mei, non diligamus verbo, neque lingua, sed opere et virtute (I Joan., III, 18). Et quelles seront ces œuvres, Seigneur ? Il est évident que l’on ne peut aimer Dieu sans aimer en même témps tout ce qu’il aime, Or, comme le Die# rédempteur a aimé tous les hommes jusqu’à la folie de la croix, je comprends que mon äMmour pour Dieu est inséparable de celui du prochain. Mais mon amour a

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pour règle et pour loi l'amour de Dieu envers les jommes : sicut dilexi vos ; donc, je dois aussi aimer tous les hommes jusqu’à la folie de la croix, jusqu’au sacrifice de ma vie.

Je crain.lrais de tirer cette conclusion, si je n'avais pour m’appuyer la narole de l’Apôtre lui-même : Et nos debemus pro fratribus animam ponere (I Joan., III. 16,)

Et qu'est-ce donc que donner sa vie pour ses frères, sinon se dépenser pour leur être utile, leur procurer les biens dont ils ont besoin. Or, nous le dirons bientôt, il y a parmi nos frères, des millions d'hommes qui n’ont pas le premier et le plus nécessaire de tous les biens, la connaissance et l’amour du christ. Pour cette raison, le prêtre, et je dis la même chose pour tout chrétien,ne peut se désister, s’il veut imiter le Christ et obéir à sa loi, de l’œuvre des vocations, par laquelle il prouve son amour des âmes, en envoyant quelqu'un qui apporte à ses frères le bien le plus précieux, fruit de la mort du Christ, le salut éternel.

Chap. 11.—L'Amour révélé aux ames saintes

Article I.—Sainte Julienne, sainte Gertrude et Marguerite-Marie

Que s'est-il passé depuis la révélation évangélique de l’amour ? Comment le monde a-t-il accueilli cette doctrine et jusqu’à quel point s’est-il empressé de correspondre aux avances de Dieu ?

La réponse à cette question nous sera donnée par les principales révélations faites aux saintes âmes et au cours desquelles Jésus s'est plaint d’être abandonné des hommes. Même, a-t-il déclaré, les froideurs et les ingratitudes des hommes lui sont plus sensibles que tout ce qu’il a enduré pendant sa Passion.

Plus on avancera dans l’histoire des manifestations de l’amour plus on comprendra qu’il y a comme une lutte entre Dieu d’un côté qui ne peut se résigner à ne pas être aimé par l’homme, qui multiplie en ces derniers temps surtout les moyens de l’attirer à lui et de se l’attacher, et d’un autre côté l’’ndifférence, la fruideur de l’homme qui n'entend pas la voix de Dieu, qui ne comprend pas son amour et qui oublie trop souvent sa miséricorde.

Les grandes révélations de l'amour ont

été annoncées longtemps d'avance ; tâchons d'en comprendre la signification profonde et de bien saisir la nature de la dévotion particulière dont elles requièrent le développement. Nous empruntons à divers auteurs qui nous semblent sérieux, les relations qui vont suivre, et nous commençons par la révélation de sainte Julienne. Elle a pour objet l'institution d’une fête en l’honneur du très Saint Sacrement (Fête-Dieu).

Sainte Julienne. — Je veux cette fête nouvelle, dit N. S. à sainte Julienne, afin de réveiller la foi trop endormie et de réchauffer la ferveur trop refroidie dans le vulgaire ; je veux cette fête pour donner un

nouvel aliment aux grâces et assurer le progrès des âmes ferventes ; je veux une fête célébrant chaque année, avec solennité, l'institution du Sacrement de mon corps et de mon sang, afin que mémoire en soit faite en dehors des préoccupations du lavement des pieds et de la Passion, afin que par cette solennité on supplée à l'insuffisance du respect et de la dévotion dans la célébration des saints mystères.

Jusqu'à cette époque la liturgie se préoccupait, semble-t-il, presque uniquement de l’action de Notre Seigneur s’offrant dans le sacrifice, se donnant dans le sacrement ; le culte de la présence était borné pour ainsi dire à des lois qui préservaient le corps et le sang du Sauveur de la profanation ; les actes de vénération étaient laissés au choix de la dévotion intérieure des fidèles, plutôt qu'ils n’étaient prescrits par la liturgie. La fête du Corpus Domini fit entrer davantage dans la liturgie le culte de la présence du Christ avec des cérémonies publiques, indépendantes du sacrifice et du sacrement. La sainte hostie fut offerte aux regards et à la vénération dans l’ostensoir. Il semble que le Sauveur voulut apparaître sur le seuil de ses tabernacles, comme au jour des rameaux, avec son cortège de louanges et d’amour, franchir le portail des cathédrales, s’offrir aux manifestations de confiance et d'amour, et recevoir de ses fidèles la publique et haute profession de foi. (Wourers, l’Eucharisiie et le Sacré-Cœur).

