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elle pas encore aujourd’hui de son cœur et de ses lèvres pour dire à tous les hommes que la flamme de son amour ne s’est pas attiédie, et que son Cœur veut à tout prix vaincre toutes les résistances, toutes les ingratitudes, toutes les froideurs, et se faire aimer de ceux qu’il a tant aimés lui-même ?
Nous pouvons l’affirmer, il n’y a rien d’exagéré dans tout ce qui vient d’être dit.
Pour nous en convaincre, relisons l’histoire du Cœur de Jésus.
Article IV.— Les vocations dans notre pays
Il y a un fait qui s'impose à la pensée de tout observateur soucieux des intérêts des âmes. Dans notre province de Québec, l'instruction .est entre les mains des prêtres, des religieux et des religieuses ; partout le curé est continuellement en contact avec le peuple et son champ d’action n’est pas tellement vaste qu’il ne puisse connaître toutes les brebis qui lui sont confiées et s'occuper de chacune d’elles, car en moyenne il y a ici un prêtre par 600 fidèles (communiants et non communiants). Cependant,
cipite en flots impétueux sans un moment d'intervalle... Quelque soit notre désir de nous unir à lui, il souhaite infiniment plus de s’unir à nous. Quelle lumière cela jette sur les paroles de Jésus attaché à la croix ! Ce n’était pas seulement la soif humaine qui arrachait à Notre-Seigneur mourant ce cri terrible : Sitio ; il n’éprouvait pas seulement la suif d’un homme à l’a onie, lorsque ses veines perdaient tout leur sang : c'était [a soif de la divinité pour les âmes. C'était le violent désir de notre Père céleste soupirant pour l’union avec ,ses enfants et nous apprenant comment son éternel ge ré avait soif de nous, ainsi qu’un homme aspire dans un désert de sable aux fontaines d’eau vive. DaLaarens, La sainte Communion, vol. I, p. 131.
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dans notre province même on demande un plus grand nombre de prêtres.
Nous savons, par exemple, que dans un seul diocèse de notre province, 50 prêtres pourraient imuiédiatement trouver de l’emploi. Des besoins presque aussi grands se font sentir dans d’autres diocèses, tant il y a d'œuvres à fonder ou à promouvoir.
Les vastes plaines de l’Ouest réclament, elles aussi, des ouvriers et ils ne se présentent pas en assez grand nombre.
Des cris de détresse ne se font-ils pas entendre également de la part de nos frères qui remplissent les grands centres de l’Union américaine ? Souvent, ils s’adressent ici, et nos évêques sont obligés de répondre aux demandes qui leur sont faites:
« Nous n’avons pas de prêtres à vous envoyer, nous en avons à peine suffisamment pour nous.» Les rangs des apôtres ont toujours des vides, pendant que ceux des professions libérales sont remplis avec quasi surabondance par les élèves qui sortent de nos 20 collèges classiques. Encore, combien de paroisses qui ne fournissent pas au sémiraire diocésain un nombre convenable d’élèves et qui, par conséquent, ne donnent pas à l’Église le nombre de sujets qu'elles devraient donner normalement.
Nous avons besoin non-seulement de prêtres, m&is encore de religieux et de religieuses. Un supérieur de communauté aurait besoin de 300 religieux, d''ait-on dernièrement devant moi. (Combien de fois nos communautés enseignantes sont-
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elles obligées, faute de sujets, de refuser la fondation de maison dans des endroits où le besoin est Pressant, et cela, même au milieu de nous. C'est assez pour faire comprendre qu’il y a place dans notre pays pour toutes les nobles ambitions d'activité et de dévouement. Inutile d'insister davantage.
Si maintenant l’on jette un coup d'œil sur le nombre entier, c'est le spectacle navrant de mille millions d'hommes qui attendent des missionnaires et des prêtres, ce sont les voix suppliantes des missionnaires lointains qui nous demandent des cœurs , ‘néreux pour aller les remplacer, ou soutenir leur œuvre et faire des moissons abondantes.
