‹ Pourquoi je reste à la campagneChapitre 2 sur 17 · I. îîH'^^^sieui' Tillemain i^^ût été presque · texte numérisé non relu

I. îîH'^^^sieui' Tillemain i^^ût été presque

^onde; et, de V Louise, il

1 salon arité

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lecture en tête à lo.

.adant lesquelles Félix donnai,, douloureuse émotion. A la fin, il dit à au manuscrit :

« Oui, c'est bien cela ! c'est à peu près ce que j'avais a^ ^T^ A présent, Anselme , retournez auprès de Julien ; portez^w *" ma part ce premier secours, puis revenez... vous dînet^^ nous... Il faut que cette soirée compte dans vos souvenirs comte dans les miens. Nous dînons à sept heures I »

Puis Félix se. dirigea vers la chambre de sa femme, qui s'ha^ billait. Il entr'ouvrit la porte, et dit sans s'arrêter :

« Louise, sois gaie ce soir t Nous partons tous pour Montgillier demain matin ! »

Après quoi, il sortit pour donner quelques ordres, fit quelques emplettes, quelques préparatifs de départ, et rentra à six heures et demie.

En revoyant son salon et sa salle à manger, il ne put retenir une exclamation d'étonnement. Tout y était arrangé avec un goût, une distinction que Félix n'aurait cru possible qu'après plusieurs années d'étude mondaine. On eut dit que les fées y avaient passé pendant les courts moments de son absence, et que leur magique baguette avait tout transfiguré. Mais la sur* prise de monsieur Daruel fut mille fois plus vive, plus délicieusa encore, lorsque Louise entra dans le salon.

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Sauf U Èn^ÉfUè de 0es traHs,la dêReâle fruîchetnr de son teint et Féelat lim^de de son regfard, ce n'était plus la même femme! Psnr aiftoiii', par hrstinet, par une sorte de dlrinatTon charmante qjB» peuvent donner les sentiments passionnés, elle avait, en qoet^oes heores , réalisé tes plus idéales perfections de cet art indéfinissable, intelligible seulement pour quelques organisatkms fines et nerreases , que monsieur de Balzac a souvent indiqué en maître, mais qn^îl a eu, presque toujours, le malheur de prendre du côté corrupteur et dépravé. Naïvement belle et gracietfse jusqu-alors, Louise, sans rien perdPre de sa grâce originale, était devenue séduisante et poétique. Elle eât fait pâHr de jalousie la PMsienne la plus raffinée : sa toilette, étonKMrte de ehasteté et d'élégance, était le cbef-d'œuvre de la meilleure couturière de Paris, inspirée et guidée par une iiïiel)igene<e supérieure à la siennie. Il y avait, en même temps, ùsùs mû regard fixé srxr Félix, nue telle expression de tendresse pudique et presque timide, que son mari comprit tout. Ces deux, cœurs étaient habitués à achever ensemble le sentimmyt eonnneneé par chacun d'eux. Félix devina que c'était là use nouvelle forme de F amour de Louise ; qu'ette aussi lu! avdil i^éparé cette dooee surpme pendant qu'il lui en ménageait une autfe; qu'elfe avait voulu flatter en lui, dans cette mémorable soirée, devant ces convives dPélite, cette secrète fail^esse de vanité et d^orgneit à laquelle sont accessibles les meilleures natures : il ne la remercia pas; il la regarda, et tout fut dit.

Les invités furent exacts : on annonça le dîner : je n'en décrirai pas les merveilles. Félix, qui ne s'était mêlé de rien, en ftit si ^louî, que peu s'en fallut qu'A n'exprimât tout le premier l'admiration témoignée par ses hôtes; mais il eut bientôt un autre sujet, plus relevé, d'étonnement et de joie. On était dix. nombre exeellent pour une convfersafion générale entre personnes qui se conviennent. La causerie, vive et charmante, fût merveilleusement dirigée et soutenue par Louise. Seule en présence de ces hommes célèbres à divers titres, de ces juges difficiles, ayant à caresser et à concilier tous ces amours-propwe, h placer chacun sous son jour le plus favorable sans feîre ombrage au voisin, ayant à repeindre à la spécialité de tous sans

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les y restreindre, elle y mit un tact, une finesse, une légèreté de main si incroyables , que ce fut, au hont d'une heure , un raviissement universel. Si son mari, quinze jours aii;jaravani, avait obtenu ^n succès analogue dans le salon de» f'rere»-^ovençaux, ce fut bien autre chose cette fois en petit coihité, et dans cette réunion choisie où pas un trait n'était perdu : car rîeti n'égale, en pareil cas, l'influence magnétique d'une jolie femme, donnant gracieusement la réplique aux esprits les plus briltants. On se sentit transporté dans une atmosphère toute nouvelfe : chacun se surpassa: ceux qui n'étaient que spirilueb, fuirent éloquents : Louise eut des mots dignes de monsieur Tillémain ou de madame de Girardin. — Mais où diable a-t-elle pris tout cela? pensait M. Daruel, dont l'ébahissement eut été presque comique , s'il ne s'y était mêlé une émotion profonde ; et , de temps à autre , à un regard rapide que lui lançait Louise , il comprenait que tout cela était par luj et pour lui.

*~ Madame, dit le diplomate en reconduisant Louise au salon après le dîner, ne seriez-vous pas, par hasard, dame de charité de cette fameuse paroisse de S^iut-Sauveur, dont monsieur Daruel est le marguillier?

Tous, d'un mouvement unanime, s'approchèrent de Félix :

« Ah I lui dirent-ils, nous savons maintenant pourquoi vous ne voulez pas quitter votre retraite : quand on possède un pareil trésor, que peut-on demander de plus à Dieu et au monde? Nous comprenons qu'on s'enferme avec lui dans la solitude comme un avare ayec son or, et que l'on repousse tout ce qui lui déroberait un batt^'Caent du cœur, une heure de la viel..

— Oui, mes amis, vous dites vrai, reprit Félix doucement ému ; et peut-être me pardonnerez-vous déjà si je vous annonce que je pars lemain matin, que je vous ai réunis ce soir pon. vous faire les adieux, et que je vais m'enfuir avec mon bonheur intact 6t agrandi... Mais ce n'est là que la moitié de ma réponse : V autre est plus triste et plus sombre. Je vous l'ai dit, vous m'appartenez pour ce soir: permettez-moi, à présent, de vous moûtrer, par deux douloureux exemples, à vous, les heureux et tes élus de ce monde, que le vieux précepte « Cache ta viel » est encore le plus sage, et que, là où vous ayez trouvé des riv es enchantées et des îles verdo vantes, d'autres ne ren-

contrent que des récifs. Mon bonheur Tient de plaider pour mes projets de retraite ; je vais faire plaider maintenant le mal* heur de deux hommes que j'ai connus et aimés. Je ne crois pas qu'on joue aujourd'hui de drame bien intéressant : celui-ci a du moins le mérite d'être vrai : d'ailleurs les théâtres sont bien loin, et vos fauteuils sont là qui vous attendent : si je vous ennuie, vous êtes trop polis pour me le dire, et ma femme permet le cigare... »

Tous prirent place en silence. Louise s'assit sur une causeuse, appuyant sa tête pensive sur sa jolie main. L'auditoire se groupa autour d'elle : Anselme, muet témoin de cette scène, passa le manuscrit à Félix Daruel, et celui-ci commença sa lecture.

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