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Sainte Gertrude, — Un jour (27 décembre 1320), dans une extase, sainte Gertrude reçut ‘lu Sauveur, par l’entremise de saint Jean, une faveur semblable à celle dont le disciple bien-aimé jouit pendant la dernière Cène. Or, comme elle éprouvait une douceur ineffable aux pulsations très saintes du Cœur de Jésus, elle dit à l’Apôtre : « Est-ce que vous n'avez pas vous aussi, bien-aimé de Dieu, senti le charme de ses suaves battements, qui ont pour moi tant de douceurs, lorsque vous reposiez à la Cène sur cette poitrine bénie ? » Et Jean répondit à la sainte : « J'avoue que je l’ai senti, et la suavité en a pénétré mon âme aussi profondément qu’une liqueur remplit la mie du pain nouveau, aussi parfaitement que la flamme ardente d’un foyer embrase le bois qu’on y jette. — Pourquoi donc, reprit-elle, avez-vous gardé là-dessus un silence si profond que vous n’avez rien écrit qui le donnât à entendre, au plus grand profit de nos âmes ? » Et Jean répondit : « Ma mission était d'offrir à l’Église, dans son premier âge, sur le Verbe incréé de Dieu le Père, une simple parole qui suffirait, jusqu’à la fin du monde, à satisfaire la race humaine tout entière, sans toutefois que personne arrivât jamais à la pleinement comprendre. Quant au très doux langage de ces pulsations du Cœur du Seigneur, c’est aux derniers temps qu'en est réservée la pleine manifestation, afin que le monde engourdi par l’âge reprenne dans l'amour divin quelque chaleur, en entendant ces mystères.» Bainvel, La dév. au S. C.

Marguerite-Marie. — Le même jour, 27 décembre 1673, 353 ans plus tard, le Sacré- Cœur lui-même se manifestait pleinement aux hommes, dévoilant les flammes d'amour de son cœur et révélant la souffrance intime que lui infligent nos ingratitudes. Il ne demande pas à être aimé parce qu'il aime, mais à être aimé davantage parce que son amour est méprisé ; l’objet de notre attention émue ne sera plus simplement son amour, mais son amour méconnu, méprisé, profané. Autant la liturgie de la Fête-Dieu s'était attaché à ranimer notre croyance, à relever notre espérance, autant la liturgie nouvelle qui suivra cette révélation s’attachera à enflammer notre amour.

Je vais raconter, dit Mgr Bougaud, comment ce Dieu oublié par l’homme, méprisé, trahi, méconnu par l’homme, n’a pas désespéré de l’homme, et, au lieu de le punir et de le briser comme il l’aurait pu, a résolu de le vaincre à force de tendresse... Celui qui est abandonné, qui est trahi, qui n’est plus aimé, continue d’aimer. Il poursuit l’infidèle d’un amour qui espère toujours.

Il multiplie les bienfaits, afin de retrouver un cœur dont il ne peut se détacher. Il dit avec le poète :

Je t'en avais comblé, je t’en veux accabler.

Telle fut la conduite de Dieu... Il apparut un jour à l’homme ; et découvrant sa poitrine, il lui montra son Cœur et lui redemanda le sien.

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C’est à la Bienheureuse Marguerite-Marie qu'il parla. Il lui apparut rayonnant de tous côtés, plus brillant que le soleil, et transparent comme un cristal. La plaie qu’il reçut sur la croix y paraissait visiblement.

Il y avait une couronne d’épines autour de ce divin Cœur et une croix au-dessus.

Notre-Seigneur dit à la Bienheureuse :

« Mon divin Cœur est si passionné d’amour pour les hommes que, ne pouvant plus contenir en lui-même les flammes de son ardente charité, il faut qu’il les répande par ton moyen, et qu'il se manifeste à eux pour les enrichir de ses précieux trésors, qui contiennent les grâces dont ils ont besoin pour être tirés de la perdition.»

Aux termes de cette première révélation, la nouvelle dévotion allait être un plus grand effort du Cœur de Jésus, « passionné d'amour pour les hommes », et voulant à tout prix les tirer de l’abtme de la perdition.

Jusque-là les moyens ordinaires avaient suffi. Mais dans le triste état où était le monde, Jésus ne pouvait plus retenir dans son Cœur les flammes de cette ardente charité qui veut sauver tous les hommes. Son côté percé s’entr'ouvrait ; son Cœur aspirait à en sortir ; e: lui qui ne s'était jamais moutré que dans les solitudes à des âmes choisies, et qui, en se montrant à elles, les avait fait défaillir d’amour, il voulait maintenant se montrer aux foules, et essayer si, en révélant les secrets jusque-là cachés de son amour, il parviendrait à fondre les glaces

qui s’amoncelaient au milieu des peuples chrétiens.

On y voyait le principe et comme le moyen de cette nouvelle dévotion ; mais dans quelle touchante beauté ! Un Dieu oublié par l’homme, et ne pouvant pas se résigner à cet oubli ; méprisé, insulté par l’homme, et ne réussissant pas à faire taire son amour :

au contraire, décidé à le vaincre à force de tendresse, et, dans ce but, inventant chaque jour de nouvelles et de plus divines industries. — Après les splendeurs de la création, les anéantissements de la crèche ; après la crèche, les douleurs de la croix ; après la croix, les tendresses de la sainte Eucharistie ; après la sainte Eucharistie, l’effort suprême du Sacré-Cœur. C’est toujours la même loi. A chaque nouveau refroidissement, Dieu descend d’un degré, pour essayer de toucher les cœurs dont il ne parvient pas à se détacher. (C’est l'ami, le père, faisant un tendre effort pour sauver ses enfants.

