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CHAPITRE XIV

La force publique

CONTRAIREMENT à iiotre armée qui, depuis 1830, n'a plus eu l'occasion de montrer ses qualités militaires, mais du courage de laquelle personne ne doute cependant, la petite armée congolaise a déjà fait ses preuves et tous ceux qui ont eu l'honneur de conduire au feu une de ses fractions, savent combien on peut compter sur son courage discipliné.

Lorsqu'en 1897, une compagnie vint à Tervueren et manœuvra en présence de nos concitoyens, tous furent émerveillés de la rectitude avec laquelle, tous ces soldats exécutaient les différents commandements militaires.

Mais beaucoup de spectateurs se figuraient que c'était une compagnie absolument spéciale, et que l'on n'avait envoyé en Belgique que des sujets soigneusement choisis.

C'est une grave erreur.

Neuf compagnies sur dix, exercent aussi bien que celle que l'on a vue à Tervueren.

Tous ces gens sont nés soldats et pour eux, l'exercice est un jeu, l'état militaire une distraction, et la guerre une récréation plus ou moins dangereuse.

Aussi, n'en doutez pas, nous possédons au Congo, une réserve presqu'inépuisable d'hommes aptes à la guerre et qui ne demandent qu'à marcher.

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La question est de bien les encadrer, et je le proclame avec orgueil, nul n'est mieux à même de le faire que les officiers et les sous-officiers de notre armée.

Pour bien faire connaître ce qu'est à présent la force publique au Congo, je ne crois pas pouvoir mieux faire, que de publier les renseignements qui ont été donnés par le Ministre des Colonies lui-même, aux Membres de la Chambre des Représentants.

~ La durée du service dans l'armée active est de sept ans. Pour l'année 1909, le contingent de la force publique a été fixé par le décret du 16 décembre 1908 à 2,200 hommes.

« Le contingent de 1908 a été de 2,200 miliciens et de 600 volontaires pour un effectif total de 13,886 hommes.

^ La force ])ublique comprend :

1" 23 compagnies actives réparties entre les différents districts. La majeure partie des hommes tiennent garnison dans les chefs-lieux, les autres sont répartis en détachements dans les divers postes des districts ;

2"^ 3 camps d'instruction: Luki, Irébu et Lisala. On y donne l'éducation et l'instruction militaires aux nouvelles levées;

3° Un corps de réserve. Il peut être rapidement mobilisé en vue de parer aux besoins urgents et se compose des militaires licenciés qui sont groupés autour de certains postes de la colonie ;

4° Une école de candidats sergents comptables, où sont formés les gradés noirs nécessaires à la bonne administration des unités ;

5"^ Une école d'armuriers noirs.

" Les cadres européens de ces unités comportent des capitaines commandants de première et de deuxième

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classe, des capitaines, des lieutenants, des sous-lieutenants, des agents militaires, des chefs comptables militaires, des premiers sous-officiers et des sousofficiers. Quant aux cadres indigènes, ils ne comprennent que des gradés subalternes, sergents-majors, premiers sergents, sergents et caporaux.

" Le cadre de la Force publique forte de 13.886 hommes, est ûxé comme suit : Le commandant de la Force publique avec résidence à Boma, 18 commandants, 33 capitaines, 144 lieutenants et sous-lieutenants, 246 agents militaires et sous-officiers, 20 sousofficiers armuriers.

« Les officiers de la Force publique, les agents militaires et les chefs-comptables militaires sont nommés par le Roi; les premiers sous-officiers et les sousofficiers par le Gouverneur Général.

