‹ Pourquoi et comment visiter les muséesChapitre 29 sur 53 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

ExpénenceSo

LE SALOJM CAT{T{É

Le lecteur remarquera qu'on ne lui a point, jusqu'ici, parlé d'érudition. Pour toute préparation à la visite aux musées, on l'a invité à se rendre compte de ce que c'est;, en soi, que le musée lui-même, puis à regarder la vie.

Ai-je besoin d'ajouter qu'en s'initiant à l'histoire dos écoles, à l'évolution des maîtres, on décuplera l'intérêt et la joie qu'on peut trouver dans la fréquentation des chefs-d'œuvre? J'espère bien vous inspirer le désir de l'étude, et je souhaite que vous en ayez le loisir. La bibliothèque est le vestibule, logique et magnifique, du palais des arts.

Mais, si vous n'avez pas le moyen de faire de longues stations dans ce vestibule, devez-vous vous interdire l'entrée du palais?

Beaucoup plus nécessaire que la science est cet

état d'âme harmonique avec la Beauté elle-même et sans lequel resteraient vaines les recherches dans les livres. Il ne manque pas de gens qui savent tout ce qu'on peut apprendre, et qui le savent inutilement, parce qu'ils sont insensibles.

Supposant, donc, que nous avons pour tout bagage une sensibilité éveillée, nous nous maintiendrons à des points de vue très généraux, en saisissant, toutefois, l'occasion de fixer certaines notions, un peu abstraites peut être, mais fondamentales, auxquelles nous avons déjà fait des allusions : style, composition, expression, décoration, la beauté et le caractère, etc.

Et il est bien entendu que toute notre prétention, dans les expériences que nous allons tenter ensemble, est d'indiquer des exemples Chacun, pour son propre compte, pourra chercher ensuite, trouver mieux. Il fallait d'abord apprendre à voir.

Nous allons, pour débuter, contempler quelquesuns des plus grands chefs-d'œuvre qui soient au monde, dans ce fameux Salon carré du Louvre où nous attendent Véronèse, le Titien, Raphaël, Léonard de Vinci, Velasquez, Poussin...

Désireux de comprendre, prêts à aimer, nous venons de la vie, de chez nous, nous traversons la rue, et nous allons à pied, déjà regardant autour de nous les lignes et les couleurs vivantes qui composent un immense et mouvant tableau.

Et^ chemin faisant, nous causons. Imaginez-vous, ami lecteur, que vous avez bien voulu être mon compagnon : c'est vous et moi qui causons; et je ne prétends pas vous dire des choses toujours nouvelles; je tiens surtout à m'assurer de la communion de nos

MUSEE DU LOUVRE

Raphaël : Balthasard Castiglione.

Le peintre de tant de délicieuses madones, de tant de « bambini • charmants, est aussi J auteur de quelques-uns des portraits d'hommes les plus graves, /es plus mà.'es qui soient car la grâce est le sourire de la force»

Le Salon carré. 85

pensées, de la présence des mômes certitudes en nos deux esprits dans le môme instant.

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