‹ Pour votre ministère [microforme]Chapitre 7 sur 26 · ZE · texte numérisé non relu

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Que faut-il, en effet, pour entrer dans l’état de perfection ? Le vouloir et n’être pas retenu par un empêchement canonique.

Le vouloir, c’est-à-dire, vouloir aimer Dieu d’une manière de plus en plus p‘rfaite en éloignant les obstacles qui s'opposent au progrès dans l’amour. Dieu n’a impoxé de limites à personne dans la voie de la perfection. Au contraire, c’est pour tous qu’il a dit : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mat. V, 48. C'est un pêche que d'empêcher, sans raisons, quelqu’un de marcher dans la voie de la perfection.

Dieu n’a défendu à personne de se dévouer au bien de ses frères, par la prière continuelle, dans les missions ou dans l’enseignement, car à tous il a dit : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés moimême (Joan. XV, 12), partant, jusqu’à tout sacrifier pour vos frères comme moimême j'ai tout sacriué. }

Le choix d’un état de vie est donc une question de volonté, d'amour de Dieu, d’esprit de détachement et de sacrifice.

Encore une fois, il ne s’agit pas de savoir s’il y a dans la pensée de Dieu un décret qui prédestine à tel état ; ce décret existe mais il est impossible de le connaitre, et partant, de ce point de vue, il ne peut être question de manquer votre vocation.

Quoi, Dieu récompense un verre d’eau froide donné en son nom, et vous pour vous assurer son amour, pour vous fortifier dans son service, pour lui gagner des âmes en

faisant connaitre son nom, vous êtes disposé à sacrifier des plaisirs légitimes, à renoncer à des jouissances permises, à vous séparer de vos parents, et vous croyez que vous pourrez ne pas être très agréable à Dieu, vous craignez que Dieu vous prive de grâces? Gardez-vous en bien, ce serait une erreur fatale et le renversement de toute la doctrine évangélique dont cette parol= du Sauveur est le résumé : « Celui qui, à cause de mon nom, aura laissé sa maison, ses frères, ses sœurs et ses champs, recevra le centuple et possèdera la vie éternelle (Mat,, 19-29).

Mais tout cela deviendra plus clair encore après que nous aurons fait la démonstration de cette vérité incontestable sur laquelle repose entièrement la véritable notion de la vocation religieuse : To s les hommes sont invités à suivre Jésus dans la pratique des conseils évangéliques.

Article II. — Les Conseils Évangéliques

Nous allons rappeler ici une doctrine qui, sans doute, n’est pas inconnue à un grand nombre puisqu’elle est, selon le P. Vermeersch, la doctrine traditionnelle puisée dans l’Evangile, les Pères de l'Eglise et les principaux théologiens catholiques. Cependant, il faut bien avouer qu’elle n’est pas répandue autant qu’elle devrait l'être.

Voici la question. Est-il vrai qu'il n’est pas nécessaire d’avoir des signes particuliers de vocation pour entrer en religion, et que quiconque n'ayant aucun empêchement,

soit de droit naturel, soit de droit ecclésiastique, peut, s’il le veut sincérement, entrer en religion, certain que l’état religieux, choisi librement, sera présciément l’état dans lequel Dieu le veut, et que, par conséanent, il pet cesser de se demander avec inquiétude, même parfois avec angoisse :

Dieu me veut-il dans cet état? Oh, si je savais, si j'étais certain... ! En d’autres termes, est-il vrai que dans bien des circonstanres l’homme est libre de choisir son état de vie? Ou bien encore pouvons-nous dire que Notre-Seigneur invite tous les chrétiens à le suivre dans la pratique des conseils évangéliques, et que cette invitation « assure, à tous ceux qui ont le courage de s’y rendre, les grâces nécessaires et même surabondantes pour y faire plus facilement et plus sûrement leur salut ? »

Nous pensons qu’il faut répondre afürmativement à cette question et nous donnons quelques-unes des raisons qui peuvent être invoquées en faveur de cette réponse. (1

(1) Nous considérons comme certains les points suivants :

a) L'institution de l’état religieux par Jésus-Christ luimême dans les passages où il donne les conseils évangéliques. « Hæc est sententia omnium Catholicorum recte sententium », dit Suarez (De relig., t. 3, tr. 7, 1. 3, ce. 2, n. 3). Notre-Seigneur exhorte à Îa pratique des consei évangéliques en s’y obligeant par vœu. En effet, quelqu'un ourrait dire que, par ces textes, Notre-Seigneur invite tous es hommes à la perfection, chacun selon son état, mais non à la perfection dans l’état religieux : car les vœux d’obéissance, de pauvreté et de chasteté sont de l'essence de la vie religieuse ; et dans les textes cités, Notre-Seigneur ne conseille à personne de s'engager à pratiquer la perfection en s’y obligeant vœu. Cette objection ne vaut pas. coutons saint Bernardien de Sienne nous exposant lu vraie doctrine : « Tu qui vere et pure notitiam veritatis quæris, fideliter disce quod ubi Christus consulit et com-

a) l’Écriture Sainte

a) Parlant de l’obéissance, Notre-Sei.

gneur dit (Mat. XVI, 24) : « Si quelqu'un veut venir après moi, qu’il renonce à soimême, et qu’il se charge de sa croix et qu’il me suive. » Or, qui ne le voit ? les mots {si quelqu'un » sont tout à fait généraux et n'excluent personne. Ces paroles s’adres sent à l'univers entier, elles sont dites pour tous, dit saint Jean-Chrysostôme : « si quelqu'un... femme, homme, prince, sujet, tous sont invités à entrer dans cette voie...»

b) Parlant de la pauvreté, le Sauveur dit (Mat. XIX, 29) : « Et quiconque aura quitté pour mon nom sa maison, ou ses frères, ou ses sœurs, ou son père, ou sa mère, ou sa femme, ou ses enfants, ou ses terres, en recevra le centuple, et aura pour héritage la vie éternelle ». Ici encore le terme « quiconque » est universel et n'exclut personne.

c) Enfin la chasteté, n’est pas recommandée en termes moins généraux (I Cor.

VII, 17) : « Car je voudrais que vous fussiez tous comme moi ; mais chacun à son don

mendat assumptionem evangelicorum consiliorum propter perfectionis amorem semper intelligit et satis innuit illa assumenda esse sub voto, Nam, Mat. XIX, dans consi. lium de paupertate, ait : « Si vis perfectus esse, vade, et vende omnia quæ babes »... Non enim perfecte reliquit omnia qui sibi retinuit, litentiam re illa ; quod satis aperte patet. Item in eo Mat. XIX, tribuens cons lium de castitate, ait : « Sunt eunuchi qui se castraverunt propter regnum cœlorum.» .Sed manifeste patet quod non se perfecte castravit qui sibi retinuit facultatem nubendi, Mat. quoque XVI, dans consilium de perfecta obedientia, ait: « ar vult venire post me, abneget semetipsum »... Quis dubitat quod qui, = potuit, libertati suæ non renuntiaverit, perfecte libertatem suam non abnegavit ? Nec insuper perfecte sequitur Cbristum qui hanc sequeiom, seu subjectionem, ac discipulatum voto non est professus.»

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particulier, selon qu’il le reçoit de Dieu, l’un d’une manière, l’autre d’une autre...

Que chacun se conduise selon le don particulier qu’il a reçu du Seigneur et selon l’état dans lequel Dieu l’a appelé ».

Nous croyons utile de reproduire ici, en grande partie le commentaire de Corneille Lapierre sur ce texte : « Je voudrais, dit saint Paul, que tous fussent comme moi, c’est-à-dire vivant dans le célibat ; mais chacun a reçu de Dieu le don qui lui est propre c’est-à-dire le don de la chasteté conjugale, ou bien celui de la virginité, ou encore celui de la chasteté des veuves. (Ce mot «don de Dieu » peut signifier deux choses : pre- ‘ mièrement, l’état lui-même, c’est-à-dire le mariage, le célibat, et l’état religieux. Ces états sont un don de Dieu, en ce sens que Dieu les a tous établis par lui-même, ou par l’Eglise, et qu’il offre et donne ces états à ceux qui veulent les embrasser. Et ainsi, ce don propre à chacun des fidèles lui vient, en partie, de Dieu qui a établi l’état, et en partie, de la volonté de l’homme qui l’a choisi.

« Il est bien vrai que Dieu inspire quelquefois à telle personne en particulier le désir du célibat, et à une autre, la résolution de se marier, comme il arrive dans le cas où une reine peut, en embrassant le mariage, avoir des enfants vertueux, qui rendront de grands services à l'Eglise et à l’Etat.

Mais Dieu ne fait pas toujours ainsi ; souvent 1 laisse tout à fait à la liberté d’un grand

nombre le choix du mariage ou du célibat.

Si tel homme en particulier est dans tel état (le mariage par exemple), à proprement parler, cela vient souvent du choix libre qu’il en a fait. On peut dire cependant que le don qui lui est propre (l’état qu'il a embrassé), vient de Dieu, mais seulement en ce sens que Dieu, qui gouverne tout par sa providence générale, dirige chaque homme par l'intermédiaire des parents, des compagnies, des confesseurs, des maitres et d’autres occasions, qui font que l’un embrasse le mariage et l’autre un autre état, mais cela librement ; car toute cette direction laisse l’homme libre.

