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PUtSSANCt FINANCIÈRE DE LA FRANCE
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5 milliards 314 millions d’or, le stock d’argent étant de 260 millions. Et le fleuve d’or coule toujours vers la Banque de France. Rappelons que, lors du deuxième emprunt, les souscripteurs, en trois semaines, apportèrent aux guichets 81 millions en pièces d’or. Un seul souscripteur apporta 200.000 francs en louis d’or.
Sept millions d’or furent recueillis lors du dernier et troisième emprunt de 1917.
Ce triomphe de l’or, comme le recouvrement des impôts, n’est-il pas un sûr garant de la force financière et de la confiance du pays?
Encore un chiffre, celui des prêts faits par la France, malgré ses énormes charges personnelles, à ses alliés. Elle leur versa plus de
6 milliards, exactement 6.013.000.000 de francs.
La Force financière de l’Angleterre.
L’Angleterre n’est pas restée au-dessous du magnifique effort financier de la France. A la séance de la ChandDre des Communes du 24 juillet 1917, le chancelier de l’Échiquier, M. Bonar Law, à l’occasion d’une nouvelle demande de crédits de 650 millions de livres sterling, faisait un exposé détaillé de la situation financière de la Grande-Bretagne, en ce qui concerne les dépenses de guerre.
Le montant total des divers crédits votés pour la guerre atteignait, à cette date, 132 milliards 20 millions de francs, M. Bonar Law, faisant allusion à l’entrée en scène des États-Unis dans la guerre, concluait son exposé par ces paroles, qui valent d’être répétées :
« Maintenant — disait l’homme d’État anglais — que le pays qui possède les plus vastes ressources du monde entier s’est jeté de tout son poids de notre côté, nous pouvons répéter avec plus de vérité que jamais que ce ne sera pas le manque d’argent qui nous empêchera de remporter la victoire vers laquelle nous dirigeons tous nos regards. » i
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Pour satisfaire à ses formidables dépenses de guerre, l’Angleterre, comme la France, eut recours à l’emprunt. Le succès de l’emprunt anglais de février 1917 fut vraiment merveilleux. Le 26 février, M. Bonar Law apportait à la Chambre des Communes le chiffre global des souscriptions s’élevant à 25 milliards. Le précédent emprunt de 1915 avait produit 15 milliards 400 millions. Le nombre des souscripteurs à ce dernier emprunt avait été de 1.100.000. Ils étaient 5.280.000 à l’emprunt de 1917. En comptant les souscriptions infimes, a un shilling et au-dessus, inférieures à 15 shillings, les souscripteurs dépassaient 8.000.000 La nation anglaise tout entière avait souscrit. Toute la force financière anglaise, depuis la plus riche banque jusqu’au plus modeste épargnant, s’était donné rendez-vous aux guichets de l’Emprunt National.
Aussi, le chancelier de l’Echiquier, tout entier a son triomphe, ne put s’empêcher d’établir une comparaison, vraiment frappante, entre la force financière anglaise et la force financière allemande, comparaison basée sur les emprunts souscrits de ce côté et de l’autre du front. (L’Allemagne avait, à cette date, émis cinq emprunts, elle en est au septième.) La comparaison est curieuse et instructive. Laissons parler M. Bonar Law :
« Le produit total des cinq premiers emprunts de guerre allemands, — disait le chancelier, — est de 47 milliards de marks, qui équivalent à 2 milliards 350 millions de livres sterling, au taux conventionnel de 20 marks par livre, mais au taux de 28 marks par livre, qui est la valeur actuelle du marck, le produit total des cinq emprunts allemands n’est que de î milliard 678 millions de livres sterling. Depuis le commencement de la guerre, en négligeant tous les emprunts à court terme, les emprunts britanniques ont produit 2 milliards 2 millions de livres sterling qui, avec les bons de l’Echiquier dont la durée moyenne est de trois ans et demi, font 2 milliards 346 millions de livres. La population
de l’Allemagne est de 65.000.000 d’habitants, celle du Royaume- Uni, de 45.000.000., »
Il résulte du bilan financier des six premiers mois de 1917 que les revenus dépassent considérablement les précisions budgétaires. M. Bonar Law comptait sur un accroissement de 65 millions de livres sterling ; cet accroissement a été de plus de 91 millions de livres sterling.
La Force financière de Tltalie.
L’Italie a fait face, depuis son entrée dans l’Entente, à ses dépenses de guerre qui s’élèvent, d’une façon globale jusqu’en juillet 191 7, à près de 22 milliards, exactement 21 .61 0.1 98.762 francs. La dépense du dernier mois (juin 1917) se monte à 1.836.621 .243 francs, soit un peu plus de 60 millions par jour.