L'année suivante, 1674, la Bienheureuse reçut une nouvelle révélation. « Il me découvrit les merveilles inexplicables de son pur amour, et jusqu’à quel excès il l'avait porté d'aimer les hommes, dont il ne recevait que des ingratitudes * « Ce qui m'est beaucoup ‘plus sensible que tout ce que j'ai sou ffert dans ma Passion ; d'autant que, s'ils me rendaient quelque retour d'amour, j'estimerais peu tout ce que j'ai fait pour eux, et voudrais, s’il se pouvait, en faire encore davantage ; mais ils n'ont que des froideurs et du rebut pour tous

mes empressements. Toi, du moins, dit-il en terminant, donne-moi cette joie de suppléer, autant que tu le pourras, à leur ingratitude.»

Maintenant ce sont les cinq Plaies, qui brillent comme des soleils, l'humanité sacrée qui jette des flammes, la poitrine qui ressemble à une fournaise, c’est l’époux outragé, le roi méconnu qui va demander une réparation. Après avoir révélé que le principe de la dévotion nouvelle était un amour dont il ne pouvait plus contenir le feu dans son Cœur, Notre-Seigneur en fait connaître le caractère, le but.

‘Cette dévotion sera une amende honorable et une expiation pour tous les crimes du monde, une consolation pour son Cœur délaissé. Il appelle des âmes choisies à venir remplacer aux pieds des autels celles qui ne l’aiment pas, et à suppléer, par leurs adorations et leur amour, aux hommages qu’il ne recevait plus d’une foule refroidie et indifférente. Toi, du moins, — et en parlant ainsi, Notre-Seigneur s’adressait à toutes les âmes pieuses, — donne-moi cette consolation de suppléer à leur ingratitude, autant que tu le pourras.

Comme la Bienheureuse s’excusait en alléguant son insuffisance : « Tiens, voilà de quoi suppléer à tout ce qui te manque.»

« En même temps, dit Marguerite-Marie,' ce Cœur divin s’était ouvert, et il en sortit une flamme si ardente que je pensai en être consumée.» Image admirable de ce réchauffement des cœurs dont cette dévotion devait être le principe.

« Ne crains rien, je serai ta force ; écoute seulement ce que je désire de toi pour te disposer à l’accomplissement de mes desseins.» Alors il lui demanda deux choses :

communier tous les premiers vendredis de chaque mois pour lui faire amende honorable ; se lever entre onze et douze heures dans la nuit du jeudi au vendredi de chaque semaine, et se prosterner la face contre terre en expiation des péchés et pour consoler son Cœur de l’abandon universel.

Marguerite avait alors 26 ans, et deux ans de vie religieuse.

Le 16 juin 1675, eut lieu une troisième révélation. « Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes, qu’il n’a rien épargné jusqu’à s’épuiser et se consumer pour leur témoigner son amour ; et en reconnaissance, je ne reçois de la plupart que des ingratitudes, par leurs irrévérences sacrilèges, et par les froideurs et mépris qu’ils ont pour moi dans ce sacrement d'amour. Et ce qui m'est plus pénible, c’est que ce sont des cœurs qui me sont consacrés.

C’est pour cela que je demande que le premier vendredi après l'octave du Saint-Sacrement soit dédié à une fête particulière pour honorer mon Cœur, en communiant ce jour-là et en lui faisant réparation d'honneur par une amende honorable, pour les indignités qu’il a reçues. Et je te promets que mon Cœur se dilatera pour répandre avec abondance les influences de son amour sur tous ceux qui lui rendront cet honneur, ou qui procureront qu’il lui soit rendu.»

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C’est la plus célèbre des révélations, car elle renferme tout ce qui regarde la dévotion au Sacré-Cœur : Son principe : Amour débordant de Jésus, essayant un plus gard effort... ; son but : culie de réparation, de consolation et d'amende honorable... : ses effets : nouvelle effusion de l’amour divin sur l’Église, et plus particulièrement sur les âmes pieuses qui s’en feront les propagatrices et les apôtres. ( (Mgr Bougaud).

Disons un mot seulement de la Grande Promesse (1688). Un jour de vendredi, peudant la sainte communion, Jésus dit à Marguerite-Marie : Je te promets dans l’ex-

(1) En résumé Jésus pressa, Marguerite-Marie de demander en son nom : a) la communion et l’amende bonorable, b) le premier vendredi de cha ue mois, c) l’exercice de l’heure sainte dans la nuit du jeudi au vendredi, d) une fête solennelle, e) la consécration de la nation à so nCœur sacré, f) la construction d’une église en son honneur, g) son image gravée sur les étendards. =

« Cette dévotion était comme un dernier effort de son amour qui voulait favoriser les hommes en ces derniers siècles d'une telle rédemption amoureuse, pour nous mettre sous la douce liberté de l’empire de son amour, qu'il voulait rétablir dans le cœur de tous ceux qui voudraient embrasser cette dévotion.» (Lettres inédites).