« Remarquez donc que l’Apôtre aurait pu enseigner que chacun a l'état de vie qu’il a bien voulu embrasser ; il a mieux aimé dire que chacun tient de Dieu le don qui lui est propre ; car il veut consoler les époux.

Il craint que quelqu’un d’entre eux ne se tourmente et ne se dise : L’Apôtre voudrait que nous fussions tous dans le célibat comme lui ; et, moi malheureux que je suis, je me suis marié ; et c’est bien par ma faute que je me suis privé du grand bien du célibat, et que je me suis jeté dans les peines du mariage. C’est ,en effet, le propre des âmes faibles et affligées de se décourager, quand elles rencontrent des peines dans leur état.

En pensant qu’elles auraient pu se les épargner, elles se tourmentent inutilement.

Pour chasser ces regrets inutiles, saint Paul leur dit que leur état est un don de Dieu, dans le sens que nous venons d'expliquer,

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afin que chacun vive en paix dans sa condition, la regardant comme un bienfait du Dieu qui l’a établie, et cherchant à s’y sanctifier avec joie et actions de grâces.

« En second lieu, on peut entendre par ces mots, — « don de Dieu » — que saint Paul applique aux états de vie chrétienne, la grâce propre à chacun de ces états.

Pour vivre dans la fidélité conjugale, les époux ont besoin d’une grâce ; une autre grâce est nécessaire aux vierges pour pratiquer la virginité ; et cette grâce propre à chaque état vient formellement de Dieu ; parce que, supposé que vous ayez choisi un état déterminé, le célibat par exemple, Dieu n'ayant pas voulu prescrire à chaque homme l'état qu’il doit embrasser, et lui laissant libre choix à cet égard, comme dans beaucoup d’autres déterminations à prendre, il est de la sagesse de la Providence, dès que l’homme a fait son choix, de ne pas l’abandonner et de lui donner la grâce nécessaire pour vivre chrétiennement dans l’état qu’il s’est choisi. Dieu et la nature, en effet, ne nous font pas défaut dans les choses nécessaires, surtout puisque Dieu veut que tous les hommes soient sauvés (Tim. 2, 4), selon la parole de l’Apôtre, et cela dans quelque état qu’ils soient ; conséquemment, Dieu leur fournit à tous les moyens nécessaires au salut, et, s'ils veulent user de ces secours, ils peuvent vivre saintement et se sauver...

« Entendus dans ce sens, les paroles de l’Apôtre, — Chacun a de Dieu le don qui lui est propre — signifient : pourvu que,)

par suite de circonstances accidentelles, vous ne soyez pas obligé d’embrasser un état déterminé), choisissez-vous l'état que vous voudrez, et Dieu vous donnera la grâce propre et convenable à cet état, afin que vous y viviez saintement. C’est là le sentiment de saint Ambroise, et c’est là aussi ce que l’Apôtre a directement en vue, comme il est évident par ces paroles : « Mais je voudrais que tous fussent comme moi. »

C’est comme s’il disait : J'ai accordé aux époux le mariage, je ne l’&: pas commandé, je voudrais même que tous pratiquassent la chasteté parfaite ; mais chacun a de Dieu le don qui lui est propre, qu’il en profite ; c’est-à-dire que celui qui a la grâce de la chasteté des vierges ou des veuves la reçoive comme un don de Dieu ; que l’époux qui a reçu la chasteté conjugale, et qui se conduit dans le mariage conformément à la loi divine, reçoive cette grâce comme un don du ciel ; que ce don serve à le consoler et à le faire vivre en paix.

€ D'où il suit : 1° que Dieu donne aux religieux, même aux religieux apostats, le don et la grâce suffisante pour vivre dans la chasteté, s'ils le veulent, c’est-à-dire s'ils prient, s'ils pratiquent le jeûne, s’ils s’adonnent à de pieuses lectures, au travail et à de continuelles occupations...

€ Il s’en suit : 2° que si quelqu’un change l’état dans lequel il vit contre un état meilleur, Dieu lui donne un don plus excellent, et la grâce plus grande qui convient à ce nouvel état...

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« Il faut bien remarquer qu'il y a a diverses sortes de dons de Dieu. Les uns viennent entièrement de lui : tels sont, dans l'ordre de la nature, le jugement, la mémoire, un bon caractère : et, dans l’ordre de la grâce, toutes les vertus infuses dans l’âme par Dieu, comme la foi, l'espérance et la charité, telles qu’elles sont données par le baptême à un enfant qui vieat de naître.

« Il y a d’autres dons de Dieu, qui viennent de lui, à la vérité, mais qui ont besoin pour leur effet de notre coopération : c’est ainsi que les bonnes inspirations sont des dons de Dieu ; c'est ainsi que les bonnes œuvres et les actes de toute vertu sont des dons de Dieu, parce que Dieu donne pour les faire une grâce prévenante et une grâce coopérante, mais de telle sorte pourtant que Dieu veut que l’homme produise ces actes librement, et qu'il soit en son pouvoir de les faires ou de ne les pas faire. Le don de la chasteté est dans cette seconde catégorie, et c’est en ce sens que l’Apôtre, l’appelle un don de Dieu.

« Dans ceux qui ont l'habitude de garder la chasteté parfaite, le don de chasteté n’est autre chose que cette habitude même. Et dans ceux qui n’ont pas cette habitude, ce don est un secours suffisant de grâce tant intérieure qu’extérieure, préparée par Dieu pour chaque homme ; de telle sorte que chaque homme peut être chaste, s’il veut user de ce secours. De ce que Jésus-Christ a donné à tous le conseil du célibat, il résulte

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qu'il a préparé, et est prêt à donner à chacun la grâce nécessaire pour le pratiquer ; car on ne conseille pas à l’homme ce qui lui est impossible, et le célibat est impossible à l’homme dans la grâce, S'il est prêt à donner à tout homme la grâce de la chasteté virginale, à plus forte raison l'est-il à donner la grâce de la chasteté conjugale. Tout homme a donc le don propre, c'est-à-dire la grâce propre à son état, « in actu primo », en ce sens qu'il peut l'obtenir, et que Dieu la lui a préparée ; et il aura cette grâce «in actu secundo », c'est-à-dire, qu'il sera vraiment prévenu et assisté de cette grâce dans ses actes, s’il veut prier sérieusement et constamment Dieu de lui donner le secours préparé, et s’il veut généreusement coopérer à la grâce que Dieu lui fournira.»

(1) Pour avoir toute la doctrine du savant Corneille pierre sur cette question, il faut encore lire son commentaire sur le texte de saint Mathieu (x1x, 12) : unt eunuchi qui seipsos castraverunt propter regnum cœlorum. Qui test capere, capiat. Commentant ce texte, Corneille Pistes a écrit: Hæc enim verba : Quipotest capere, capiat, hortantis et animantis ad cælibatum, ait Hyeronimus et Chrysostomus, ac proinde significat illum a Christo consuli, ideo eumdem esse in nostro arbitrio et potestate, si gratiam Dei invocare, illique strenue cooperari velimus. ec obstat quod dicit : « Qui potest : » hoc enim significat dumtaxat cœlibatum esse rem arduam, quasi diceret : Qui vult sibi vim inferre, qui vult libidini generose resistere, qui vult ad arduum continentiæ culmen conscendere, ille eamdem amplectatur, capiat et capessat. Omnes ergo fideles habent potestatem non proximaim, sed remotam ad continendum.

. Mais il y a le verset II : Non omnes capiunt verbum istud, sed quibus datum est. Corneille Lapierre nous explique ce verset. Licet non omnes fideles habeant donum Continentiæ, quo actu contineant, sicut non omnes justi habent donum perseverantiæ, quo actu in justitia perseverent ; tamen sicut omnes justi habent donum persevefantiæ quo in Dei pu perseverare possint, si velint ; sic pariter omnes fideles habent donum continentiæ in actu primo, quo possint continere, si velint ; si videlicet vires

= b) Les Pères de l’Église

Lisons maintenant ce qu'ont écrit les Pères de l’Eglise sur cette question. Je les cite surtout d’après Damanet.

« Que celui qui. veut comprendre la parole du Seigneur sur la chasteté, dit Origène, eu demande l'intelligence avec foi en celui qui l’a prononcée, et alors il verra l'effet de la promesse : Qui demande reçoit »

« Cette grâce a été donnée à ceux qui l’ont demandée, qui l’ont voulue, qui ont travaillé pour l’acquérir, dit saint Jérôme ; car on donnera à celui qui demande, celui qui cherchera trouvera, on ouvrira à celui qui frappe. »

€ Vous entendrez ces mots : quibus datum est, dit saint Grégoire de Nazianze ; joignez-y : cette grâce est accordée à ceux qui la veulent et donnent leur consentement. » Le saint docteur fait voir que c’est un don de Dieu, mais un don que Dieu ne refuse pas à ceux qui le demandent, ou, comme il le dit bientôt après, qui s’en rendent dignes, qui se le donnent à eux-mêmes.

et gratiam ad continendum assiduo a Deo eflagitent, ac Dei gratiæ ad custodiam oculorum, fugam odii, macerationem carnis, etc., cooperentur. Ita S. Chrysostomus, Origenes, Theophylactus, Euthymius, et Hieronimus hic, S, = ustinus (in Ps. 137), S. Ambrosius (Lib. 3, de vid.), Tertullianus (Lib. de Monog.), et alïi, et patet ex hoc loco. Christus enim hic, æque ac Paulus (1 or. vit) cuilibet fideli suadet et consulit continentiam : nihil autem suadetur et consulitur, nisi quod in hominis est arbitrio et potestate cum Dei gratin, quam scilicet Deus cuilibet postulanti prœæparat et offert. Secus est de dono prophetiæ, linguarum, curationum, miraculorum : hoc enim Deus non omnibus præparat et offert, sed paucis dumtaxat a se electis ad commune fidelium bonum, (Com. in Mat., c XIX, v.tiet 12.)

