‹ Pourquoi je me suis fait congréganiste? [microforme]Chapitre 13 sur 35 · MOY ENS DE SALUT · texte numérisé non relu

MOY ENS DE SALUT

La prière. La confession. La communion.

Pour se sanctifier, il faut prier beaucoup ou plutôt, comme le disait N.-$., prier sans cesse.

—Voilà ce que je ne comprends pas. Il m'est impossible d’être sans cesse occupé à réciter des prières ; je dois travailler pour soutenir ma famille.

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Le PÈRE. —Aussi n'est-ce pas de la sorte qu’il | faut entendre les paroles de N.-S. Je vais tâcher de vous en faire saisir le sens par deux comparaisons farmilières.

L'homme qui veut s’instruire, l'apprenti qui désire apprendre un métier, après s'être choisi un maître, lui demande assistance pour bien faire sa besogne. Il le remercie de ses conseils, reçoit ses corrections et retouche, d’après sa direction, l’ouvrage qui a été mal fait. On peut dire de cet homme qu’il est en instance continuelle près de son maître pour apprendre son métier.

Mieux encore. Les enfants à la maison prient constamment leurs parents parcequ'ils vivent avec eux dans une union constante.

Mais voyez quelle variété d’actes cette union produit. L'enfant demande, il remercie, il converse avec res parents, il se laisse reprendre et corriger par eux, il leur témoigne son amour.

Dans cette union, dans cette réciprocité de secours de l4 part des parents, de respectueux attachement de la part de l’enfant, celui-ci trouve tout ce dont il a besoïn : il est nourri, protégé et aimé.

Telle est aussi l’idée que nous devons nous faire de la prière, ou, pour parler plus exactement, de l’esprit de prière que Jésus nous recommande avec tant d'instance.

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vous sans cesse uni À moi pour que je puisse à vous aider, vous corriger et vous sanctifier.

Apprentis de la sainteté, nous devons nous tenir près de notre maître pour recevoir ses leçons et son assistance.

Enfants de Dieu, nous devons avoir avec notre père et notre famille du ciel les bonnes relations que des enfants ont avec leurs parents de la terre.

Ainsi prier n’est pas seulement réciter à genoux des actes d’adoration ou de demande, mais prier c'est travailler uni à Dieu, prier c’est lire un bon livre, entendre un sermon, s'approcher des sacrements, se confesser et communier: en un mot,

en relation fréquente avec lui.

Vous comprenez HAS RAR comment N.-$.

pu dire: ‘“Priez sans cesse,” c’est-à-dire, E

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—Oui, cela change mes idées sur la prière. Je vois maintenant comment il faut l’entendre.

Le PÈRE.--Vous comprenez aussi quel puissant moyen de sanctification la Congrégation offre à ses membres en les faisant prier souvent: et par l'office du dimanche, et par le sermon qui s’y donne et par la confession et la communion du mois.

De plus, ces prières seront toujours faites dans les meilleures conditions pour en assurer le succès,

Le dimanche matin, à l’office, le congréganiste prie en union avec ses confrères. Or Jésus s’est engagé formellement à exaucer toujours les prières faites en commun.

‘Je vous le dis de nouveau que si deux d’entre ‘* vous s'unissent sur la terre, ce qu’ils deman- ‘* deront leur sera accordé par mon Père qui est ‘* dans les cieux. Car où deux ou trois personnes

‘* seront assemblées en mon nom, là, je serai au

‘* milieu d'eux.” St. Matt. 18, 201.

Le congréganiste prie en union avec les congréganisies de l’univers entier, en union avec les

saints du ciel qui furent autrefois membres de | l'association, enfin il prie en union avec la Vierge È Marie qu'il prend pour son avocate et pour sa | mère. Comment de telles prières ne seraient-elles À

pas toutes puissantes sur le cœur de Dieu ?

La Congrégation et la confession.

La confession est une autre forme de la prière

telle que nous venons de l’exposer dans son sens |

le plus large.

L’ouvrier qui a fait de mauvaise besogne va

trouver son maître pour être corrigé et redressé. |

Le fils qui se sent coupable sollicite de son père le pardon de ses fautes et de charitabies conseils pour les éviter dans l’avenir.

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Malgré les leçons de Jésus notre maître et les grâces qu’il nous donne, nous sommes si faibles et si portés au mal! Nous tombons si souvent!

Eh bien! en dépit de nos chutes, N.-$. promet cependant de nous sanctifier et de nous sauver, à condition que nous allions lui avouer nos misères dans le sacrement de pénitence.

C’est là, en effet que Jésus nous prouve de la manière la plus touchante, le d'sir ardent qu’il a de sauver nos âmes. Point de passion quelque violente qu'el.e soit, qui ne finisse par diminuer et par s’éteindre sous l’influence de la confession. Point de vertus que nous ne puissions pratiquer en employant souvent ce divin secours.

