LA METHODE DOIT VARIER AVEC L'OBJET DE L'EXAMEN
Sans doute, nous aurions bien toujours à nous demander si Vœu{>re est vraie (et nous savons en quoi consiste la vérité d'une œuvre d'art), à découvrir dans le style de l'artiste son intention, à rechercher les causes qui ont pu faire naître cette intention dans son esprit, les moyens dont il disposait pour la réaliser. Ce sont là des questions générales que nous pouvons nous poser devant tout artiste et toute œuvre d'art. Mais ces moyens, ces causes, cette intention, la nature de cette vérité, comportent une série infinie de nuances. C'est diversement qu'il convient d'interroger l'art moderne et l'art gothique, Rome païenne et Rome chrétienne, la Renaissance et l'Egypte, les Idéalistes et les Réalistes...
A un autre point de vue, je suppose que, variant nos expériences, nous voulions étudier tour à tour un (( genre », par exemple le portrait, une époque, les Primitifs, une race, les Flamands, un maître en particulier, Rembrandt, l'opposition de deux génies, Michel-Ange et Raphaël, Ingres et Delacroix, etc., croit-on que le même itinéraire puisse suffire à nous guider dans toutes ces très différentes provinces de l'esprit?
Je ne pense pas qu'il soit possible de trouver une méthode unique et universelle, exclusive etinfaillible, pas plus pour l'étude des œuvres d'art que pour toute autre étude. Tout varie avec l'objet particulier de la recherche et avec le caractère du chercheur, rien ne supplée l'effort personnel, et la seule bonnç
Conclusions. i3^
méthode est celle que chacun se crée pour son propre usage, expérimentalement, sans étroit esprit de système, après s'être, toutefois, bien précisé les conditions selon lesquelles les œuvres d'art sont ollertes à notre examen dans les musées, et après avoir demandé à la vie le point de départ nécessaire : aussi avons-nous donné nos premiers soins à fixer et ces conditions et ce point de départ.