Il ajoute que les dispositions naturelles contribuent, il est vrai, à la chasteté, moins cependant que la volonté soutenue par la grâce.

« Le Seigneur savait, dit saint Ambroise, que la continence, conseillée à tous, serait embrassée par un petit nombre ; aussi a-t-il dit : Tous ne comprennent pas cette parole. »

« Dicu désire que tous les hommes demeurent vierges, dit saint Jean Chrysostome. Saint Paul en est témoin. Je souhaite, dit-il, que tous les hommes soient dans le même état que moi, savoir, dans l’état de continence. Toutefois, voulant nous ménager, et sachant que l'esprit est prompt mais que la chair est faible, le Sauveur n’a pas fait de son désir un précepte, il nous a laissé la liberté de choisir... Et ailleurs : Cette grâce est accordée à ceux qui veulent ; en parlant ainsi, le divin Maître fait voir que le secours d'en haut est nécessaire à celui qui entre dans cette carrière ; et ce secours est tout préparé pour quiconque veut en jouir. :

( Oui, vous me donneriez la continence, si je frappais vos oreilles des gémissements sincères de mon cœur, s'écrit saint Augustin. Dans un autre endroit il prouve expressément que cette vertu est possible à tous, d’après la doctrine du Sauveur ; ce qu’il dit en particulier pour ceux qui sont dans la nécessité de l’observer.

« Suarez cite le texte suivant de saint Basile : Il est permis à chacun, au com-

mencement de sa carrière, d’embrasser et de désirer le genre de vie vers lequel il aspire, Pourvu que ce genre de vie soit permis ; il peut librement s’engager dans le mariage ou dans la pratique du célibat.

« Ainsi les saints Pères, dont nous aurions pu multiplier les textes trouvent tous dans les paroles du Sauveur une invitation, une exhortation adressée à tous les hommes.

Ils appuient spécialement sur ce passage, Quibus datum est : ils s’acordent à y voir une simple condition attachée à toutes les bonnes œuvres de l’homme, la nécessité de la grâce, du secours d’en haut, que Dieu ne refuse pas à une pri. se bien faite. »

c) L'enseignement de l’Église

Cette explication est entièrement conforme aux enseignements de l'Eglise, Comme les pasteurs, dit le catéchisme du concile de Trente, doivent se proposer de diriger les fidèles dans la voie de la perfection et du bonheur, et désirer pour tous avec ardeur ce que l’Apôtre souhaitait aux Corinthiens, lorsqu’il leur écrivait : Je souhaite que tous les hommes soient comme moi, c’est-àdire que tous vivent dans la continence.

Aujourd’hui que le genre humain s’est étendu jusqu'aux extrémités de la terre, non seulement aucune loi n’oblige pas au mariage, mais il est plutôt recommandé de vivre dans la continence, et tous y sont exhortés dans les Saintes Ecritures ; car l’état de virginité est préférable au mariage et le surpasse en perfection et en sainteté.

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Et Léon XIII, dans son encyclique du 16 mai 1891, n’est pas moins formel : Nul doute, dit-il, que dans le choix d’un genre de vie, il ne soit loisible à chacun ou de suivre le conseil de Jésus-Christ sur la virginité ou de contracter un lieu enjugal.

Tout cela est bien d’accord avec ce texte (Eccli, XV, 14) : Dieu dès le commencement a créé l’homme, et il l’a laissé dans la main de son propre conseil.

d) Les Théologiens

Saint Thomas ne parle pas autrement.

Il se demande si le conseil donné par saint Mathieu (XIX, 21) au jeune homme : Si tu veux être parfait.. ne s’adresse qu’à ce jeune homme, ou bien s’il s’adresse à tous les hommes, et il répond : Chacun doit suivre ce conseil, absolument comme s’il était adressé par le Seigneur lui-même à chacun en particulier... Bien que s’adressant au jeune homme le Sauveur ait parlé au singulier, ailleurs cependant il s’est adressé à tous (Mat. XVI, 24) : Si quelaw’un veut venir après moi... Ainsi donc, ce conseil donné par Jésus au jeune homme, il faut le considérer comme donné à tous les hommes par le Seigneur. (Opus.« Contra retrath. hom. a relig. ingres,, ». c. IX), (la 2æ, q. 108, a. 6 ; 2a 2æ, q. 189).

Il faut donc dire que l’état religieux convient à tous, dit Passerini, et que tous peuvent y entrer, pourvu que d’aille: 3 ils soient libres des liens du mariage, où d’autres empêchements s nblables qui s’y oppo-

sent. S. Thomas nous avertit avec raison que la vie religieuse n’est pas comme l’armure de Saul qui ne convenait qu’à Saul :

mais elle est un bien qui convient à tous, et ou tout homme peut avec la grâce de Dieu, acquérir le repos éternel. (De hom.

statibus et officiis, q, 189, a, X, n. 23).

L'abbé Berthier s’est appliqué à semer cette doctrine partout dans ses excellents livres sur la vocation et dans son « Abrégé de théologie. » Voici en particulier ce qu’il dit dans son opuscule, « Quelle est ma vocation », p. 78. Après avoir rappelé, avec Corneille Lapierre, que Dieu n’a pas voulu prescrire à chaque homme le choix d'un état particulier, en le laissant libre à cet égard comme dans beaucoup d’autres déterminations à prendre et qu’il est de la sagesse de sa Providence, dès que l’homme a fait son choix, de ne pas l’abandonner, et de lui donner les grâces nécessaires pour se sauver dans l’état choisi par lui, il continue :

Théophile. — Quelle consolente et large doctrine.

Le missionnaire. — Elle est surtout pratique. L’expérience prouve que bien des jeunes gen: n’ont aucune marque particulière de vocation divine à tel ou tel autre état. Ils se trouveraient donc dans un embarras inextricable, s'ils n’étaient pas libres dans leur choix, et si, en choisissant un état librement et avec une intention droite, ils venaient à se priver des grâces que Dieu leur réserve et à compromettre

leur salut. Leurs directeurs ne seraient pas moins embarrassés qu'eux ; car quand Dieu ne manifeste pas clairement ses desseins, il n’est pas facile de les connaître.

Dans le même sens, l’abbé Berthier a encore écrit (Abrégé de Théol n. 3341) :

« Qu'on ne craigne pas, en exhortant quelqu’un à la vie religieuse, de la lui faire embrasser sans vocation ; car les parol:s d’un homme, sans un mouvement intérieur de la grâce, n’ont pas plus d'efficacité pour donner la vocation que pour procurer la conversion d’un pécheur, comme l'enseigne S. Thomas (Opus. XVII, 10). Nous sommes les aides de Dieu, soit pour la vocation, soit pour la conversion. »

(1) Il ne s’agit pas ici évidemment de pousser dans la vie religieuse une personne qui n’en aurait ni le goût, ni le ésir, et qui ne voudrait pas en remplir les obligations, c'est-à-dire qui ne serait pas inclinée à le faire ar une motion de la grâce. Saint Thomas (2a 2e, q. 189, a. 9) dit que ceux qui cages les autres à entrer en religion non seulement ne pèchent pas, mais ils méritent une grande

mpense. Il s’agit ici de la prédication extérieure, d’une exhortation qui consiste à mettre en pleine lumière les avantages de l’état religieux et à rappeler que, si vouloir suivre Jésus dans la voie du renoncement est un don de Dieu, ce don n’est pas réservé à un petit nombre, mais il est offert à tous ceux qui le demandent et sont dans les conditions pour l’obtenir. Dans l'article premier de la même question 189, saint Thomas dit: « Non sunt ex necessitate ad diffcilia cogendi antequam per Spiritum Sanctum interius ad hoc instigentur, ut difficilia propria voluntate assumant.» Mais du moment que, à la suite d'une exhortation et de conseils, .une âme éprouve cette action de la grâce, elle a la vocation dans ce sens qu’elle est mue par l'Esprit-Sain’ ; avant cela elle ne l'avait pas. Si toute bonne pensée nous vient de Dieu, à plus forte raison cette inclination vers la vie religieuse. Qu'on ne re + donc pas en exhortant quelqu'un à la vie religieuse de la lui faire embrasser sans vocation, En principe il ne faut ge retarder d'obéir, il ne faut pas résister à cette motion de l’Esprit-Saint, car s’il est vrai que Non est in bominis potestate prohibere Spiritum Sanctum (Eccli. vin), il ne faut pas oublier que | Apôtre a dit (Thess. V) :

Le P. Vermeersch, dans l’opuscule déjà cité, prouve abondamment, lui aussi, que considérée en elle-même, la voie des conseils évangéliques est proposée à tous les fidèles.