« Notre-Seigneur nous présente la dévotion à son Cœur comme « un dernier effort de son amour qui voulait favoriser les chrétiens en ces derniers siècles.» Nous ne chercherons donc pas à la faire remonter plus haut dans l'antiquité, en oubliant les notes caractéristiques de la dévotion au Sacré-Cœur, telle que nous la pratiquens, pour la confondre avec les hommages enflammés que, déjà auparavant, offrirent à l’amour ou au Cœur de Jésus certaines âmes ardentes de saints. Il est vrai, les fondements de ls dévotion sont révélés avec le christianisme ; et nous pouvons dire que, dès la dernière Cène, elle a sa raison d’être. Dès lors l'amour excessif de Notre-Seigneur, se livrant pour nous à la mort et instituant la sainte Eucharistie, ne se trouve-t-il pas aux prises avec l'oubli et la plus noire ingratitude? Mais toute préparée qu’elle paraisse, elle demeure comme cachée dans le sein de Dieu, jusqu'au moment où Jésus, par la voix d’une humble religieuse, propose «aux chrétiens un Fm et un moyen si propre pour les engager à l'aimer.» (VeRuEERsœu).

cessive miséricorde de mon Cœur, que son amour tout-puissant accordera à tous ceux qui communieront neuf premiers vendredis du mois, tout de suite, la grâce finale de la pénitence ; ils ne mourront point en sa disgrâce, ni sans recevoir leurs sacrements, mon divin Cœur se rendant leur asile assuré en ce dernier moment.

Nous sommes ici en présence d’un excès de miséricorde et du triomphe d’un amour tout-puissant. Ceux qui communient neuf premiers vendredis seront moralement certains de leur salut. Dieu accepte cette fervente pratique comme une prière efficace pour avoir la grâce de lui dédier cette vie.

Une grâce sera donnée, qui préviendre, ou tout au moins qui surmontere en temps utile les défaillances et même les rébellions possibles de la volonté. (VERMEERSCH, et Galeazzi, De praecipuo e promissis ss. Cordis Jesu).

Jésus veut sauver les âmes à tout prix et il ne recule, pour cela, devant aucun excès.

Que faisons-nous pour venir en aide à Jésus et lui préparer des ouvriers, des sauveurs d’âmes !

Article II. — Les œuvres de réparation et d'expiation

Passons sous silence le XVIIIe siècle et voyons comment les appels de l’amour ont été entendus surtout pendant la dernière partie du siècle dernier. Pour cela, lisons quelques pages du rapport de l’abbé Bouquerel, présenté au Congrès eucharistique

de Montréal. Nous ässisterons à la fondation des œuvres de réparation envers l’amour de Jésus ; même l’appel de Jésus sera si bien compris qu’il se formera des associations de victimes offertes à l'amour, à la place de ceux qui n’aiment pas.

L'Association de l’Adoration réparatrice date de 1848. Cette année-là Théodelinde Dubouché, la fondatrice, eut une troisième vision. En la fête du Sacré-Cœur, Jésus mit un canal d’or entre son Cœur et celui de sa servante, et lui dit : « Je veux des adorations et des réparations pour apaiser la justice de mon Père, mais toutes ces adorations sont insuffisantes, il me faut une consécration religieuse.» Le 6 août de la même année, huit jeunes personnes se réunissaient autour d’elle pour se consacrer à la réparation. Aujourd’hui la Congrégation compte huit maisons.

Une jeune Lyonnaise, Caroline Liéger, avait entendu plusieurs fois dans l’oraison cette parole : « Sois victime.» Au mois de juillet 1852, elle présenta à l’autorité diocésaine une notice et un règlement sur une Association de victimes unie au Sacré-Cœur, pour les gens du monde. Le 11 juillet 1853, le cardinal Bonald donna par écrit son approbation à l’œuvre expiatrice. En 1856, elle fut enrichie d’indulgences par Pie IX.

L'œuvre de la Communion réparatrice, pour consoler le Cœur de Jésus, réparer, et obtenir la conversion des pécheurs, fut organisée d’abord à la Visitation de Parayle-Monial en 1854. Cette œuvre s’est or-

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ganisée de deux façons : Par roulement :

sept personnes se partagent les jours d’une semaine, trente personnes se partagent les jours d’un mois. (Chacun communie au jour assigné.

Le Père Calage affirme que, dès 1846, plusieurs personnes de Marseille, qu’il dirigeait, avaient l'attrait de s’offrir en victimes. L’une d'elles, Deluil Martini, après avoir longtemps travaillé comme première zZélatrice de la Garde d’honneur, s'était sentie appelée à fonder un institut de vierges. Elle en écrivit la constitution en 1869, et en commença l’exécution à Berchem-les- Anvers le 20 juin 1873. L'Institut fut définitivement approuvé le 2 février 1902.