" Les officiers sont recrutés parmi les officiers appartenant aux forces actives ou de réserve d'armées européennes, ainsi que parmi les sous-officiers qui, après avoir servi au moins trois ans en Afrique et j avoir subi une épreuve pratique, ont satisfait à un examen scientiiîque à Bruxelles. Les sous-officiers sont recrutés également parmi les sous-officiers des armées régidières, ceux qui n'ont pas les aptitudes voulues pour être nommés sous-lieutenants, mais qui sont méritants, sont promus agents militaires ou chefs-comptables militaires. Les sergents-majors et les premiers sergents sont nommés par le Gouverneur Général; les sergents et les caporaux, par les commandants territoriaux sous les ordres desquels sont placées les unités actives.

« Grâce à des efforts persévérants et méthodiques, il a été possible d'améliorer encore, au cours de cette

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année, le recrutement, l'organisation, l'équipement, l'armement et l'instruction des troupes.

« Les recrutements des soldats s'opèrent plus régulièrement, ils sont mieux répartis sur toute la population, ils sont échelonnés sur toute l'année et s'opèrent trimestriellement et par quart du contingent pour chaque district ou zone.

« Les meilleurs soins sont donnés aux hommes de nouvelle levée pendant leur voyage vers les camps d'instruction. Tous sont pourvus, avant de quitter leur district ou leur zone, d'une tenue en toile, d'un fez et d'une couverture. A leur arrivée dans les camps, ils reçoivent en outre une vareuse tricot. De plus, des mesures sont prises pour que les recrues puissent se faire accompagner de leur femme. Un pagne d'habillement est remis aux femmes des jeunes miliciens ou volontaires au moment du recrutement ou de l'engagement.

« L'habillement, l'équipement, le logement et la nourriture font l'objet des préoccupations de l'administration, qui cherche à les adopter le mieux possible au climat. C'est ainsi que tous les hommes ont pu recevoir deux tenues et une vareuse tricot et que la majorité des objets de buffleterie et d'équipement ont été renouvelés.

« Des progrès ont également été réalisés dans l'armement et dans l'instruction du tir. Les fusils défectueux ont été remplacés; le matériel de tir réduit et de tir à balles a été perfectionné.

« L'instruction et l'éducation militaires sont données dans les camps avec tous les soins voulus et sont ensuite perfectionnées dans les unités actives. Le séjour des recrues dans les camps a été prolongé dans la mesure du possible, de manière à n'envoyer les

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jeunes troupes dans les compagnies actives qu'après un an d'instruction.

" Des écoles ont été instituées dans les camps et dans certaines unités actives pour les enfants des militaires, ainsi que pour les gradés noirs et pour les soldats désireux d'apprendre à lire et à écrire.

« Les cours donnés à l'école des candidats sergents comptables, ainsi qu'à l'école des armuriers noirs, commencent à produire des résultats.

" Déjà les compagnies disposent de sergeiits comptables et d'aides armuriers sortant de ces écoles.

« Les soldats étant traités avec la plus grande humanité, un très grand nombre d'entre eux demandent, à la fin de leur terme, à être rengagés. Tous les rapports constatent le grand dévouement des soldats noirs à leurs chefs. Les cas d'indiscipline sont rares.

« Afin de mieux constituer les unités, surtout les détachements, et de placer ainsi les gradés noirs et les soldats sous la surveillance plus constante des officiers et sous -officiers blancs, on a renforcé les cadres européens de manière à donner à chaque unité active un gradé blanc par peloton de 50 militaires noirs et on tend graduellement à confier le commandement des soldats détachés dans les postes à un gradé blanc et non plus à l'agent territorial chef de poste. Cette dernière réforme ne peut se réaliser toutefois que progressivement, à raison des dépenses qu'elle entraîne, r, A ces renseignements, je crois devoir ajouter ceux-ci :

L'occupation du pays devenant de plus en plus complète, l'effectif de la force publique doit forcément être augmenté, et le contingent pour 1910 est porté à 8,375 hommes, soit donc 1,175 en plus que les années précédentes.

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Ci-dessous se trouve un tableau indiquant la solde, les allocations diverses ainsi que la retenue extraordinaire que, le cas échéant, on peut faire sur la solde des soldats noirs

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