e) La raison Théologique

Il semble bien établi d’après les Saintes- Ecritures, les Pères de l'Eglise, les meilleurs commentateurs et théologiens, que l’invitation de Notre-Seigneur à la vie parfaite s’adresse à tous les hommes. — Maintenant, que nous dit la raison ? — Nous le faisions remarquer au commencement, pouvonsnous croire que Dieu refusera ses grâces à ceux qui voudront sincèrement le servir dans la pratique des conseils évangéliques en répondant à l’appel général adressé à tous les hommes sans exceptions ? Raisonnablement nous ne le pouvons pas. Il est vrai qu’un appel spécial ou une destination providentielle particulière peut se manifes-

Spiritum noli extinguere, et qu’il a reproché aux Juifs de toujours résister à l’Esprit-Saint : Vos semper Spiritui Sancto resistitis (Act. vr1). — :

our bien comprendre la si nification du mot vocation, lorsqu'il est employé our ne la motion du Saint- Esprit dans une âme, l’inclinant vers un bien meilleur, il aut se rappeler ce qui suit : Gratia actualis est ipsa libera animæ operatio prout hæc claudit habitudinem ad Deum principium et finem supernaturalem... Et sedulo notetur quod non :st dividendum realiter in homine id quod est ex gratia ab eo quod est ex libero arbitrio. Non sic, ait Angelicus (III Cont. Gent., c. 70) idem effectus causæ naturali et divinæ virtuti attribuitur, quasi partim a Deo, quasi im a naturali agente fiat, sed totus ab utroque secundum aliur modum. Sic velle bonum aliquando tribuitur Deo in SS., » sicut cum dicitur : « Deus est qui operatur in vobis velle et perficere » (Phil, 2, 13). Ali. quando autem attribuitur ipsimet voluntati : « Velle adjacet mihi » (Rom., 7, 18). Verius tamen attribui dehet et et voluntati simui: 4 Non ergo sed gratia Dei mecum » (I Cor., 15,10). (Lepicier, De Gratis},

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ter, mais cela n’est pas le cas ordinaire et de plus cela n’est pas nécessaire pour qu’une personne puisse embrasser l’état religieux.

Comment, en effet, Dieu pourrait-il donner ses grâces à ceux qui se donnent partiellement à lui et les refuser à celui qui voudrait le servir en se donnant à lui sans réserve ?

Il est bon de lire ici le commentaire des conseils évangéliques par le R. P. Auguste Damanet, S.J., dans son « Manuel pour le choix d’un état de vie : » « Les paroles du Sauveur sont explicites ; ici, comme lorsqu'il s’agit du salut, la volonté est la seule condition requise. Malgré la différence essentielle qui existe entre les préceptes qui ne soutfrent aucune délibération, et les conscils proposés aux disciples généreux, qui veulent être du nombre des parfaits, les deux phrases où le divin Maître donne la règle des deux genres de vie, de la vie commune et de la vie de perfection, sont identiques. Libre à tous de se sauver ou de se perdre, de choisir le bien ou le mal ; ».… si vous voulez, »... Si vis perfectus esse... Les termes sont les mêmes. En adressant cette parole au jeune Israélite, Jésus-Christ ne lui donne pas un conseil particulier, il lui pose une condition générale, que tout fidèle est invité à remplir, celle de vouloir : la volonté efficace est donc la seule condition nécessaire »... « Nous avons comparé plus haut les deux passages : » « Si vous voulez entrer dans la vie», « Si vous voulez être parfait. » Dans les deux cas le Seigneur s’adresse à la libre volonté de l’hom-

me ; l'invitation est différente, mais la condition est la même. S'agit-il d'observer les commandements ou de mener une vie parfaite, l’un et l’autre est possible, pourvu qu'on le veuille, On peut tout avec le secours de celui qui nous invite, et, d’après les Pères déjà cités, ce secours est tout préparé, pour quiconque veut en jouir, il est accordé aux fidèles qui le demandent.

« D'ailleurs est-il raisonnable de faire dire au Seigneur : Si vous voulez, c’est-àdire, si moi je veux : or, l'explication qui restreint à quelques élus le sens général de l'écrivain sacré : Si vous voulez être parfait, aboutirait à cette absurdité. Evidemment on ne peut pas interpréter les discours de Dieu de manière à donner un sens désiroire à ses paroles. Enfin, proportion gardée, il se passe ici quelque chose d’analogue à ce qui arrive par rapport au salut... Non que la grâce de Dieu manque à l’homme, mais l’homme manque à la grâce, et ainsi plusieurs se perdent par leur propre faute.

« Comme nous l’avons déjà dit, tous ne sont pas appelés à embrasser effectivement les conseils de l'Evangile, mais la voie est ouverte à tous, et Dieu donne à tous les fidèles la grâce de la prière, avec la quelle on peut répondre à cette invitation et recevoir un don plus parfait.

«On doit comprendre maintenant ce qu'il faut penser de certaines paroles trop souvent répétées : l’état de perfection est le partage de quelques élus ; c’est le privilège de quelques âmes choisies, Cette

assertion peut présenter deux sens différents qu’il ne faut pas confondre : si on l’entend de ceux qui suivent l'attrait divin, elle est incontestable ; mais entendue de ceux que Dieu invite à suivre le chemin des conseils, et de ceux-là même q'ii peuvent le faire s’ils le demandent. s'ils le veulent sincèrement, l’assertion n’est plus admissible : nous croyons l'avoir démontré.

« Ce que nous venons de dire sur cette matière, nous l’avons puisé dans les saints Pères et dans les écrits du docteur angélique que nous citons presque à chaque pas. Car dans un sujet si délicat, il faut se défier de soi-même et s'attacher aux enseignements des meilleurs maîtres.»

f) La solution du cas

Les témoignages cités jusqu'ici contiennent une solution au cas posé dès le commencement de cet article.

Que cette personne qui veut entrer en religion, mais qui craint que Dieu ne la veuille ailleurs, dans la prière et le recueillement, réfléchisse bien sur les grandes vérités de la religion, et qu’elle prenne une détermination. Puis quand son choix sera fait, qu’elle demeure tranquille. L’état qu’elle aura choisi sera celui dans lequel Dieu la veut, et les grâces de Dieu ne lui feront pas défaut. Si elle veut sincèrement être fidèle aux obligations de l’état religieux, elle peut entrer dans cet état sans crainte d’être un astre en dehors de sa voie, ou une roue en dehors de son engrenage.

A cette autre qui ferait un bon sujet en religion, qui a déjà des marques de vocation, mais qui ne semble pas y penser, le directeur de conscience peut, même il doit proposer la vie plus parfaite, la pratique des conseils évangéliques. C'est alors, je crois, qu'il peut se rappeler le texte de l’abbé Berthier, celui de saint Thomas et du Cathécisme du C. de Trente disant que c’est une bonne œuvre d'exhorter les autres à entrer en religion. Il peut lui parler franchement, et prier Dieu qu’il daigne éclairer cette âme et l’incliner pour son plus grand bien. Qui sait, si dans le plan providentiel, ce prêtre n'est pas l'instrument qui doit amener cette personne à des réflexions profondes et préparer une détermination généreuse. Le mot de Mgr Gay revient ici sous ma plume :

« Beaucoup d’âmes se perdent par notre timidité, c’est-à-dire parce que nous n’osons pas leur proposer la vie surnaturelle telle que Notre-Seigneur l’a instituée. »

g) Les principes et la pratique

Tout ce qui précède se rapporte à la doctrine considérée en soi. En pratique, il ne faut pas oublier ce que disent les auteurs approuvés comme Berthier (cf, Des règles à suivre dans le choix d’un état), Damanet (cf. Moyens de faire une bonne élection), saint Thomas (Ia 2æ q, 108, a. 4) : « Considérés en soi les conseils conviennent à tous, mais étant données les dispositions de quelques-uns, il arrive qu’ils ne conviennent pas à chacun. » Dans Vermeersch, le

lecteur trouvera tous les conseils pour l’application des principes énoncés dans le présent article. (C£. Opus. cit., parag. 2, p. 33, Corollaria de eorumdem principiorum prudenti usu).

Et que l'on ne craigne pas, en agissant ainsi, de dépeupler la terre au profit des cloîtres. Non, les hommes seront toujours plus empressés à courir après les biens de la terre, les plaisirs, les honneurs, qu'après la perfection évangélique ; car, selon la belle interprétation que donne Corneille Lapierre du texte de saint Mathieu (XX et XXI): «Il y a beaucoup d’appelés, mais peu d'élus », tous sont appelés à la pratique des conseils évangéliques, mais il y en a peu qui ont le couruge de se rendre à cette invitation du Sauveur adressée à tous les hommes sans exception. Vermeersch (p. 9) donne la raison de ceci en faisant remarquer que la grâce efficace n’est pas la même pour tous les hommes et fait que l’un plutôt que l’autre désire la sainteté et embrasse la voie des conseils.

h) Craintes inutiles

Je termine en faisant encore deux citations. Saint Jean Chrysostome prévient une objection : « Voulez-vous connaître la volonté de Paul? Je désire que tous les hommes soient comme moi, dit-il, dans l'état de continence vous voulez que personne ne se marie ? Telle n’est pas ma pensée, je n'empêche pas, je ne blâme pas ceux qui veulent se marier, mais j’ai dit, pour

ne PRE

me PE ft étestes Mes ingates chers pe TBE,

montrer quel est mon désir, que c'est un ien pour l’homme de se passer de femme.

