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COMMENT SE CONSTITUA LE MUSÉE DU LOUVRE

I L'histoire des collections du Louvre est assez compliquée. François I", de qui nous admirerons tout à l'heure le portrait par Titien, réunit les premiers tableaux qui devaient composer le cabinet du Roi. 11 en commanda en Italie, où il acheta, en outre, un grand nombre de statues antiques C'est à Fontainebleau qu'il rassembla ces merveilles, au Château. Les artistes du temps surnommaient Fontainebleau « la petite Rome ».

Après François P% Louis XIV et Colhert enrichirent le cabinet, où entrèrent notamment deux collections célèbres, celle du cardinal Mazarin, en 1661, et celle du banquier Jabach, de Cologne, en 1671. On acquérait ainsi pour une dépense de six cent mille livres, en chiffres ronds, sept cents peintures et six mille dessins à peu près. Colbert transporta ces collections dans le vieux palais du Louvre, d'où elles émigrèrent à Versailles pour revenir à Paris au milieu duxviii*" siècle et quitter de nouveau Paris en 1775. Deux décrets datés de la grande Révolution, en 1792 et en 1793, constituèrent légalement le Muséum de la République^ qui devait être nommé dans la suite le Muséum français^ puis le Musée central des Arts, et l'établirent dans l'ancien palais des rois, au Louvre, définitivement.

Pendant l'Empire, des centaines de chefs-d'œuvre entrèrent dans ce musée, dépouilles opimes, fruits de nos victoires. Mais, en 1815, quelle tragique his-

Pourquoi et Comment çisiter les Musées.

toire que celle des reprises brutales exercées à main armée par les alliés, vainqueurs à leur tour! Les conquêtes, sans doute, avaient été aussi brutales; mais il y avait, peut-être, dans le fait de ce rassem-

Lr PALA.IS DE Fo.NtAiNF.BLEA.u. — Salle Henri II construilp par Gilles le Breton sons François I" et remaniée par Pliilibert Delorme qui donna le dessin du plafond.

Une des expressions les plus complètes du style fastueux tel que le comprit la Benaissance

française.

blementde tant de beautés, un intérêt général, international. Si, du moins, nous pouvons sur des événements maintenant anciens jeter un regard apaisé, et accepter au nom de la juslice la leçon de riiisloire, nous comprenons les cris de douleur que le désastre arracha aux contemporains.

c( Des circonstances inouïes avaient élevé un monument immense, — écrivait, sur un registre con-

88 Poui'qnoi et Comment visilcr les Musées.

serve aux Archives du Musée du Louvre, Denon préposé ^ la garde des collections, — des circons tances non moins extraordinaires viennent cle h renverser. Il avait fallu vaincre l'Europe pour formei ce trophée; il a fallu que l'Europe se rassembh pour le détruire. Le temps répare les maux de l; guerre, des nations éparses se recomposent; mai une telle réunion, cette comparaison des efforts d( l'esprit humain dans tous les siècles, cette chambr* ardente où le talent était sans cesse jugé par le talent cette lumière enfin, qui jaillissait perpétuellement di frottenient de tous les mérites, vient de s'éteindre et de s'éteindre pour toujours*. »

Ce n'est pas moins de deux mille soixante-quatr» œuvres de premier ordre, et, en totalité, cinq milK deux cent trois peintures et sculptures, que nou^ avaient reprises, à la date du 15 novembre 1815, le^ Alliés.

A cette môme date, le Louvre fut fermé poiii , épargner au public le douloureux spectacle de ce^ murs vides, où tant de splendeurs avaient brillé.

Le xix^ siècle devait réparer ce désastre par deacquisitions nombreuses, et grâce aussi à de gén( reux dons. La seconde République, l'Empire et h\ troisième République firent plus, pour le développe jnent du Musée, que le gouvernement de la Restauration et celui de 1830. Les années 1856, 1862 et 186! sont trois dates particulièrement heureuses dans leannales du Louvre : la donation Sauvageot, l'attribution des Mays de Notre-Dame' et la donation La Ca/<

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