« Prêtres avec Marie, dis-'t la fondatrice, les Filles du Sacré-Cœu seront victimes avec elle. En même temps qu’elles offriront la très pure hostie, elles s’offriront ellesmêmes en sacrifice, elles seront des hosties vivantes, étroitement unies aux dispositions de Jésus et de Marie.»

Une lettre écrite en 1863, de la Visitation d'Annecy, contenait ces mots : « Notre- Seigneur se plaint de ce qu'ayant reçu les révélations de son Cœur nous ne déployions pas assez de zèle pour en propager le culte.» Les religieuses de la Visitation du Bourg, en attendant ces paroles, se tournèrent du côté d’une jeune Sœur à qui, 14 ans auparavant, sa supérieure avait dit : Dieu vous réserve une grande mission. A vous, lui dirent-elles, de trouver un nouveau moyen de faire glorifier ie Cœur de Jésus... Le 13

mars, le cadran était exposé et portait les noms des premiers membres de la Garde d'honneur.

L'objet précis de cette dévotion est le Cœur de Jésus blessé visiblement par la lance, et invisiblement par l'oubli, l’ingratitude et les péchés des hommes. Pie IX, Léon XIII et Pie X sont fiers de monter chaque jour la garde auprès du Cœur blessé du divin Maître. On s’acquitte de cette garde en esprit sans rien changer à ses occupations, en se tenant, pendant l'heure choisie, uni à Notre-Seigneur dans le tabernacle.

L'œuvre de la MEssE RÉPARATRICE, inspirée vers 1862 à une pieuse chrétienne, alors simple ouvrière, mère de famille, a été érigée en archiconfrérie par un bref du Pape Léon XIII en 1886. Elle a pour but de réparer, par l’assistance réitérée au saint sacrifice de la Messe, l’outrage que font à Dieu ceux qui, sans motif suffisant, se dispensent de ce devoir les dimanches et fêtes d'obligation. La pratique essentielle de cette dévotion est donc d’entendre une seconde messe ces jours-là, au lieu et place d’un absent, avec l’intention particulière et explicite de réparer la gloire de Dieu atteinte par cette absence coupable.

L'ASSOCIATION DE PRIÈRES ET DE PÉNI- TENCES en l’honneur du Sacré-Cœur fut établie pour la première fois le 23 février 1819. Aujourd’hui elle a son siège à Montmartre. Léon XIII a daigné lui conférer tous les privilèges d’une archiconfrérie, avec

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pouvoir d’agrégation pour le monde entier.

Cette œuvre a pour but de réparer par la prière et la pénitence, unies aux prières et aux souffrances du Cœur de Jésus, les crimes des hommes, tous les outrages commis contre la religion, contre les droits de l’Église et du Saint-Siège, contre la personne sacrée du Vicaire de Jésus-Christ... Se faire inscrire sur un régistre spécial de l’Association, puis choisir un jour de prière et de pénitence par semaine, par quinzaine, ou par mois et, au jour choisi, offrir à Dieu, en union avec le Sacré-Cœur et en esprit de réparation, les travaux et les peines de la journée, additionnés d’une pénitence corporelle proportionnée à l’âge, à la santé, à la condition, comme le jeûne, l’abstinence, ou toute autre mortification, en un mot faire entrer dans sa vie l'habitude de la pénitence, voilà le but de l’œuvre.

L'ASSOCIATION RÉPARATRICE DES NA- TIONS CATHOLIQUES se propose d’associer dans une commune prière et amende honorable toutes les nations pour leurs offenses à la Majesté divine. Il a été assigné à chaque nation un jour déterminé de la semaine. Le jeudi appartient à l'Amérique du Nord. Le jour assigné on fait une demiheure d’adoration en esprit de réparation, ou en cas de légitime empêchement, un autre jour de la semaine. Cette association fut approuvée en 1882 et a son siège à Rome, dans l’église de Saint-Joachim.

Le 4 janvier 1909, Pie X-approuva l’Association sacerdotale réparatrice, et il la re-

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commande au clergé catholique dans sa lettre du 4 août suivant. Les associés font acte d’expiation et de réparation envers le Cœur de Jésus, de trois manières : par une Compassinn affective et intérieure, par un ministère fidèle et un amour actif, par des œuvres d’abnégation et de mortification de toute sorte.

* Article III.—Le Cœur eucharistique

Il nous faut maintenant donner un peu de détails sur l’origine et la nature d’une autre dévotion assez récente, car elle projette une vive lumière sur le sujet que nous exposons présentement : manifestation plus pressante de l’amour.

Le 22 janvier 1854, Notre-Seigneur fit vivement sentir à une sainte religieuse en adoration devant le saint Sacrement, l’oubli dans lequel on ‘e laisse, ainsi que les outrages dont on l’abreuve dans son Sacrement d'amour, et daigna lui adresser ces touchantes paroles : « Que d'âmes m’entourent et ne me consolent pas. Mon Cœur demande l'amour comme un pauvre demande du pain... C’est mon Cœur Eucharistique, fais-le connaître, fais-le aimer. Répands cette dévotion.