Saint Augustin (De bono viduitatis) écrit ce qui suit : « Que vos paroles aussi bien que vos exemples attirent sur vos traces un grand nombre d'âmes, et que ce zèle que vous mettez à vous faire des imitateurs ne se refroidisse pas devant les plaintes de quelques hommes vains et légers. Comment, disent-ils, pourra se perpétuer le genre humain, si tout le monde vit dans la continence ? Comme si la seule raison de l'existence du siècle présent n'était pas l'aecomplissement de ce nombre de saints que Dieu a prédestinés ; et comme si, ce nombre une fois comblé, la fin du temps ne devait pas suivre immédiatement.

« Une autre objection qui ne doit pas non plus ralentir votre ardeur à rendre les autres participants de votre heureux sort, est celle-ci : Le mariage étant aussi un bien, ne s'en suit-il pas, si tous vivent dans la continence, qu'en ne trouvera plus dans le corps mystique de Jésus-Christ tous les biers, les moindres comme les plus grands ?

Mais d'abord, quand vous tâc: -riez de persuader à tout le monde !a continence, alors même peu l'embrasseraient. Car tous ne saisissent pas le sens de cette parole. Mais puisque l'écriture dit : qui peut comprendre comp-en: … ceux qui peuvent la comprendront, si on ne néglige pas de la faire entendre à ceux qui ne la comprennent pas. Eusuite ii ne faut pas appréhender que tous la comprennent ; car,

fiston Étant à EEE

supposé que cela arrivé! «t que tous vécrs sent dans la continence, nous devrions croi: v que c’est un effet de la prédestination divine et que le mariage a porté des fruits suffisants dans ce grand nombre de membres de Jésus- Christ qui ont déjà quitté cette vie. »

î) Conclusion

Notre-Seigneur invite donc tous les hommes sans exception, à le suivre dans la pratique des conseils évangéliques, et cette invitation assure à tous ceux qui ont le courage de s’y rendre les grâces nécessaires ei même surabondantes pour y faire plus surement et plus facilement leur salut. (” Un appel spécial n’est pas requis. Mais il y a plus que cela encore.

Puisque les conseils évangéliques sont adressés à tous les hommes, décider sa voca-

{D « En résumé, les états de vie ont ceci de commun qu'ils sont tous proposés au libre choix des hommes, qui

euvent se porter vers tel ou tel selon leurs préférences égitimes, sûrs d'être toujours dans un état voulu de Dieu et d'y trouver les grâces nécessaires et abondantes pour se sauver.

, Mais parmi ces états de vie, certains sont de pleinpied : l’on peut non seulement s'y ps mais encore FA entrer sans aucune formalité juridique. D'autres sont ermés par une barrière et monopolisés entre les mains d’une autorité prépesie aux ap d'admission : se sont les états réservés. Les une réservés d'autorité purement civile et admiistrés par les Supérieurs qui reçoivent mission des chefs de l’État civil : armée, magistrature, etc en général, les états qui ont plus spécialement pour objet le bien commun. plus que le bien de l’indiviau,

Les autres, réservés d'autorité ecclésiastique : ce sont les divers ordres religieux. Là, les Supérieurs qui appellent tiennent leurs fonetions de | Église et médiatement de

ieu.

Un état enfin, est réservé d'autorité divine : là, les

Supérieurs r- directement de Dieu mission d'apcier et d’ o+ mn le -snmdidnss qu'ils jugent ignes ; : 35).

— fé —

tion, faire le choix d’un état de vie ne consiste donc pas précisement à se demander si l’on doit quitter le monde pour entrer en religion, mais plutôt à chercher si l’on a des raisons suffisantes, pour renoncer à suivre Jésus dans la pratique des conseils, pour rester dans l’état de vie commune.

Cette conclusion peut surprendre tout d’abord, mais elle découle logiquement de la saine doctrine. Saint Ignace n’a-t-il pas dit : «Il faut plus de marques pour décider que Dieu veut qu’un homme reste dans un état où il suffit d'observer les commandements, que pour croire cet homme appelé à suivre la voie des conseils, car Notre-Seigneur a très ouvertement exhorté à la pratique des conseils (Direct. c. 22, 4) ; et Suarez n’a-t-il pas aussi écrit (L. v, ce, 8, 2): « Chacun doit penser que l’état religieux lui convient, à moins qu’il n’ait acquis la certitude du contraire, ou par des raisons sûres, ou par l’expérience. »

Que penser maintenant du confesseur qui donnerait comme direction à un jeune homme ou à une jeune fille qui le consulte et lui manifeste son intention de se consacrer à Dieu : « Tu ne t’es jamais amusé, tu ne connais pas le monde ? Eh, bien...

va, fais -toi des amis, cherche à t’amuser autant que tu pourras, et puis dans quelques mois tu reviendras me voir. » N’estelle pas également fausse et nuisible au recrutement des vocations la direction du confesseur qui dirait : « Vous sentez-vous assez de générosité pour vous dévouer dans

mu FE —

la vie conjugale ? si oui, allez sans crainte, ne pensez pas à la vie religieuse. » Il y a des détails, des nuances de pratique que l’on ne peut saisir que dans une étude approfondie de la saine doctrine.

Le confesseur qui, selon la doctrine du Catéchisme romain, désire avec ardeur pour tous ceux qui lui sont confiés, le bien supérieur d’une vie plus parfaite et plus heureuse, agit autrement. Il ne craint pas de proposer, prudemment, la voie des conseils, et surtout il se garde bien d'en détourner ceux qui commencent à éprouver les mouvements de la grâce.

Les Moyens

Chap. I. — La prière «

La prière est une arme puissante que Dieu, dans sa bonté, a mise entre nos mains. Son efficacité n’a pas de bornes, le Sauveur lui-même l’a déclaré : Et quoi que vous demandiez à mon Père en mon nom, je le ferai (Jean, XIV, 13). Cette efficacité de

1) Le Père Lhoumeau (La vie spirituelle à l'école du B. .G. de Monfort, p. 248) nous fait es que l’on a trop souvent confondu la valeur méritoire de la prière avec la force ou vertu d’impétration, qui est le fruit propre de la prière et ne peut être dit du mérite qu’au sens large. La valeur, en effet, c'est le prix ou le mérite d’un acte, auquel correspond une rétribution : ici la justice est plus ou moins en cause, selon qu'il s’agit du mérite rigoureux ou de celui de convenance. Quant à la prière, elle peut être, ilest vrai, considérée comme une bonne œuvre ; et, à ce titre, elle

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la prière est, comme cause seconde, exécutrice de l’ordre de la Providence. Elle entre dans le plan providentiel avec des effets déterminés qu’elle produit d’une efticacité propre : Il accomplira la volonté de ceux qui le craignent ; il exaucera leurs prières et il les sauvera (Ps. 144, 19). — Celui qui demande reçoit, celui qui cherche . trouve (Matt., VII, 8).

Or, ces prières que nous faisons ne nous obtiennent pas seulement les choses qui dépendent immédiatement de Dieu, mais aussi un grand nombre d’autres qui sont en relation immédiate de causalité avec les divers agents naturels. Il est vrai que ces agents naturels sont déterminés ad unum et produisent nécessairement leurs effets, cependant la prière les =: ‘-° les oriente selon les fins que nous demaudons, et cela dans deux cas.

Dieu peut par un miracle changer l’ordre de la nature et accorder à la prière un effet qui se trouve en dehors de cet ordre. De

aussi a sa valeur ou son mérite, soit rigoureux, soit de convenance ; mais envisagée comme demande, elle n’a pas à proprement parler une valeur, c'est plutôt une force ou une vertu d'impétration. Je n’obtiens pas, en eifet, parce que mon action est méritoire, mais parce que je demande au nom de Jésus-Christ dont la promesse et les mérites donnent force à ma prière. En priant je ne m'adresse pas à la justice, mais à la bonté de Dieu. De là vient que l'impétration et le mérite sont séparables. Les saints, par exemple, dans le ciel, prient et obtiennent, bien qu'ils ne puissent ni mériter ni satisfaire. Plus loin, il fait remar-

uer que si nous pouvon- renoncer à toute la valeur satisactoire de nos œuvres en faveur du prochain, nous ne pouvons pas renoncer à la valeur impétratoire de toutes nos œuvres bonnes : car, cette valeur, au moins en partie, nous est nécessaire pour notre salut et notre sanctification selon la volonté divine,

toute éternité, cetie prière était connue, et telle dérogation aux lois du monde est accordée à l'efficacité de la prière. C’est ainsi qu’ Ézéchias, qui devait mourir selon les causes naturelles, obtient par la prière encore quinze années de vie. (Is. XX VIII, 1. 5.)

Mais l'efficacité de la prière s'étend -"x événements naturels sans qu’il soit toujours besoin d’invoquer le miracle. La raison en est que ces événements naturels, v. g.

germination des graines, pluies bienfaisantes, etc., dépendent naturellement -: immédiatement du concours de plusieurs causes. Or, bien que chacune de ces causes soit déterminée ad unum, cependant, leur concours harmonieux est contingent, fortuit quant à nous, mais non quant à Dieu, qui, tout en respectant les lois naturelles, peut disposer diversement le+ influences des agents physiques les uns sur les autres, de manière qu’il y ait, par exemple, fertilité et abondance dans une région, stérilité et disette dans une autre, et cela sans déroger aux lois de la nature.. Il en sera ainsi de la salubrité de l’air, des vents de tempêtes et des autres nécessités et dangers qui sont l’objet de nos prières et de nos supplications.

