‹ Pourquoi et comment visiter les muséesChapitre 25 sur 53 · UNIVERSALITÉ DU SENS DES ANALOGIES · texte numérisé non relu

UNIVERSALITÉ DU SENS DES ANALOGIES

Il y a plus : tous les hommes ont toujours plus ou moins entendu le langage des analogies naturelles. Pour correspondre aux nécessités de l'existence, et pour développer nos forces et nos jouissances, nous

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avons toujours pris le conseil des formes inventées par la nature. Un exemple suffira.

« Le galbe fusiforme du poisson, l'effilement de sa tête qui doit fendre l'eau, la cambrure oblique de ses flancs sur lesquels Teau divisée doit glisser, l'arcature de ses arêtes, le dispositif de son épine souple et la forme de sa queue ont été les prototypes sans cesse étudiés de nos proues, de nos carènes, de nos membrures, de nos arbres de couche, de nos gouvernails et de nos hélices, parce que ces indications de la nature étaient la logique même*. »

Il y a une philosophie instinctive des analogies matérielles. Il en est une autre des analogies morales. Sachant, par exemple, que tel instinct caractéristique d'un animal est exprimé chez lui par tels traits de sa conformation, si nous retrouvons chez un être humain, — n'ignorant pas, d'autre part, que plus ou moins nettement, nous reproduisons tous l'un quelconque des types animaux, — ces traits de conformation, nous sommes avertis que nous pourrons vraisemblablement retrouver aussi en lui ce mêm» instinct caractéristique; et le plus souvent l'expérience confirmera ce pressentiment raisonné.

La nature n'est donc pas un livre ouvert exceptionnellement à quelques privilégiés. Le profit que certains, au prix d'un efïbrt approprié, y peuvent trouver n'est interdit à personne. Or, en outre de l'intérêt utilitaire qui nous invite à feuilleter ce grand livre, l'intérêt de nos jouissances nous donne le mêuK^ conseil. Nous pouvons joindre le plaisir d'admirer à l'avantage de comprendre.

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