PRÉLIMIN AIRES
a) Douies pritiques
Plusieur: ex princip 2s que nous venons d'établir en pariaut de la vocationprédestination, et de la vocation-attrait s'appliquent à la vocation religieuse. Pour nous rapprocher, autant que possible de la pratique tout en nous efforçant d'exposer la théorie, rappelons un cas qui se présente souvent et qui nous aidera à procéder avec plus de clarté.
Souvent celui qui se voue à l’œuvre du recrutement des vocations religieuses est en présence de deux proupes d’âmes qui le mettent dans l’hésitation et l’embarras — Les unes lui font connaître spontanément qu’elles ont des velléités de se consacrer à Dieu, un attrait faible et lointain qui les empêche de se plaire dans le monde, mais qui n’est pas encore assez fort pour leur faire prendre une résolution généreuse et définitive et les conduire dans un couvent, lieu où l’on peut prier beaucoup et trouver la paix de -’âme. — Les autres, âmes encore dans l’épanouissement de la jeunesse, n’ont pas été flétries, ou du moins ne l’ont pas été profondément, par les faiblesses qui accompagnent quelquefois l’entrée dans la vie. Ne sentant pas des attraits bien
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accentués pour le monde, elles semblent plutôt faites pour cultiver les sentiments les plus nobles, pour pratiquer les vertus conseillées dans l’Evangile : même leur tempérament physique semble les disposer et les orienter vers la vie religieuse. Cependant le directeur et confesseur n’a encore reçu de leur part aucune confidence pour lui faire croire que la grâce a commencé à les préparer pour une décision assez prochaine.
Que va faire le prêtre obligé de diriger ces âmes ? Cette question qu’il se pose luimême, le jette et le tient dans une inquiétude persistante qu’il ne réussit pas à faire cesser. — Cette âme qui est sollicitée à laisser le monde, est-elle vraiment appelée par Dieu à la pratique des conseils évangéliques ? ses dispositions sont-elles suffisantes pour lui permettre d’aller, en toute confiance, frapper à la porte d’un couvent ?
que dois-je lui conseiller ? elle attend de moi, elle me demande la lumière. — Cette autre a toutes les aptitudes nécessaires pour entrer en religion, mais elle n’y pense pas... Cependant, il me semble que si elle connaissait les avantages de cet état, elle consentirait facilement à laisser le monde, et je suis bien porté à croire qu’elle serait heureuse en religion ; puis-je lui conseiller d’entrer ? Telles sont parfois les anxiétés d’un directeur d’âmes.
Or, il arrive que cette personne qui a déjà manifesté des signes de vocations, continue à hésiter, et son directeur de même. Si,
dans la suite, des signes particuliers et évidents n’apparaissent pas, elle ne se croit pas capable d’entrer en religion, et, définitivement, elle fixe son sort dans le monde.— L'autre n’a jamais parlé de vie religieuse ; et, le confesseur n’osant pas la lui proposer, après avoir présenté des espérances fondées à celui qui la connaissait, elle finit aussi par rester dans le monde. Une tele manière d’agir fait évidemment perdre des vocations religieuses.
Pour bien faire comprendre quelle direction un confesseur peut et doit donner dans de semblables circonstances, disons d’abord en quoi consiste la vocation religieuse.
b) Vraie notion de la vocation religieuse
Que signifie pour une jeune fille ou un jeune homme, vivant dans le monde, cette question : quelle est ma vocation ? à quel état de vie Dieu m’appelle-t-il ?
D'abord, chercher sa vocation, ce n’est
pas -ver de savoir s’il y a un décret de Dic. rédestine à tel état. Ce décret exisu .us l'avons vu, mais il appartient
à l’ordre de l’intention que nous ne pouvons pas scruter. Il faut absolument cesser de regarder de ce côté. Combien d’âmes se sont tourmentées par cette question de destinée ou de prédestination, et qui après bien des hésitations, sont restées dans l’état de vie commune parcequ’elles ont eu peur d'êt: …alhenreuses. Elles ont été irfluencées mar la lecture de « Manuels » qui se plais « it à comparer la vis de l’homme à la
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course des astres et au mouvement des engrenages ; choses déplorables, nous l’avons vu.
Non, comprenons-le bien, et surtout faisons-le bien com rendre aux intéressés, la question de la vocation se pose et se résout dans l’ordre de l’exécuütion, dans l’état où nous sommes et de la manière suivante.
A l'entrée de la vie, l’homme doit faire un choix en vue de son éternité Il a devant lui l’état de vie commun:, constitué par les préceptes et qui est un moyen d’»-quérir la charité essentielle, sans laquelle on ne peut pas se sauver, Mais il a aussi, comme objet de son choix, l’état de perfection, constitué par les conseils évangéliques, ® qui exclut ce qui pourrait s’opposer à ce que l’Âme se livre complètement à Dieu, qui est un moyen plus sûr et plus facile pour acquérir et augmenter la charité essentielle et même arriver à la posséder à un dégré marqué de perfection.
Ce dernier état ne se distingue de celui de la vie chrétienne ordinaire que par les moyens de renoncement qu’il pratique :; sa fin est la même : seulement l’âme y trouve une plus grande assurance de son salut, et cet état est proposé par Notre-Seigneur à tous ceux qui ie veulent embrasser.
. (1) Ne pas oublier que si l’état de perfection est constitué par les conseils, la perfection elle-même réside essentiellement dans les préceptes et non dans les conseils (2a, 2æ, q. 184, a. 3).
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