BULGARIE
DECROISSAÎ^CE DES PERTES. FRANÇAISES par rapporr aux. affectifs mobilises
FJânchej^
Le magnifique effort anglais vaut qu’on s’y arrête. En 1914, l’Angleterre part en campagne avec 175.000 hommes. Dès le mois d’octobre de cette même année, elle enregistre 750.000 volontaires. Six mois après, elle en compte 2 millions. En septembre 1915, ce chiffre s’élève à 3 millions et, au commencement de 1916, près de 4 millions. Aujourd’hui, après l’introduction du service obligatoire, l’armée anglaise compte plus de 5 millions de soldats.
A la séance de la Chambre des Communes du 14 janvier 1918, Sir Auckland Geddes, ministre du Service National, déclarait que l’armée britannique comptait plus de 4 millions d’hommes. L’effort fourni par la nation, en tenant compte des pertes, des prisonniers, malades et mutilés, se chiffrait par 7.500.000 hommes, dont 4 millions et demi fourni par l’Angleterre seule, 620.000 par l’Écosse, 280.000 par le pays de Galles, 170.000 par l’Irlande et 900.000 par les Dominions et colonies.
Dans ce total n’entre pas le nombre énorme des travailleurs des usines de munitions, des chantiers maritimes, etc.
On sait quels magnifiques efi^orts ont réalisé les colonies anglaises. Le Canada seul, qui a une population de 8 millions d’habitants, a enrôlé, dès le début de sa participation, bien près de 400.000 volontaires. Rien qu’en 1916, il a transporté sur notre front 165.000 hommes. Et quels hommes ! Un demi-million de Canadiens sont sur les champs de bataille de l’Entente.
L’effort anglais, auquel il faut joindre celui des Canadiens, Australiens, Néo-Zélandais — les fameux Anzacs, — Hindous, tient tête, sur le front occidental, à 42 divisions allemandes, tandis que l’armée française doit faire face elle-même a 81 divisions sur un front de plus de 600 kilomètres. On se rendra compte de la répartition des forces sur le front occidental quand on saura qu’une division allemande s’étend sur 4 km. 700 du front, une division française occupant elle-même 5 km. 500, soit 1/6® de plus en longueur.
PRÛDUCTl'ON D'ARTILLERIE: LOURDS, êc 6a consoTTamahon par mètre linéaire
PjQnche //
La Puissance de Partillerie française.
A ces puissants effectifs, il faut un matériel également puissant. Les luttes militaires modernes sont, avant tout, des luttes d’artillerie. Tirs de destruction, tirs de barrage, emplissent de leur fracas les nuits et les jours. L’armée allemande entre en campagne avec une colossale artillerie lourde, dont était presque totalement démunie l’armée française, la seule qui pût s’opposer à l’envahisseur. Un seul chiffre suffirait à démontrer l’effort accompli à ce jour. La France, en 1914, possédait 300 pièces d’artillerie lourde, elle en possède aujourd’hui 6.000. Dans les récentes offensives, elle put mettre en jeu un canon lourd par 25 mètres de front. Si l’on compte l’artillerie lourde de tranchée, on arrive à la moyenne d’un canon lourd pour 8 mètres du secteur d’attaque. Ces pièces lourdes, jadis insuffisamment approvisionnées, ont aujourd’hui des réserves colossales de projectiles. Au cours des récentes offensives, les armées alliées de l’Entente ont lancé, par mètre linéaire de tranchée ennemie, 470 kilogrammes de projectiles de campagne, 203 kilogrammes de projectiles d’artillerie de tranchée, 704 kilogrammes de projectiles d’artillerie lourde et 123 kilogrammes de projectiles d’artillerie lourde dite de grande puissance, soit de calibres allant du 280 au 420 et même au 520.
Les forces en matériel de guerre des Alliés de l’Entente sont aujourd’hui proportionnelles aux forces en effectifs et il n’est pas osé d’affirmer qu’elles sont supérieures aux forces correspondantes des armées des empires centraux. Voyons d’abord ce qui s’est fait en France, où tout était à créer, non seulement en artillerie lourde, mais aussi en mitrailleuses. Les graphiques publiés ici, établis par la direction de l’armement, montrent clairement aux yeux l’immense effort qui a été mené à bonne fin.