Depuis lors, la dévotion au Cœur Eucharistique a été étudiée, combattue, et elle a triomphée. Le 16 février 1903, Léon XIII lui-même en déterminé l’objet. « Dans cette dévotiou, les fidèles s'appliquent à rendre un culte spécial d'amour, de reconnaissance et de vénération à cet acte de

dilection suprême, en vertu duquel notre divin Rédempteur, prodiguant toutes les richesses de son Cœur, institua l’adorable sacrement de l’Eucharistie, pour demeurer avec nous jusqu'à la consommation des siècles. »

Le P. Lepidi a formulé la même idée :

« L’excellence de cette dévotion provient de son objet qui n’est autre que l’amour suprême de Jésus voulant instituer l’Eucharistie, pour demeurer présent au milieu de nous, renouveler sur la terre, jusqu’à la consommation des siècles, le sacrifice de la croix et nous donner sa chair en nourriture et son sang en breuvage... Elle réalise le but final de la prière de Jésus : ut sint unum. Qu'ils soient un.

On le comprend facilement : cet acte d'amour, motif principal de sa vie sacramentelle, est si merveilleux, si touchant et si bienfaisant pour nous, et en même temps si méconnu et si outragé, qu’il mérite bien un culte spécial d'amour et de reconnaissance. Mais c’est surtout par son utilité et son actualité que cette dévotion se recommande.

Par elle, en effet, les relations du Sacré- Cœur et de l’Eucharistie apparaissent dans l’intime rapport de cause à effet. Le Sacré- Cœur proclame l’Eucharistie l’œuvre de son amour pour nous, et celle-ci nous montre la grandeur de cet amour.

Or contempler l’Eucharistie dans les desdeins de l’amour du Sacré-Cœur c’est le moyen le plus süaple ct le plus efficace de la mieux comprendr: et d’en goûter toute

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Euchaïistique de Jésus, Cœur humilié, délaissé, oublié, méprisé, outragé, méconnu des hommes.»

On le comprend mieux maintenant. Le Sacré-Cœur honore d’une manière générale l'amour de Jésus donnant à l’homme tous les bienfaits de la Rédemption, la dévotion au Cœur Eucharistique honore d'une manière spéciale l’amour qui a déterminé l’institution de l’Eucharistie. C’est dans l’Eucharistie que nous chercherons et que nous trouverons l'amour manifesté et en même temps méconnu. Ramener les âmes à l’Eucharistie sera à la fois rétablir le culte de l’amour, satisfaire les désirs ardents de Jésus et sauver les âmes. Toutes les choses auront été restaurées dans le Christ quand les âmes auront été ramenées à s’abreuver aux sources de l’amour et à se laisser pénétrer, imbiber des flots de lumière et de chaleur qui en débordent. («1 (GuiLLor,

(1) On aimera à lire cette page du Cardinal Pie sur les

dévotions nouvelles :

« us. au moment de remonter aux cieux a mis son

mages à chic, et

Rapport sur la dévotion au Cœur Eucharistique de Jésus), et VEerMEERscH, Pratique et doctrine de la dév. au S.-C.

Article IV, — Révélations contemporaines

Comme on le voit, c'est dans la dernière partie du siècle dernier qu'ont fleuri, en plus grand nombre, ces œuvres si belles d’amour et de réparation, inspirées par le souffle de Dieu. Cependant Jésus-Christ n'était pas satisfait ; le nombre de ceux qui ne comprenaient pas son amour était toujours trop grand. Les foules, les peuples, les nations le méconnaissaient toujours.

Église en possession entière de tous les trésors de sa vérité et de sa grâce, mais il entrait néanmoins dans le F de la sagesse suprême de réserver À son œuvre des eloppements graduels et successifs. Sous l'influence de causes très diverses et par suite des situations multiples avec lesquelles la religion entre en contact, mais surtout en vertu de la Providence très spéciale qui préside aux choses du monde surnaturel, des circonstances naissent ou le double dépôt de la doctrine et de la piété chrétienne semble produire éléments nouveaux, qui ne sont que la mise en lumière ou la mise en œuvre des richesses jusque-là moins aperçues. = De siècle en siècle, les travaux des doctes, les méditations des saints, et, en dernier ressort, les e nements ” Église reculent et agrandissent le domaine de la science sacrée et de la foi. Par une autre voie non moins sûre, à condition qu'on y y M le mouvement de l'Esprit Saint sous la conduite de l’Église, les élans de la ferveur chrétienne opèrent encore un progrès analogue. Ce que sont les définitions du corps enseignant dans l’ordre spéculatif, les dévotions du peuple fidèle le réalisent dans l’ordre pratique. Et comme les premières ne sont pas de simples théories, muis se résolvent en actes de foi et d'amour, le secondes ne sont salutaires et légitimes que parce q: elle: s'appuient sur une base dogmatique. Les unes e le. autres donc sont un épanouissement de vérité comme de grâce. (C'est ainsi que l'épouse du Christ no appuruît, « dans son royal vêtement d'or, parsemé de vari£té » (Ps, 44). Astitit regina .. .in vestitu deauralo, circumdata varselate, Sur le fand toujours le mâme de la révélation £van. élique, éclatent des nuances et des reflets, des jeux de umière et des effets de couleurs, qui font que lx religon