Les dépenses de guerre ont été couvertes, jusqu’à concurrence de 18 milliards 307 millions par les emprunts émis en 1915, 1916 et 1917, atteignant ensemble 14 milliards et demi; par l’émission de 3 milliards de bons du Trésor et par 610 millions de bons dits de fournitures.
De l’exposé de la situation financière du pays, fait par le ministre du Trésor, M. Paolo Carcano, nous extrayons les déclarations suivantes :
« Le Trésor est parfaitement assuré qu’il ne manquera jamais des moyens dont il a besoin pour faire face aux exigences de la guerre. Cette foi qui l’anime est alimentée par l’aide réciproque que, dans un esprit de solidarité fraternelle, les Alliés ne cessent de se donner, et plus encore, par le fait indiscutable, dont la preuve n’est plus à faire, que tous les Italiens, qu’ils soient riches ou pauvres, capitalistes ou représentants de l’épargne la plus modeste, tous indistinctement ont conscience du devoir et de
l’intérêt qui leur incombent et qui les engagent à prêter à TÉtat tout ce qui lui est nécessaire pour le salut et l’avenir de la patrie. »
Un quatrième emprunt de guerre a été émis en Italie dans les premiers mois de 1917. Les souscriptions recueillies à l’intérieur du royaume, à part les conversions, s’élèvent à plus de 3 milliards et demi de lires, dont 2 milliards et demi d’argent frais et i milliards 123 millions de lires en titres étrangers et bons du Trésor (1).
Ce sont là d’excellents symptômes de la force financière italienne, qui possède en outre à la Banque d’Italie environ 900 millions d’or et argent, pour une circulation de 3 milliards de billets.
La Puissance financière américaine.
L’aide financière qu’apportent les Etats-Unis aux Alliés de l’Entente est considérable. Le Trésor américain est inépuisable.
Dans une récente séance (septembre 1917) de la Commission des Voies et Communications, M. Mac Adoo, secrétaire du Trésor, a déclaré que le Gouvernement américain se proposait d’avancer aux Alliés de l’Entente 2 milliards et demi par mois, à dater d’octobre 1917 jusqu’en juin 1918.
Cette somme de 2 milliards et demi par mois est en réalité servie aux Alliés depuis que les États-Unis sont entrés dans le conflit. Le premier prêt a été fait le 25 avril 1917, et le dernier — 500 millions de francs à la Russie — a été fait le 24 août.
Une dépêche de New-York, datée du 7 septembre, annonce qu’un nouveau prêt d’un demi-miilard de francs a été consenti à l’Angleterre et à la France, ce qui porte le total des prêts américains aux Alliés à 1 1 milliards 382 millions.
Ces 1 1 milliards 382 millions se décomposent ainsi : 5 milliards
(1) L’Italie émet en ce moment (janvier 1918) son cinquième emprunt de guerre.
k l’Angleterre, 3 milliards à la France, 1 milliard et demi à la Russie, et le reste aux autres Alliés.
Le 5 novembre, le gouvernement des Etats-Unis consentait un nouveau prêt de 310 millions de dollars à la France, pour les mois de novembre et décembre 1917, et qui porte à près de 6 milliards le concours financier américain.
A fin décembre 1917, le montant des avances des États-Unis aux Alliés s’élevait à près de 4 milliards et demi de dollars, exactement 4.236.400,000 dollars.
Le 7 septembre, la Chambre des représentants américains votait sans scrutin, à l’unanimité, le plus formidable crédit qu’ait jamais voté un Parlement dans Thistoire. Le crédit s’élève à 1 1 milliards et demi de dollars, exactement 11.538.945.400 dollars, soit au cours du jour 57 milliards 695 millions de francs. Il est exclusivement consacré à la guerre.
Le 25 septembre, le Président Wilson signait le bill des crédits, connu désormais sous le nom de « bill des onze milliards de dollars
Les États-Unis dépassent dès les premiers mois de la guerre les dépenses des Alliés.
A la date du 16 septembre 1917, M. Fitz-Gerald, membre du Congrès et rapporteur de la Commission du budget, calculait le chiffre de prévision des dépenses des États-Unis pour la période finissant le 1®- juillet 1918.
Ce chiffre, d’après lui, s’élèverait à plus de 85 milliards. Rien que pour l’aviation, le crédit prévu serait de 3 milliards 200 millions.
A ce taux le gouvernement des États-Unis dépensera pour la guerre 250 millions par jour, dépassant ainsi l’Angleterre dont la moyenne trimestrielle la plus élevée a été de 197 millions par jour, d’après la déclaration du chancelier de l’Échiquier, M. Bonar Law, du 12 juin.
Ces formidables dépenses, les États-Unis les couvrent aussi bien par Temprunt que par des opérations de trésorerie et par les impôts de guerre. Le 2 octobre, la Chambre et le Sénat américains adoptèrent à mains levées la loi des impôts de guerre s’élevant au chiffre de 2 milliards 575 millions de dollars.