Appliquons cela à la question des vocations ; car, si la prière a cette efficacité Pour préparer les événements naturels, combien plus il faut compter sur elle pour préparer les choses de l’économie surnaturelle.

Par la prière nous pourrons obtenir un milieu favorable, fertile même, pour la germination et le développement des vocations.

Dans nos familles, ( paroisses, maisons

(1) Nous ne voulons pas tomber dans l'exagération, mais quisque nous sommes à parler de l'influence de la amille, nous voulons = + mat avec le cardinal Mercier (Psy., t. 1, p. 206) 8 l'éducation d'un enfant repose sur des principes psycho oic ues qu’il ne faut pas ignorer.

« A-t-on jamais réfléchi suffisamment sur le fait que les sensations et les impressions inconscientes ou vaguement conscientes jouent dans notre vie un rôle considérable. Elles entraînent après elles des émotions, des inclinations ou des répugnances qui, à notre insu, influent beaucoup sur nos dispositions habitrelles, notre bonne ou mauvaise humeur, notre tempérament, notre caractère. Cette remarque a beaucoup d'importance au point de vue de l'éducation : elle prouve, en effet, qu'il y a lieu de tenir grand compte des impressions qui, dés le plus bas âge, agissent habituellement sur l’âme de l'enfant.»

Que dire donc de ces familles où les enfants sont élévés dans-une atmosphère de mondanités. Dès l’âge de 3, 4, 5 ans, ces enfants ne voient aux murs du salon ou sur Îles tables, que des tableaux qui suintent plus ou moins la volupté et qui sont évocateurs d'idées malsaines, quand ce ne sont pas des nudités que l’on décore du titre d'œuvres d'art ; ils n’entendent que des discours en rapport avec la vie mondaine et voluptueuse : impressions inconscientes ou vagues qui forment déjà le tempérament et préparent des inclinations pour un plus avancé. Et puis quand l'enfant a atteint 8, 10, 12 ans, c'est la même série d’impressions qui se continue, avec une connaissance et une conscience plus réfléchies, des caprices toujours satisfaits et des inclinations sensibles jamais mortifiées. Aussi nul n'est surpsl; de constater chez ces enfants une corruption précoce et comme une inclination irrésistible au vice. . À moins de secours spéciaux ces enfants comprendront difficilement les grands rots de renoncement, de mortification et de vie religieuse. C'est ailleurs qu’il faut chercher les sujets pour l’apostolat. (Mortifications chez l'enfant, cf. Sem. rel. de Québec, 1914, p. 343). :

Il faut chercher plus loin encore les influences sur l'enfant dans la famille. Il y a deux principes en Psychoogie :

a) — Toute idée incline à l’acte dont elle est la représentation, tend à se faire acte : c'est la loi de l’idéo-dynamisme.

. D) — L'acte suscite le se itiment dont il serait l’espression nnrmale. >

Eymieu indique ainsi l’application de ces principes : « Puisque l’idée incline à l’acte, puisque tout phénomène perchclegians laisse une empreinte dans la chair, il s'en

1 VPIOSERN ETS ENS FHRSIONS

d'éducation, il s’établira une atmosphère

. Salubre par les bons exemples et les influen-

ces saines qui y seront multipliées et par l’élignement de tout scandale, de toute perversion, de tout vent de tempête qui brise et ruine parfois les plus belles et plus

légitimes espérances.

suit que le corps du nouveau-né n’est plus l’argile vier et sans histoire dont fut pétri le premier homme, mais une matière travaillée par les pensées et les désirs des aïeux, midte loir Mes pures dt, ePplication de la tte re los. — Mais puisque, d'après la seconde loi, les attitudes, les manières “d'être, tendent à ressusciter les sentiments, il est à pe qu'il y aura tendance chez l'enfant à sentir et donc à agir facilement comme les aïeux, surtout dans les ca i phénomènes où l'organisme a une part prépondérante et où, par suite. il garde une empreinte plus profonde. Et, en effet, on constate que es vices qui se transmettent le plus sont la débauche et l’ivrognerie. :

La même combinaison de ces deux lois explique également l'influence de la mère dans le nourrissage de l’enfant,

uand elle lui donne son lait, une matière réparée par

ur lui, une -.atière vivante de la vie de la mère et rapidement transformée dans la vie de l'enfant avec laquelle tout l'harmonise, une matière donc où elle met son insu le moule tout prêt pour y couler ses premiers sentiments.

Le batelier gouverne sa barque au large ; mais souvent, s’il y a fait peut-être des changements de ses propres mains, il l’a reçue en héritage, et ce sont les aïeux qui l'ont construite. Ainsi de nous. — Et il avait raison plus qu'il pe le pensait, Na léon, de répondre, quand on lui demandait à quel âge ee commencer l'éducation de l'enfant : « Vingt ans avant sa naissance, par celle de sa mère.» (Ouv. cit., p. 191.) Tant il est vrai que ce sont les parents, surtout la mère, qui préparent, en grande partie, les vocations. — (Évureu, Le ouvernement de soi-même).

Encore un mot. ans maints salons, on trouve des séries de cartes postales dites « artistiques » ou de fantaisie. I] n’y a là rien de bien rassurant pour nos mœurs et pour l'avenir de l'enfant. Des portraits de femmes sont exposés qui ne se tireraient pas avec honneur d’un débat avec la morale, Ne parlons pas du décolletage, fort peu édifiant déjà. mais que penser de ces gestes lascifs, de ces attitudes provocantes, de ces coquetteries de mauvais aloi, due nous voyons sur toutes ces cartes et qui sont de véri- Lables roueries d’une sensualité agressive. Croit-on qu'il suffise d'être rs de tissus, si l’on fait de son mieux pour que le regard les supprime. Et certains yeux. ne

isent-ils pas ce que la pu eur défend d'exprimer? Évidmment tout cela n'est pas bien moral ni bien chaste.

Grâce à une disposition providentielle des événements, obtenue par nos prières, un enfant sera protégé, pendant son jeune âge, contre les mauvais compagnons et les influences corruptrices. Il y aura de nombreuses et ferventes mères de famille qui désireront, avec des intentions droites, le sacerdoce ou la vie religieuse pour l’enfant qu’elles ont conçu, et qui s’appliqueront à former son cœur. Ah ! si toutes les mères connaissaient bien tout ce qu’elles peuvent faire pour l’œuvre des vocations ! Outre ce concours harmonieux des causes secondes, il y aura l’action de la grâce sur les âmes. Cette grâce, ne l’oublions pas, est absolument nécessaire, car c’est elle qui meut les volontés ; Dieu seul peut la donner, mais il la donnera à cause de nos prières.

Dieu fera en sorte que tout parlera aux jeunes âmes ; les événements auront un langage inspirateur de vocations ; les petites épreuves, l’influence d’un ami, le déploiement d’une belle cérémonie, même la simple

Il semble, vraiment, que ces cartes, dont on fait un échange si considérable, n’ont, très souvent, d’autres conséquences pratiques que d'apprendre à la jeune filles, à la femme, au jeune homme, le secret des coguetteries malsaines, des impudeurs élégantes, Fu pernicieuses cent fois Es les autres. Aussi dans les foyers où l’on tient à voir

eurir les bonnes mœurs et à ne pas laisser pénétrer le e des frivolités plus que mondaines, il serait peut-être

on d'exercer, sur les albums collection de la jeune fille, une surveillance soignée.” -

h, si l'on veut que l'enfant grandisse avec le séntiment chrétien, l'esprit de sacrifice, il faut qu’on mette sous ses yeux, dès son bas âge, des tableaux édifiants : scènes de la vie chrétienne, dévouement de missionnaire. .. il faut que la mère lui parle de l'amour de Dieu, lui raconte des traits édifiants, des dévouements...

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vue d’un bon prêtre ou d’un religieux, tout cela pourra devenir semence de vocations. (1)

Et puis, plus la prière sera fervente, plus grands seront les effets qu’elle obtiendra, car la ferveur est la mesure d'efficacité de la prière, c’est bien connu. À ce propos, il me sera permis de rappeler une doctrine qui est en relation intime avec la question présente. Elle semble, tout d’abord, n’intéresser que ceux qui sont entrés en religion, mais nous verrons bientôt qu’elle rejaillit sur notre sujet lui-même.

Si tous les hommes peuvent désirer et obtenir la vie parfaite dans la pratique des conseils évangéliques, faut-il croire qu'il y a des limites imposées à une âme religieuse quant à ses progrès dans la charité et l’ammour de Dieu ? Non, assurément, car Dieu F n'a pas indiqué d’autres limites que luimême à l'âme qui entre dans les voies de l'amour : Soyez parfaits comme votre Père céleste lui-même est parfait (Matt., v. 68).

Tous ceux qui sont entrés en religion peu- | vent donc, doivent même aspirer aux degrés

(1) Il faut donc se garder de mépriser ou même de néiger les impressions (rocations) de 8, 10, 12 ans ; il faut croire à la réalité de l’action divine et surnaturelle dans une âme d'esfant : s'appliquer à rendre l'enfant plus attentif à seconder lui-même l’action de la grâce. Sinon, on court — 8 de répondre, comme autrefuis le grand-prêtre à Samuel : « Eufaat, ce n'est rien, dormez toujours, On verra plus tard.» Cependant c'était bien le Seigneur qui

. 11 faut aussi bien comprendre que tous ces moyens exté. rieurs : lectures, impressions, charmes de la liturgie, re-

cueillement du cloître, modestie d’un religieux, sont souvent

les véhicules de la grâce ; ils appartiennent à la D

des grâces extérieures qui ne constitusnt pas l’a bei sirict, î mais le préparent. Ceci est confirmé par l'histoire des î meilleures vocations, Ë

les plus excellents de cette vie religieuse, . chercher à en atteindre les sommets dans la contemplation.