Il est vrai que, dès 1873, à Paray-le- Monial, avait germé l’idée des Congrès eucharistiques. Mademoiselle Tamisier, décédee le 20 juillet 1910, fut, sous l’inspiration visible du ciel, l’initiatrice de ces grandes réunions internationales où l’on traite de « Jésus-Christ en personne, de sa connaissance à promouvoir, de ses excellences à reconnaître, de ses droits à proclamer, de

pr mois ancienne et toujours jeune, mélange l'autorité d’une chose anti le charme du mouvement et dela n . Ces réflexi tion nouvelle, c'est la manifes plosion d’un tend

reux aspects

à lui tous 1 lumière céles

transport ex

croît d’atten

et cèdent à la mé l'articli primons notre croyance au Saint-Es es cœurs et principe de leur vie: Et in ù nctum Dominum et vivificantem.

t comme ces phénomènes spirituels ne :° développent avec plus d'intensité à certaines époques, que parce qu'ils ont une corrélation avec les faits ex rieurs, avec les ins et les souffrances des temps, l’Église elle-même, après les avoir mûrement examinés, s’en empare et s’en sert comme d'instrument Pour son œuvre de ge re e. sanctification. (Mgr Pie, Oeuvres complètes, t. 7,

Il ne faut pe oublier ici que dans un décret du 28

mars 1914, la S, C. des Rites a rappelé le décret du S. O. du 3 juin 1891, dans lequel il était déclaré que le culte du

œur eucharistique n'est pas plus parfait que le culte envers l'Eucharistie elle-même et ne diffère pas du culte envers le Sacré-Cœur de Jésus,

ses influences multiples à étendre et à assurer dans la vie individuelle, familiale et sociale des chrétiens ; des âmes à sanctifier et à sauver par le moyen le plus actif et le plus puissant dont dispose l’Église.»

Cependant Jésus a voulu plus encore. Il a parlé de nouveau aux hommes pour demander que l’on s’appliquât à pratiquer de plus en plus le culte intérieur de l’amour, que le genre humain tout entier lui fût consacré.

Pendant que sur la terre d’Allemagne Dieu préparait une âme à recevoir les manifestations de ces grands desseins, une religieuse bénédictine mourait, en 1884, au monastère de Saint-Jean d’Angely, âgée de 42 ans. Sœur Marguerite-Marie Doëns

‘était son nom. Sa vie fut tellement pré cieuse en vertus de toutes sortes que Mg Fulbert Petit, archevêque de Besançon, a écrit d’elle : « Il semblait que Notre-Seigneur lui eût confié la mission d'amener les âmes à l’amour de Jésus dont le Cœur Sacré est vivant dans la sainte Eucharistie.

La vie de cette religieuse, écrite en 1910, arrive à l’heure providentielle, continue Mgr Fulbert, car le Pontife suprême, l’auguste Pie X, que l’histoire appellera le Pape de l’Eucharistie, en invitant tous les chrétiens à I» -ommunion fréquente et même quotid': * a ouvert les esprits à l’intelligence G : vie et des écrits de la Mère Margue-

rite-Marie. Son apostolat posthume ne sera plus facile et plus fécond.» (1

is sans plus nous attarder, passons à la grande révélation de la fin du siècle dernier. Ici, nous laissons parler presque textuellement l’abbé Chasle, en empruntant à la vie qu'il a écrite de « Sœur Marie du Divin- Cœur.»

Le 8 juin 1899, à l’heure où sonnait, avec les premières vêpres de la fête du Sacré- Cœur, l’ouverture des solennités prescrites par Léon XIII pour la consécration du genre humain au Sacré-Cœur, s'éteignait à Porto une religieuse du Bon-Pasteur, âgée de 36 ans. Sœur Marie du Divin-Cœur, née Droste zu Vischering, c'était son nom, peut être appelée à juste titre la Gertrude du XIXe siècle, tant ont été fréquentes ses

= KA On aimera à lire ces extraits de la Vie de Marguerite-Marie Doëns : ils se rapportent à notre sujet. = «Il y a des moments où otre-Seigneur est comme impat: nt de te ses grâces. Dans une communion, il me désigna deux âmes ; puis, cela ne lui suffisant pas, il me dit de lui présenter la communauté ; je le fis : alors, il me demanda de lui parier de cette ville, du diocèse. Pas encore asses, semblait-il me re toujours. Je fis Passer sous son regard la France, l’Église, le monde tout entier, et, à mesure que je priais, descendait en mon âme comme un déluge de grâces qui l'inondait et qui semblait se répandre au dehors. Quand j'eus fini, le Cœur de Jésus sembla respirer et me dire : « Mair -enant, je suis satisfait, ras par toi j’ai pu répandre m:s grâces sur le monde.»