Se confesser. C'est comparer notre âme à l’Ââme de Jésus notre modèle. C’est voir les erreurs de jugement et de conduite où la passion nous a entraînés. C’est recevoir les leçons de N.-$. pour prendre peu à peu les habitudes et les mœurs des saints.

Se confesser. C’est se relever promptement de ses chutes et se remettre presqu'’aussitôt à la besogne de la sanctification. Ainsi l’homme empêche le péché de prendre racine dans son âme et de devenir une habitude dangereuse, parce que, comme dit saint Grégoire ‘* un péché qui n’est ‘* pas effacé par la pénitence, nous fait bientôt ‘ par son propre poids tomber dans un autre ‘* péché.” Ô

Se confesser enfin. C’est donner à N.-$. la plus grande preuve de confiance dans la bonté misé- } ricordieuse de son divin cœur.

La Congrégation vous fera vous confesser souvent, au moins tous les mois. |

—C'est bien là, je vous l'avoue, ce qui me | coûtera le plus, si je me fais congréganiste. Je ne suis pas habitué à me confesser aussi souvent que cela. Voilà, je crois, ce qui empêche bien des homises d’entrer.

Le PÈRE.—Pourtant vous en conviendrez, c’est le seul moyen d'arriver à la sainteté. Un apprenti ne deviendra pas bon ouvrier, en fuyant les corrections de son maître. Un fils coupable n’ob-

tiendra pas la bienveitlance de son père rr s’obstinant à s'éloigner de plus de la maison paternelle. Nous tombons souvent dans le péché, il faut donc nous relever souvent aussi.

Cet engagement dites-vous, est difficile pour les gens du monde. Je le sais bien. Tous les efforts du démon ne tendent qu’à un seul but : éloigner les hommes de la confession. S'il y réussit, il est certain ensuite de les entraîner dans des habitudes de plus en plus mauvaises.

Acceptez donc bravement le remède, quelque pénible qu’il soit. Ne craignez pas de vous appro. cher de Jésus. C’est un père toujours disposé à l’indulgence et au pardon.

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La confession vous préparera à la plus grande et à la plus excellente de toutes les prières, la Sainte Communion.

La Congrégation et la Communion.

Les congréganistes s'engagent à communier régulièrement tous les mois, mais grand nombre d'entre eux en viennent bientôt à communier bien plus souvent, tous les quinze jours ou tous les huïc Jours et même tous les jours.

Il n’est pas difficile, en effet, d'amener un homnie à la communion fréquente dès qu'il est décidé à la confession fréquente, car en définitive, il n’y a que la confession qui coûte. Lorsqu'on a l'âme en état de grâce on s'approche volontiers de N.S$.

[nutile de vous expliquer longuement les avantages de la communion. Jésus les a tous résumés dans un mot: ‘Celui qui mange ma chair, a la

vie éternelle.” (St Jean, c. 55).

L'homme qui fréquente N. $. apprendra bien vite de lui à devenir un saint.

Il se guérira promptement de ses passions et de ses habitudes mauvaises.

Il aura l’assistance nécessaire pour bien remplir ses devoirs et pour résister aux tentations du monde et du démon.

Le PA ms

Cet homme sera assuré de se former à la ressemblance du Fils de Dieu comme le firent les apôtres et les disciples de Jésus. Tandis que les autres fidèles ne venaient que de temps à autre recevoir ses instructions etse faire corriger de leur fautes, les apôtres avaient le bonheur d’être sans cesse dans sa compagnie, d'entendre ses leçons intimes, de vivre avec lui cœur à cœur, dans l’amitié la plus douce

Telle est aussi la situation privilégiée que la Congrégation assure à ses membres. En comparaison des chrétiens du monde, elle en fait

réellement des familiers et des amis intimes de À

Jésus.

‘Confession et communion,disait saint Alphon- ‘se de Liguori, voilà la source de tous les biens, ‘* c’est ce qui abat les passions et ce qui fortifie ‘‘ contre les assauts de l'ennemi du salut. Sans ‘les sacrements, on va de chute en chute,” comme aussi avec les sacrements on monte de degré en degré jusqu’à la sainteté la plus haute, jusqu’au ciel.

Les arbres au printemps sont plus ou moins prompts, selon leur nature, à se parer de feuilles et de fleurs ; maïs ils finissent tous cependant par recevoir ces ornements s'ils sont exposés aux rayons bienfaisants du soleil.

Il en est ainsi des âmes.

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Quelle que soit leur dureté et leur lenteur à laisser circuler en elles la sève divine, cependant un peu plus tôt un peu plus tard, elles en viendront à produire enfin des fruits de salut, sous l'influence bienfaisante du vrai soleil de vie.

Pour achever de vous expliquer les avantages des Congrégations, il me reste encore à vous parler de la réparation et des bonnes œuvres qu'elle fait pratiquer à ses membres, puis de la persévérance qu’elle leur assure dans une vie sainte.

Ce sera le sujet de notre prochain entretien.

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