L'Ami du Clergé (1911, p. 561) pose ainsi la quéstion : Quels sont ceux qui sont appelés à la contemplation ? et il répond :

«A cette question deux réponses opposées sont faites : pour les âmes parfaites en général, disent les uns ; pour quelques ‘âmes privilégiées seulement, disent les autres. La contemplation, disent les premiers, est le terme de l’oraison ; la méditation, disent les seconds, est son propre terme . Les personnes qui se retirent du monde et font profession dans un ordre contemplatif, si elles sont généreuses et bien dirigées, arrivent d'ordinaire à la contemplation, : dit-on d’une part ; et de l’autre : En général, au moins et a priori, on peut leur assurer ‘ qu’elles n’obtiendront pas ce miracle. Enfin, selon les uns, les personnes qui font sérieusement oraison et qui veulent par ‘ un détachement üniversel se donner entiè- ‘ rement à Dieu passent d’ordinaire à la voie contemplative ; tandis que, selon les autres, elles ne doivent point envisager la contem- : plation comme”un terme ordinaire auquel - elles puissent terdre, mais se fixer résolu- . ment dans la méditation comme dans la voie commune, voie plus sûre et plus capable de les conduire aussi bien à la grande - sainteté.

(1) Les articles de l’A mi ont été. mis en volume sous le titre: La Contemplation, par LAMBALLE,

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«Il'est impossible de méconnaitre a souveraine gravité de cette controverse, Il en découle deux méthodes de direction spirituelle à peu près opposées.

« Certains directeurs, en effet, font désirer la contemplation ; ils s'efforcent d'y préparer les âmes et de les acheminer par des renoncements et des sacrifices continuels ; et quand ils jugent que le moment est venu, ils permettent de cesser l’oraison de discours. Les autres ne s’étonnent jamais de ne point trouver dans les âmes le’ le besoin d’attention amoureuse à Dieu qui constitue la contemplation : et ils veulent jusqu'au bout les exercer dans la méditation, même la plus aride, sans se demander si ce n’est pas le besoin de ne penser qu'à Dieu qui leur rend impossible toute autre considération... Evidemment, si les premiers ont raison, les seconds sont un

obstacle à la grâce ; ils lient obstinément à la terre des âmes qui voudraient s'envoler vers le ciel. Aussi comprend’on la véhémente indignation des saints, d’un saint Jean de la Croix en particulier (Vive flam., str. 5, v. 3, par. 4) contre les directeurs qui prennent parti de tout ignorer dans cette importante question. »

D Voici les raisons qui ont déterminé le Père Scaramelli à écrire son Directoire mystique : « Il est, en effet, dit-il, deux choses que j'ai comprises et comme touchées du doigt dans l'exercice de mon ministère. La première, c'est qu'il se rencontre à peu près en tout lieu quelque âme que Dieu conduit par ces voies extraordinaires à une haute perfection. La seconde, c’est qu'il y a grande pénurie de confesseurs expérimentés qui entendent bien ia conduite de Dieu dans Îles âmes. . Aussi, le plus souvent, ces directeurs craignent avec raison d'entreprendre le soin de ces âmes, ou bien ils l’entreprennent témérairement.»

ss 6

L'Ami partage l'opinion des premiers, développe très bien sa thèse, et conclut ainsi : « La contemplation est le terme normal de la vie spirituelle ; les âmes avides de perfection ont le droit d'y prétendre, et leurs directeurs doivent les y disposer.» (1

— Voici l'application pratique. La vraie doctrine sur la vocation religieuse fera qu’un plus grand nombre d’âmes seront invitées à entrer en religion ; toutes celles qui y entreront seront invitées à en atteindre les sommets ; et plusieurs, voyant le chemin libre, comprenant qu'il n’en dépend que

(1) Les auteurs sont d'accord pour admettre ee la vie exige est la

ection de la vie chrétienne, et par le fait que tous ont la vocation d’être chrétiens, tous peuvent aussi aspirer se perfectio En Fee vie, que ren de — eur s us. — Tous peuvent donc, en principe. désirer être religieux et faire F démarches À," mn

y ait + vocation spéciale, — Et LL ms quand on :

emploie le même langage quand il s'agit du sacerdoce : on dit : la vocation sacerdotale, et seuls les appelés doivent

pas le droit de Le au sacerdoce : c’est un ordre à e Christ p° sont invités à entrer dans la bergerie, tous ne peuvent être

lo mps abandonnée. Nous croyons répondre à l’ Ï deS. 8. le à Ptens. ee n'est

de leur volonté, de leur générosité, de : ‘ur fidèlité à correspondre à la grâce, se mettront à l'œuvre et, aidées et soutenues dans leurs efforts "ar la communion de chaque jour, eli: atteindront ces sommets.

Que l’on réiléchisse maintenant sur la valeur impétratoire de la prière adressée à Dieu par ces âmes nombreuses et ferventes, et l'on aura lieu d'espérer, par ce moyen, la multiplication des vocations. Dans l’ordre surnaturel, les choses se passent assez souvent comme dans l’ordre naturel : un choc, un ébranlement suffit pour déterminer des actions multiplus des causes les unes sur les autres et produire des effets puissants.

ni un livre ni une théorie ; c'est plutôt, dirons-nous, un esprit. Nous ne croyons pas qu’ faille faire de la mystique un jardin fermé où quelques privilégiés peuvent seuls venir jouir des faveurs divines. Nous voudrions qu'on en revint à la considérer commeune source d'eau vive où toutes les âmes délicates et ferventes pures avec la grâce de eu, au moins venir tremper les lèvres, s'il ne leur est pe donné de s'y désaltérer et de s'y plonger entièrement. vie mystique est le but vers lequel doivent tendre toutes les Âmes qui veulent se sanctifier. = ous n'ignorons pas les oppositions qui s'élèvent contre cette manière de voir. Pie X aussi en rencontra dans certains milieux, encore vout imprégnés de l'esprit janséniste, es il demanda qu'on invite le pruple à la communion réquente, Le Pape allait contre des idées communément reçues ; il allait contre la lettre qe ne dis pas contre l'esprit) de quelques saints docteurs des trois derniers siècles lp croyait pourtant pas aller contre la tradition de l'É puisque c'est cette tradition qu'il voulait restaurer. Les fruits de la communion quotidienne, les consolations ue les directeurs de collèges et de communautés trouvent epuis que le désir du Pape est suivi, prouvent que le Pape a vu juste et que le commerce intime avec Dieu n'est jamais sans utili FE Ce que Pie X a dit de la communion, nous le disons de la vie spirituelle en général, de l'oraison, de la mystique. ous voudrions que cet esprit large se répaude, parce que c'est un esprit éminemment chrétien et que ce sont les vrais chrétiens qui font le plus défaut à is sociélé moderne. (Revue augustinienne, :ome 16, p. 76).

Pie X nous donne l'exemple de la confiance que nous devons avoir dans la prière.

Connaissant lui-même le besoin de vocations dans l'Eglise, le 6 mai 1905, il accorde une indulgence de 300 jours, une fois par jour, à la récitation de la prière suivante pour obtenir le bon choix d’un état de vie :

« O mon Dieu, vous qui êtes le Dieu de la sagesse et du conseil, vous qui lisez dans mon cœur la droite volonté de ne plaire qu'à vous seul et de me diriger, dans le choix d'un état de vie, uniquement sur vos saints désirs : accordez-moi, par l’intercession de la très suinte Vierge, ma mère, et de mes saints protecteurs, spécialement de saint Joseph et de saint Louis de Gonzague, la grâce de connaître quel état de vie je dois choisir, et, après l'avoir connu, de l’embrasser afin que je puisse y chercher et y augmenter votre gloire, faire mon salut, et mériter la céleste récompense que vous avez promise à ceux qui accomplissent votr:

divine volonté. Ainsi soit-il. »

Le 29 mars 1908, il accorde encore unc indulgence de 300 jours à la récitation de cette autre prière pour demander des vocations sacerdotales :

Ant. Quid statis tota die otiosi ? Ite et vos in vineam. meam.

: V. Rogate Dominum messis.

R. Ut mittat operarios in messem suam.

Oremus. Deus, qui non vis mortem peccatoris, sed magis ut convertatur et vivat da, quæsumus, per intercessionem B. Meriæ semper Virginis et omnium Sanctorum,

operarios Ecclesiæ tuæ, qui sint cooperatores Christi, et se impendant et superimpendant pro animabus. Per eumdem D.

C'est donc dans la prière que nous trouvons le premier moyen de multiplier les vocations, nous rappel: t cette parole de l'Esprit-Saint : Multum enim valet deprecatio justi assidua. (Jac., v, 16.) La prière du juste, faite avec assiduité, a une grande puissance.

Chap. II, — L'Eucharistie

— Nous avons confiance qu'une prédication eucharistique suivie fera naître des âmes eucharistiques, et que ces âmes eucharistiques deviendront, pour un grand nombre, des âines religieuses et sacerdotales.