« Vers cette 6 ue, Notre-Seigneur dit à sa servante l'étonnante parole qui termine le récit des grâces : « Je t'élève à ma hauteur Fi que tu prennes mesure sur moi.» J'eus alors cette lumière que Jésus devait être notre mesure, C'est-à-dire la mesure de notre perfection, à nous surtout, âmes religieuses, -ui avons le bonheur de lui être consacrées. ous devons nous faire aussi grandes que lui, en esprit de sacrifice, de charité et d'amour. Jésus ne nous

ve à sa hauteur par l'union eucharistique que pour faire de nous d’autres lui-même, des âmes en qui il puisse régner sans obstacle. (P, 373).

relations avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, er précieux les dons et les révélations dont elle fut favorisée. Cependant, à un autre point de vue, son nom ne doit pas être séparé de celui de la religieuse de Paray, car il semble que dans les desseins de Dieu elle devait compléter l’œuvre de la Bienheureuse Marguerite-Marie. Nous trouvons bien, en effet, chez toutes deux, l’amour des souffrances, l’amour des âmes, et la passion d’aimer et de faire aimer le Sacré-Cœur: mais la mission de la comtesse Droste paraît avoir une note caractéristique, indiquée clairement dans ces paroles que Notre-Seigneur lui adressa en 1896 :...« Une fois, parlant de ce même sujet des communions, il dit que son désir avait été d'établir le culte de son divin Cœur, ei que maintenant que ce culte extérieur était introduit par son apparition à la Bienheureuse Marguerite-Marie, et répandu partout, il voulait aussi que le culte intérieur s'établit de plus en plus, c’est-à-dire que les âmes s’habituassent à s'unir de plus en plus intérieurement avec Lui et à lui offrir leurs cœurs comme demeures ; et que, pour témoigner de ce désir, il continuerait, malgré tous les obstacles apparents, de se donner à moi tous les jours dans la sainte commuuion.» (P. 241.)

Ce culte intérieur du Sacré-Cœur, Notre- Seigneur va prendre les moyens de le faire établir en se servant de celle qu’il appelait épouse. Le 7 avril 1898, pour la deuxième fois il demanda à Sœur Marie du Divin- Cœur que le genre humain fût consacré à

son Cœur tout aimant. Voici ce que nous lisons dans les notes de Ja religieuse : « Il revient sur ce qu’il disait l’an passé. Laisser la décision à mon Père spirituel ; il connaîtra la vérité par souffrances extraordinaires. (Consécration du monde entier au Cœur de Jésus. Evêques et prêtres deviendront plus fervents, justes plus parfaits, pécheurs se convertiront, hérétiques et schismatiques reviendront à l’ Eglise. Et les enfarts non encore nés, mais déjà destinés à faire partie de l'Eglise, c'est-à-dire les païens, recevront le grâce plus vite. Son divin Cœur a faim et soif, il désire embrasser le monde entier dans son amour et dans sa miséricorde.

Je dois contenter cette faim, apaiser cette soif aidée par mon père spirituel. Ecrire à Rome aussitôt que possible. »

- Le 6 janvier 1899, elle écrit une assez longue lettre au Pape Léon XIII, pour lui exposer les demandes du Sacré-Cœur. Nous en extrayons les passages suivants... « Notre-Seigneur me donna la douce consolation qu’il prolongerait les jours de Votre Sainteté afin de réaliser la consécration du monde entier à son divin Cœur... La veille de l’Immaculée-Conception Notre-Seigneur me fit connaître que, Par ce nouvel élan que doit prendre le culte de son divin Cœur, il ferait briller une lumière nouvelle sur le monde entier, et ces paroles de la troisième messe de Noël me pénétrèrent le cœur : Quia hodie descendit lux Magna super terram. Il me semblait voir (intérieurement) cette lumière, le Cœur de Jésus, ce soleil adorable,

qui faisait descendre ses rayons sur la terre, d’abord plus étroitement, puis s’élargissant, et enfin illuminant le monde entier. Et il dit : « De l'éclat de cette lumière les peuples et les nations seront éclairés, et de son ardeur ils seront réchauffés. » Je reconnus l’ardent désir qu’il a de voir son Cœur adorable de plus en plus glorifié et connu, et de répandre ses dons et ses bénédictions sur le monde entier. Et il choisit Votre Sainteté, prolongeant vos jours, afin que vous puissiez lui rendre cet honneur, consoler son Cœur outragé et attirér sur votre âme les grâces de choix qui sortent de ce divin Cœur, cette source de toutes les grâces, ce lieu de paix et de bonheur. Je me sens indigne de communiquer tout cela à Votre Sainteté ; mais Notre-Seigneur, après m'avoir de plus en plus pénétrée de ma misère et m’avoir fait renouveler le sacrifice de moi-même comme victime et épouse de son Cœur, acceptant volontiers toute espèce de souffrances, d’humiliations et de mépris, me donna l’ordre strict d'écrire de nouveau sur ce sujet à Votre Sainteté. »

€ On pourrait trouver étrange que Notre- Seigneur demande cette consécration du monde entier et ne se contente pas de la consécration de l’Eglise catholique. Mais son désir de régner, d’être aimé et glorifié, et d’embrasser tous les cœurs de son amour et de sa miséricorde, est si ardent, qu’il vaut que Votre Sainteté lui offre les cœurs de tous ceux qui par le Saint Baptême lui appartien-

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