Le premier emprunt de la Liberté s’élevait à 2 milliards de dollars. Le deuxième emprunt, émis en octobre 1917 a produit plus de 4 milliards et demi de dollars.
L’enthousiasme pour ce deuxième emprunt, au dire des dépêches d’Amérique, dépassa toutes les prévisions. Dans de nombreuses villes, la campagne de l’emprunt fut ouverte au son des cloches des églises, au bruit des sirènes des usines et autres établissements.
Il est intéressant de reproduire ici l’appel lancé, à la date du 24 octobre 1917, par le Président des États-Unis pour ce deuxième emprunt de la Liberté :
« La force des États-Unis en cours de mobilisation, dit M. Wilson, vise à porter un coup mortel a l’autocratie prussienne, pour défendre les droits américains outragés et la cause de la liberté. Des milliards de dollars sont nécessaires pour armer, nourrir et vêtir les braves qui partent pour livrer la bataille pour leur pays et pour aider les autres nations avec qui nous faisons cause commune contre l’ennemi.
« Souscrire à l’emprunt de la Liberté, c’est rendre un service patriotique. En conséquence, moi, Woodrow Wilson, président de République des États-Unis d’Amérique, fixe la date du 24 octobre pour la journée de la Liberté et je recommande et conseille à tous les citoyens de s’assembler dans leurs communautés respectives et de promettre au gouvermement qui les représente leur appui financier dans la plus large mesure. Je demande que, dans l’aprèsmidi de ce jour soient tenues, dans chaque village, dans chaque ville, dans chaque bourgade de tout le pays, des réunions patriotiques sous la direction générale du ministre des Finances et sous la
direction immédiate des comités de l’emprunt de la Liberté formés par les banques fédérales.
« Le peuple a répondu noblement à l’appel pour le premier emprunt ; l’excédent des souscriptions a été alors de plus de 50 0/0. Puisse la réponse au nouvel appel être encore plus probante et le résultat en être si élevé qu’il soit la garantie d’un appui sans égal pour encourager les hommes qui doivent affronter les feux de la bataille pour la patrie. Puisse le résultat en être si impressionnant que l’écho s’en fasse entendre à travers tous les territoires de nos ennemis, pour leur faire comprendre ce que l’Amérique a l’intention de faire pour mener cette guerre à une fin victorieuse. »
Voici maintenant une dépêche de New-York, qui annonce le colossal succès de l’emprunt.
« New-York, 8 novembre. — Le secrétaire d’État au Trésor, M. Mac Adoo, annonce que le second emprunt de la Liberté, dont les dernières souscriptions ont été reçues le 27 octobre, a produit la somme énorme de 4.61 7.532.000 dollars, soit près de 27 milliards de francs, au cours actuel du change. L’emprunt a donc été couvert une fois et demie, le gouvernement ayant demandé seulement 3 milliards de dollars.
En annonçant ces chiffres fantastiques, M. Mac Adoo a fait remarquer que le succès du deuxième emprunt est plus grand encore que celui du premier, qui produisit 3 milliards de dollars pour 2 milliards demandés. En outre, M. Mac Adoo a exprimé la satisfaction de constater que le deuxième emprunt fut très populaire. En effet, 9.400.000 personnes ont souscrit, dont 9.306.000 pour une somme variant de 50 à 50.000 dollars et pour un total de 2.488.469.350 dollars.
L’Amérique possède une formidable réserve d’or.
Au début de 1916, le Président Wilson déclarait : « Si la guerre dure encore un an, l’Amérique aura drainé la moitié de l’or en
circulation dans le monde. » L’Amérique ne possède pas encore la moitié du stock mondial d’or. Elle n’en est cependant pas loin.
Au 1®^ août 1917,1e stock d’ or en dépôt dans les établissements financiers américains, y compris les Caisses du Trésor, s’élevait à plus de 3 milliards de dollars, exactement à 3.086.218.498, soit plus de 15 milliards de francs. Le stock mondial est évalué à 40 milliards.
Ces 40 milliards d’or se répartissent ainsi : 18 milliards dans les caisses des pays de l’Entente, 13 milliards aux États-Unis, 7 milliards dans le reste du monde, y compris les empires centraux.
Le stock d’argent est de 767.740.215 dollars, soit près de 4 milliards de francs.
Quelques chiffres encore pour montrer la progression de l’effort américain. En avril 1917, les dépenses quotidiennes de guerre s’élevaient à 9.919.000 dollars. En mai, elles progressent a 10.575.000 dollars. En juin, à 13.853.000 dollars. En juillet, elles sont de 24.957.000 dollars. Elles doivent atteindre, nous l’avons dit plus haut, 250 millions par jour, soit 50 millions de dollars.
Le formidable effort financier de l’Amérique correspond à l’effort militaire.