Or, je le den.ande, d'où viendront les prêtres nécessaires à nos diocèses, aux paroisses et missions de l'Ouest, à nos frères de la Nouvelle-Angleterre, s'ils ne sont nas fournis par nos collèges classiques de ja province de Québec.
A-t-on réfléchi que nous recevons, chqaue année, comme élèves, des enfants formés sur les genoux de mères très chrétiennes, qui souvent désirent pour leur fils la grâce du sacerdoce et prient pour cela ; ces enfants eux-mêmes arrivent au collège avec ces saintes ar ‘ons, et après quelques années, ils oneucent ailleurs leur vie. Il doit y avoir dans tout cela un point faible quelque part, car ce sont ces enfants qui devraient être prêtres et missionnaires.
De plus, nos collèges ont été fondés avec cette intention première de pourvoir aux besoins de l’Église en lui fournissant les prêtres dont elle peut avoir besoin. C’est par la force des circonstances qu'ils ont été approuvés comme séminaires mixtes ou collèges-séminaires, mais leur destination première demeure. Et vraiment, il semble que nous pourrions faire ici un raisonnement semblable à celui que nous faisions au chapitre de la vocation religieuse et faire remarquer qu'un jeune homme, à la fin de son cours d'étude ne doit pas tant se demander s’il a des raisons pour laisser le monde et embrasser l’état ecclésiastique, que s’il a des motifs suffisants pour ne pas devenir prête selon que semble déjà l’orienter la divine Providence qui lui a donné des parents chrétiens et qui l’a conduit dans un séminaire, ou se forment les futurs ouvriers de l'Évangile.
Pour ces considérations, y aurait-il témérité de conclure que notre province devrait déverser en dehors de son territoire un plus grand nombre de prêtres et de missionnaires ? Je ne le crois pas. Mais il faut pour cela un travail de zèle et une organisation suivie.
Déjà, dans plusieurs diocèses existe l’œuvre des clercs et dans nos villes de Québec et de Montréal viennent d'être fondées une « École apostolique sacerdotale » (Québec), une ( École apostolique » et une « École sacerdotale » à Montréal. Que ce mouve-
ment se développe et il amènera d’heureux résultats.
Pourquoi nos missionnaires, portant partout dans notre pays et ailleurs, la croix et l'Évangile, ne reproduiraient-ils pas ce que font les missionnaires d’une grande nation, qui est encore notre modèle à ce point de vue, et ne seraient-ils pas eux aussi des instruments de l’expansion française et catholique. «)
L’Apôtre saint Paul disait à ses chers Corinthiens (II Cor., V, 14, 15) : « Parce que l’amour de Jésus-Christ nous presse, considérant que si un seul est mort pour tous, donc tous sont morts. Or Jésus- Christ est mort pour tous, afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et qui est ressuscité pour eux.» Se rappelant ces paroles, les plaintes et les souffrances de Jésus, les efforts de Pie X pour restaurer le monde par la pratique de la communion fréquente et quotidienne, et les besoins de vocations pour faire connaître l’amour qui n’est pas aimé, le prêtre qui descend de l’autel du sacrifice, pourrait-il faire, au cours de son action de grâces, une prière plus agréable à Jésus que celle-ci : Sacré-Cœur eucharistique
(1) Les missionnaires « les plus hardis, les plus gais, les plus entreprenants, les plus féconds » viennent de France disait Pie IX. De nos jours le diocèse de Nantes à près de 200 prêtres dans les missions ; celui de Rodez, près de 300 ; celui de Lyon, 80 : celui de Besançon, 50, et celui de Gap, 40. (Mgr Gihier, Apostolat opportun, p. 209). En France, les contributions pour les œuvres des mission. naires s’élevaient l’an dernier, à $590,000, c’est plus qu'aucun autre pays.
de Jésus, je vous offre, par le C'œur Immaculé de Marie, le sacrifice de ma vie pour le triomphe de votre amour, pour la diffusion de la communion fréquente et quotidienne, et pour la multiplication des vocations religieuses et sacerdotales. Ce serait là l'intelligence pratique de cette parole déjà citée : Et nos debemus pro fratribus animam ponere.