Pour bien comprendre -omment le culte de l’Eucharistie contribuera efficacement à nous donner des vocations, il importe de connaître quel est l’effet propre de ce sacrement. Il faut avouer que c'est une qestion assez difficile, puisque les meilleurs commentateurs de saint Thomas s’en sont tenus eux-mêmes à des notions assez générales. Tentons cependant de donner quelques explications sur ce sujet, en prenant pour guide le cardinal Billot.

C’est un fait que tous ‘es sacrements * produisent la grâce lorsqu'il n’y a pas d’obstacle, et, partant, donnent ou augmentent en nous la charité, Mais ceci est un effet, : commun à tous les sacrements ; et comme Notre Seigneur a voulu en instituer plu-

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sieurs, il faut que chacun produise un eflet spécial, propre, que l’on appelle grâce sacramentelle. Autrement, il n’y aurait pas eu de raison de multiplier les sacrements.

Comme le sacrement d’Eucharistie ne se distingue pas des autres précisément en ce qu’il produit ou augmente en nous la grâce sanctifiante et la charité, bien qu’on doive lui attribuer à ce point de vue une excellence et une efficacité plus grandes, nous nous demandons donc juel peut bien être son effet propre.

En principe, les sacrements sont institués pour noùûs protéger contre les faiblesses laissées en nous par ie péché originel, et, partant, chacun est ordonné à guérir une blessure particulière faite à notre nature par ce péché originel, celle-là même qui est opposée à la fin pour laquelle le sacrement est institué. (1)

Or l’Eucharistie est un sacrement ordonné à entretenir et à augmenter en nous la charité, de manière que cet entretien, cette augmentation, ce perfectionnement de la charité qui nous unit à Dieu, qui nous fait l’aimer, vivre en lui et pour lui, soit sa fin propre. Celui qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en moi et moi en lui...

celui qui me mange vivra aussi par moi (Jean, VI, 57).

Par conséquent, le secours spécial apporté à l’Ame par ce sacrement sera ordonné à ce que le sacrement puisse obtenir sa fin d’une manière plus parfaite, à favoriser cette augmentation et ce perfectionnement de la charité, à éloigner les causes qui peuvent s’y opposer, et ceci de deux manières.

La grâce sanctifiante produite par les sacrements, à ne la considérer qu’en elle-même, est d’une excellence telle qu’elle est capable de nous faire produire tous les actes de perfection nécessaires pour nous unir à Dieu et redresser notre nature en corrigeant les faiblesses et les désordres du péché originel. Cependant, ces effets ne sont pas, tous et toujours, produits dans une âme ; mais tantôt l’un, tantôt l’autre, selon les circonstances multiples de sujets et de conditions.

L’Eucharistie étant le sacrement de l’union à Dieu par l’amour et la charité, son effet propre sera d’assurer la fin du sacremeni en dépouillant l’homme de tout ce qui s'oppose à cette union. Or, ce qui s'oppose en nous à notre union, à notre fusion avec Dicu, c’est ie manque de conformité de notre volonté avec celle de Dieu, c’est l’attache à notre volonté propre que nous préférons souvent à la volonté divine, c’est le moi devenant centre et fin des activités personnelles, lorsqu'il devrait céder toujours sa place à Dieu seul. Cette tendance à rechercher le moi, à nous en tenir

à notre volonté propre, a sa racine dans le péché d’orgueil qui le premier a infecté la nature humaine.

La grâce sacramentelle de l’Eucharistie sera donc une qualité permanente, stable de sa nature, une disposition qui fera disparaître, ou du moins tendra à faire disparaître, cet égoïsme par lequel l’homme adhère à lui-même seul, se recherche et se veut lui-même, et par là empêche l’union, la fusion de sa volonté avec celle de Dieu. (”

(1) « Quia ergo omne sacramentum per gratiam sibi pren alligat vulnes naturæ lapsæ quod suo propre ui contra riatur, consequenter dicendum videtur medicinalem Eucharistiæ ligaturam apponi contra illud nature corruptæ vulnus, ex quo provenit ut tam facile unusquisque d suam modicam personam omnia referi ut ad finem, cum nibil sit quod magis directe impediat charitatem Dei et proximi. — Paucis verbis, sacramentalis gratis Eucharistiæ sacramenti est dispositio quædam sanativa illius egoismi quo homo sibi soli inordinate adhaeret et in se uno suum

coarctat affectum.»

C'est un fait que nous souffrons de l'égoïsme sous toutes ses formes. Les hommes de renoncement et de fices

sont trop souvent réduits à = et écrasés par le grand nombre de jouisseurs égoïstes. Qui n'a déjà compris que l’Eucharistie est le remède. = :

Il serait intéressant de développer ce point en faisant une revue des maux dont le monde souffre, et de constater comment cette grâce sacramentelle de l’Euct e combat directement le mal dans les différences manifestations qu'il revêt au milieu de nous, et de faire voir la ju des directions et ordonnances de Pie X. En voici l’idée.

Nous savons que l’orgueil se retrouve à la racine de tous les désordres, Initium omnis peccati est superbia (Eccli. X, 15). Or l’orgueil dans l'homme est un appétit désordonné de sa propre excellence. Il consiste à s'élever audessus de ce qui a été détermisé par la sagesse divine ; essentiellement il est un manque de soumission à la volonté divine, et en tant que tel, il est toujours op à l'union a aite avec Dieu par l'amour et la charité. (2a 2ne, q.

62, a. 5.) Or l'effet propre de l’Eucharistie étant ce que nous avons dit, on fera facilement l'application aux maux les plus importar:: dont le monde souffre et que l’on nomme romantisme es littérature, dilettantisme en morale, ns en sciences sociales, modernisme en religion,

Un profond psychologue, M. P. Bourget, à une question posée au public pour savoir quel était le mal dont souffrait

Quant à l’autre manière d’après laquelle la grâce sacramentelle aide le sacrement à produire pleinement son effet, je dirai, en un mot, qu’elle consiste dans ces actes fervents d'amour excités et provoqués par le sacrement lui-même, aussi longtemps que dure la présence réelle dans le communiant.

On le voit dons; par l’Eucharistie, l'homme cesse de se rechercher lui-même, il se dépouille de ce qui est le plus lui ; il oublie le moi, la volonté propre, pour chercher et trouver son union intime avec Dieu.

C’est l’abneget semetipsum dont parle Jésus, tendant à nous taire revêtir d’une manière plus parfaite la forme du Christ. (?

Il y a une loi de l’amour qui veut que l'amant considère comme siens la volonté et les biens de l’aimé ; et à cause de cela, l'amant agit pour son ami comme pour luimême. — Or, comme l'Eucharistie est le sacrement de l’amour, nous revêt de la for-

la France, fit une profonde et sug tive réponse dont voici un extrait : « Pour moi la esrsstislotique de la décadence actuelle, c'est qu'il y a énormément de personalisme, mais u'il y a fort peu de personnalités ; qu'il y a énormément ’individualisme et presque pas d'individualités. . . Ce qui frappe. .. en politique, en littérature, dans l'industrie, dans es arts, og cinquante ans, c'est le contraste entre la tension de l'énergie et la fuiblesse des personnalités. Ce ui manque à la France en toutes choses c’est l'individu. Pourquoi? précisément parce que la France est individualiste et que la plus sûre manière de tarir l'individu, c'est d'exalter eu lui le personalisme aux dépens des énergies collectives.» = (2) « Talis igitur est effectus hujus sacramenti in homine communicante, qui a sus forma quodam modo recedit ut in Christum dilectum transferatur, soluto eo quo contineoatur intra semetipsum ; nam sicut res naturalis non amittit formam nisi solutis dispositionibus quibus forma in matetis retinebatur, ita oportet quod ab amante terminatio ill, qua intra terminos suon tantum continebatur, amoveatur:s (P. 503),

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me du Christ, on comprend que le communiant sera animé d’un saint zèle pour la gloire de Dieu et le bien des âmes que Dieu aime, ne voulant pas autre chose que ce que Dieu veut et, faisant siens les intérêts de Dieu. C’est là, encore une fois, le renoncement, l’abnégation du moi, selon l’Evangile ; c’est là ce qui rend l’homme capable de faire des sacrifices, capable d’entreprendre de grandes choses pour la sainte cause de Dieu et des âmes, et de les accomplir ; en un mot, c’est là ce que fait l’apôtre, l’homme d'œuvres.

Appliquons tout cela à notre sujet.

Le prêtre est un autre Christ. Or, l’Eucharistie étant ordonnée à nous revêtir de la forme du Christ, son usage fréquent préparera certainement des âmes sacerdo-

es.

Quest-ce, en effet, pour un jeune honm e que vouloir être prêtre? Ecoutons saint Paul (Heb., V, 1) : Tout Pontife est établi pour les hommes en ce qui regarde le cuite de Dieu, afin qu’il offre des dons et des sacrifices pour les péchés.

Lisons le catéchisme du concile de Trente :... « Ceux qui veulént entrer dans les

ordres sacrés doivent se proposer... de le servir (Dieu) avec sainteté et avec justice dans quelque ministère spécial de l'Eglise.

Ceux qui sont engagés dans les Ordres sacrés sont de plus obligés de s’acquitter des fonctions saintes de leur ministère : comme d'offrir pour eux-mêmes et pour tout le peuple le sacrifice de la messe, d'expliquer

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