‹ Pour votre ministère [microforme]Chapitre 8 sur 26 · OU · texte numérisé non relu

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aux fidèles la Loi de Dieu, de les exhorter à la garder avec joie et avec soumission, et de leur administrer les sacrements que Jésus-Christ a institués pour leur communiquer ses grâces : de sorte qu’étant séparés du reste du peuple, ils sont employés aux fonctions du plus grand et du plus excellent de tous les ministères. »

Donc, vouloir être prêtre, c’est vouloir s'associer au sacerdoce éternel du Christ.

Par conséquent, il faudra avoir, dans l’exercice de ce sacerdoce, les même intentions que le Christ lui-même dans ses fonctions de prêtre de la Loi nouvelle. (1a 2ae, q.

Or le Christ est venu dans le monde pour remplacer les holocaustes et les victimes qui n'étaient plus agréables au Père ; il s'est offert, victime sainte, pour rendre à Dieu l’hommage et les adorations qui lui sont dus. (Heb,. X, V.) Il est venu, de plus, opérer la rédemption des âmes, propter nostram salutem descendit de cælis, et les rendre à son père, ne voulant pas en laisser périr une seule. (Jean, XVIL.)

Partant, vouloir être prêtre, c’est avant tout vouloir mettre sa volonté en parfait accord avec celle du Christ victime et Rédempteur, c’est vouloir donner et consacrer sa vie toute entière à une œuvre, celle, même pour laquelle le Verbe n’a pas hésité à descendre dans le sein de la jeune vierge d'Israël.

Il sera facile maintenant de comprendre comment l’Eucharistie préparera admira-

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blement un jeune homme à devenir prêtre, puisqu'elle lui fera perdre sa forme de nature déchue et lui fera revêtir celle du Christ. — La loi de l’amour s'appliquant, les intérêts de Jésus : la glorification de son Père et le salut des âmes deviendront ses intérêts; à l'exemple de son Maître et modèle, il sera prêt à s’élancer dans la voie pour accomplir les volontés de Dieu. Comme les saints, il voudra embrasser le monde dans les bras de son amour pour le présenter à Jésus, il voudra mourir pour sauver des âmes. Qui pourra dire en effet les ardeurs de la flamme de charité allumée dans les cœurs pendant les colloques mystérieux de l’âme du communiant avec le Cœur de Jésus ! Ce Cœur, qui a formér le disciple de l’amour pur et ardent, doit former encore d’autres apôtres.

Je dis même que de véritables apôtres ne seront jamais formés d’une autre manière.

Et puis, non seulement l’Eucharistie nous donnera des vocations sacerdotales, mais elle nous donnera aussi des vocations religieuses en plus grand nombre : car une réception plus fréquente du sacrement qui fait germer les vierges produira, il n’y a pas à en douter, des fruits plus abondants de renoncement et d’abnégation évangéliques.

Aussi le P. Tesnière a eu raison d'écrire :

« Demandez aux sectes protestantes de vous montrer la virginité offrant à Dieu de ses mains pures la victime sainte de l’expiation, ou adoptant dans l’amour d’une maternité surnaturelle toutes les faiblesses de l’enfance, toutes les douleurs de la ma-

ladie, tous les abandons de le vieillesse, pour se dévouer à les servir d'un cœur où l'amour de soi-même n’a plus le droit de réclamer aueune part, ni d'inspirer de crainte, ni d'imposer de réserve. Mais non, l’histoire démontre que le martyre et la virginité sont des-fruits réservés de la communion. » (Prédéeation euck., V. I, p. 75.)

Mieux que ce consul romain qui pertait la paix et la guerre-dans les plis de sa toge, le prêtre, dans l’Hontie de con cibeire, perte le salut du monde, la vie-des âmes, la-semenee des veeations. Le-Clhmist est venu apporter le feu sur la terre, news sommes les incendiaires chargés de- répandre ce feu dont il veut que la terre soit -emimasée Une parole froide +<t sèche n’atteindes jamais-ce-but ; pas-plus-aue-si, duns l’exercice de notre ministère, nous caleulons toujours de manière à ne faire que le strict nécessaire. Les saints faisaient: des-calculs appuyés sur une autre base.

