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Jean Guiffrey : Le Musée du Louvre

2. Ce sont « les tableaux commandés sous l'ancien régime, chaqii<' année, depuis le milieu du xvii* siècle, par la confrér e des Orfèvres il Paris, pour être offerts, au mois de mai, à l'église Notre-Dame ». (Guil frey, loc cit.)

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QO Pouiquoi et Comment visiter les Musées.

au Louvre, l'enrichirent de peintures françaises pri mitives et d'admirables tableaux des plus grande maîtres : Rembrandt, Franz Hais, Rubens, Vêlas quez, Ribera, Watteau, Fragonard, Chardin...

Depuis 1870, d'une façon régulière et continue nos collections n'ont cessé de se développer par de^ acqiiisitions et des dons ou legs. Parmi ces derniers il faut, avec gratitude, sigualer ceux de His de 1 Salle (1878), Eugène Piot (1890), Ghabert (1893), 1; baronne Nathaniel de Rothschild, de Vandeul (1902

En cette même année 1902, un Anglais, d'origin* française, M. Thomy Thierry, léguait au Louvre unt importante cellection de tableaux modernes signé Delacroix, Corot, Millet, Daubigny, Rousseau, Duprc Troyon, Decamps. Cinq ans plus tard, le legsMoreaii Nélaton introduisait au Louvre des Corot, des Delacroix, des Gé'ricault, des Daumier, des Diaz, de- Ricard, des Manet, des Puvis de Chàvannes, dc^ Monet, des Fantin-Latour, des Carrière. Enfin, plu^ récemment encore, le Louvre, institué par M. Mauric» Audéoud légataire universel d'une immense for tune, a vu s'accroître ses ressources annuelles. Grâc« à ce legs, grâce aussi à la création de la caisse dc^ Musées (1896) et de la Société des Amis du Louvr( (1897), les conservateurs de nos collections parviendront peut-être à enrayer le si dommageable mou vement qui emporte au delà de l'Atlantique tant d chefs-d'œuvre du vieux monde*

1. 11 convient d'ajouter à la série des généreux donateurs M. Ghauchar<1 de qui la coUeclion, peut-être un peu mêlée, contient toutefois di oeuvres, toutes modernes, du plus grand m.érite.

Le Salon carré, 91

ECHANTILLONNAGE

Sur la méthode adoptée au Louvre pour l'aména- I gement et la présentation des œuvres d'art, il y : aurait bien à dire. Elle manque de logique, objectent I beaucoup, et d'unité.

Ce Salon carré lui-même, où nous entrons, témoigne d'errements anciens que contredit, pour : presque tout le reste, l'ordonnance, notamment, des tableaux, classés dans les autres salles de manière ; à permettre au visiteur de suivre d'école en école le développement chronologique de l'Art, à l'étranger et chez nous. Tout au contraire, le principe d'un Salon carré trouble et confond les époques; c'est un Panthéon cosmopolite, anachronique et incomplet. De même, à Florence, nous avions naguère la tribune des Offices et, à Madrid, le Salon d'Isabelle, au musée du Prado : on les a supprimés; notre Salon carré est le dernier vestige d'un système condamné.

C'est une des questions que les journalistes posent périodiquement aux artistes, dans les mois d'été, quand l'actualité politique chôme :

« Gomment voyez-vous le Salon carré ?

— Rond! » répondait récemment au questionneur un artiste de mes amis.

Le questionneur crut peut-être à une plaisanterie; du moins, la plaisanterie était significative, et l'artiste voulait dire qu'il ne voyait pas la convenance ou l'utilité d'une réunion de chefs-d'œuvre arbitrairement choisis entre les plus admirables, et qui disqualifie les tableaux laissés à leur rang dans les autres galeries. Du reste, le Salon carré actuel, où ne figurent

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ni Rembrandt, ni Rubens, ni Durer, ni Holbein, ni Watteau, ni un seul primitif, ni un seul artiste moderne, et où sont comme égarés Velasquez et Poussin parmi les maîtres de la Renaissance italienne, ne correspond certainement plus à son idée première. Il est probable qu'on renoncera tôt ou tard à cet échantillonnage déjà très réduit, et que cett* salle, en raison de ses dimensions vastes, restera consacrée aux grandes peintures décoratives.

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