Tout ce qui précède étant bien compris, nul n'aura de difficultés à admettre qu'un jeune homme qui, n'aurait en vue-que d’assurer son salut ou d° parvenir à une pèus grande perfection, serait plutôt apte à Îa vie religieuse qu'au sacerdoce. Ce dernier.

en effet, ne se présente pas essentiellement comme un moyen pour la fin qu'il se-propese : car la charge du prêtre, par elle-même.

n’a pas pour but de conduire à la perfection celui qui est revêtu du caractère sacerdotal, mais de procurer par son ministère la perfection des fidèles.

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Nous ne disons pas que le prêtre ne puisse pas se sanctifier dans l'exercice de son ministère, loin de là ; encore moins disons.

nous que celui qui reçoit le sacerdoce n’a pas à se préoccuper de la sainteté : car, selon saint Thomas, le poids du sacerdoce ne doit être posé que sur des épaules desséchées par la sainteté. (24 2ac, q. 189, z. 1, ad 56.)

Le fait suivant jette une nouvelle lumière sur ce point. Mgr Félix Vialart, évêque de Châlons-sur-Marne, renvoya un jour un séminariste qui, interrogé sur les motifs qu’il avait d'entrer dans le sacerdoce, lui avait répondu que c'était pour travailler à sa sanctification et tâcher de se sauver.

L'évêque estimait que ce jeune homme devait plutôt entrer dans un monastère, et qu’il n'avait pas une idée assez juste de l’état ecclésiastique, où l’on ne doit pas seulement travailler à sa propre sanctification, mais encore à celle des autres. (1)

En pratique il ne faudrait pas se hâter de refuser, comme séminariste, un jeune homme qui serait animé de si belles intentions, mais prendre un temps convenable pour réfléchir, car il pourrait y avoir d’autres considérations à faire.

(1) Nous disons volontiers qu'il est permis à un jeune homme de désirer le sacerdoce, si c'est le bon plaisir de Dieu de l'appeler un jour, de s'offrir même à Dieu pour servir les intérêts des âmes. La question serait un peu

érente s'il s'agissait de l'épiscopat, à cause des très

aves obligations que cet état comporte, car, dit saint homas, il semble présomptueux de vouloir commander aux autres pour leur être utile. ulièrement on ne peut pe désirer l'épiscopat. (Cf. Consultations de morale, par unari, trad. de l’abbé Boudinhon, v. 2, p. 200.)

De même il n’est pas recommandé de renvoyer immédiatement, dans le siècle, un jeune homiue qui ne manifesterait pas tout d’abord et explicitement une volonté conforme en tout point à la doctrine cidessus exposée. Par faute de connaissance, par imperfection de son amour, il n’a pas encore une intention pleinement droite ; mais avec la volonté de devenir un bon prétre, pendant son temps de séminaire, il pourra, avec la grâce de Dieu, redresser ses intentions, les purifier, et arriver à vouloir le sacerdoce dans tout çe qu’il a de captivant pour une âme vraiment pure et généreuse.

Dans le travail considérable qui incombe au prêtre dans le ministère, pour ramener l'esprit de notre peuple vers la fréquentation intense de l’Eucharistie, selon les enseignements de Pie X, il ne faut pas perdre de vue les principes sur lesquels s'appuie toute la pratique : car s'éloigner de ces principes un tant soit peu, constitue comme point de départ une fausse orientation qui, avec le temps, peut conduire à des erreurs assez grandes, et même reconstituer, sous une forme un peu différente, l’ancien état de chose.

Rappelons seulement que l'obligation de se conformer aux décrets, Sacra Pridentina et Quam singulari, se détermine d’après leur teneur et d’après cette déclaration de Pie X (8 nov. 1407) : « Nous croyons qu’il «faut déclare: et ordonner, comme nous « déciarons présentement et ordonnons ex-

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« pressément, que tous sans exception sont {tenus en conscisnce d’obéir aux décisions « doctrinales de la Commission biblique « pontificale, à celles qui ont été émises « comme à celles qui le seront, de la même « manière qu'aux décrets des « Sacrées « Congrégations » approuvés par le Sou- « verain Pontife ; que tous ceux qui, en «paroles ou par écrits, attaqueront ces « décisions, ne pourront éviter la note de « de désobéissance ou de témérité et se « chargeront la conscience d’une faute grave «sans parler du scandale qu'ils peuvent « causer et des autres responsabilités qu'ils «peuvent encourir devant Dieu par les «critiques téméraires et erronées dont « s’accompagnent le plus souvent des résis- { tances de cette espéce. »

Chap. III. — L'Exemple

L'exemple entraine, disons-nous souvent.

C'tte grande et profonde vérité trouve ici son application. L'influence de l'exemple peut se faire sentir de la part des jeunes gens eux-mêmes et de deux manières.

Tl arrive parfois, dans une maison d’éducation, que les conversasions entre élèves ne roulent que sur des projets d’avenir.

Chacun à son idéal qu'il décrit avec enthousiasme : profession de médecin, de notaire, d’avocat, de journaliste, d'ingénieur, ou autre carrière promettant la succès et fournissant l’occasion de travailler pour

l'Eglise et la patrie. ( — Pendant les vacances, les plus âgées ont quelquefois pris part à des réunions mondaines, ont contractés même des amitiés qu'il entretiennent une fois de retour au Collège ; et cette petite expérience de la vie Jeur permet de peindre ,avec des couleurs enchanteresses, le spectacle des plaisirs du siècle, de fasciner

(1) J'ai eu occasion d'entendre des jeunes Le arrivés à la fin de leur cours d'études, me parler du bien qu'ils se proposaient de faire dans le monde, Armé principes, ils sont partis, résolus de donner | vie intègre, dépensée toute entière pour la ense des droits de l'Eglise et pour leurs compatriotes. Leurs modèles, c'étuit Garcia Moreno luttant toute sa vie contre la franc-maçonnerie, et tombant sous la balle d'un sectaire après avoir consacré son pays au Sacré-Cœur ; c'était Louis Veuillot, si compétent et si éclairé sur les affaires de son siècle qu'en 1852, lorsqu'il s’ it de préparer un recueil des erreurs qu'il fallait condamner, la Pape lui fit l'honneur de prendre son avis en même temps que ceux des évêques, sur la question difficile du Syllabus, si admirable dans son dévouement à l'Église qu'il reçut un jour ce bel éloge de la bouche de Pie IX : Veuillot a t jours été avec moi, c'est mon ami ; c'est une colonne de l'Église. Dieu ru arde de diminuer la grandeur des services rendus à l'Église par ces hommes et ceux qui leur ressemblent. Leur apostolat fut un bouclier pour toutes les causes saintes. Mais, il faut aussi le dire, ils n'ont été grands que ge qu'ils ont soutenu l’œuvre que le prêtre est char ‘accomplir dans le monde ; et le rôle de ce dernier demeure toujours supérieur, car le prêtre seul est vraiment le defensor civitatis, et aucun autre ne peut servir aussi utilement les plus hauts intérêts de ses semblables en même temps que ceux de Dieu, C'est l'idée exprimée par M -r Pie, évêque de Poitiers : « Qui saura dire avec plus d squence que vous (prêtres) combien le P. de Ravignan et le P. Lacordaire se sont couverts de pen pour avoir préféré l'Église à la magistrature et au arreau, et qu'en choisissant, pour la plaider, la cause de Jésus-Christ, ils se sont élevés, même dans l'estime de leur siècle, de toute la hauteur qui sépare la terre du ciel et le temps de l'éternité.» — N'e;t-ce pas cette vérité que viennent d'illustrer deux jeunes gens de grand talent : M. P. Gerlier, avocat et ancien président de l'A. C. J. F., et M. M. de Gailhard-Bancel, ancien vice-président de ja même ass0ciation? Je me suis demandé parfois si quelques jeunes ‘+ns ne s'illusionnaient pas sur le rôle de l'apôtre laïque ; ”, toutes choses égales d'ailleurs, celui qui peut faire le 4 de bien, c'est le prêtre. (Cf. Prière et Vocation, par Lintelo.) EE

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