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uisœmts suu i.iiistoihe
poinl déclama leur, discret jusqu'à la lacilurnilé, cl absolument indifférent au mensonge. Il s’en servit avec une audace et une patience imperturbables pour amener ce qui lui paraissait le seul intérêt essentiel de l’Angleterre, le rotour pacifique du seul gouvernement qui pût être stable et régulier. Tout le reste n’était à ses yeux que questions douteuses et disputes de partis. Il y réussit. Toutes les fractions du grand parti monarchique suspendirent, pour le seconder, leurs anciennes animosités, leurs impatiences aveugles et leurs prétentions contraires. La restauration s’accomplit comme un fait naturel, seul possible, sans coûter une goutte de sang aux vainqueurs ni aux yaincus ; et Charlos II , rentrant dans Londres au milieu d’acclamations immenses , put diro avec vérité : « C’est certainement ma foute si je ne suis pas revenu plus tôt , car je n’ai vu aujourd’hui personne qui ne protestât qu’il avait toujours souhaité mon retour. »
Jamais gouvernement , ancien ou nouveau , ou relevé après être tombé, ne s’est trouvé dans de meilleures conditions de force régulière et de stabilité.
Charles II remontait sur son trône sans appui étranger, sans lutte intérieure, sans effort môme de son propre parti , par le seul élan de la nation anglaise enfin délivrée de l’oppression , et de IV narchic , et des fluctuations révolutionnaires, et qui n’espérait plus que de lui seul l’ordre légal et un avenir.
La monarchie se rétablissait après l’épuisement complet et la ruine définitive de ses ennemis et de ses rivaux. La république et le protectorat avaient paru et reparu sous toutes les formes , dans toutes les combinaisons qu’ils pouvaient affecter. Tous les pouvoirs , tous les noms issus de la révolution étaient usés et décriés. Le champ de bataille restait vide. Les fantômes mômes des combattants et des prétendants révolutionnaires s’étaient évanouis.
10U DISCOURS SUR 1,’HISTOIRF.
La royaulé n'était pas seule rétablie. En même temps que le roi remontait sur son trône , les grands propriétaires, les gentilshommes de campagne, tous ces citoyens considérables qui avaient soutenu la cause royaliste , reprenaient leur place dans le gouvernement du pays. La république et Cromwell les avaient exclus des affaires publiques, n’y pouvant supporter leur présence. En y rentrant, ils comblaient un grand vide dans l’organisation sociale. C’est l’erreur commune des révolutionnaires de croire qu’ils remplaceront tout ce qu’ils détruisent , et qu’ils suffiront à tous les besoins de l’Etal. Les républicains anglais avaient pu abolir la chambre des lords et chasser le parti royaliste de la scène politique; ils ne parvinrent point à tenir eux-mémes sa place, ni pour soutenir le pouvoir contre l’esprit d’anarchie., ni pour maintenir contre le despotisme les libertés de la nation. En môme temps qu’elle releva la monarchie héréditaire , la restauration rendit à la propriété foncière, aux campagnes, aux
l'E i.A niivoLurioN d angleieuhe. ios traditions de famille , à la portion la plus ancienne et la plus élevée de l’aristocratie territoriale du pays , leur rang et leur influence. Le pouvoir retrouvait ainsi à la fois son principe de stabilité et ses alliés naturels ; et la société politique , depuis onze ans mutilée et flottante, rentrait en possession de toutes ses forces et se replaçait sur toutes ses bases.
Le gouvernement de la société religieuse , l’Église épiscopale, se relevait en même temps que la royauté. Certes, l'origine de l’Église anglicane, née à la voix et élevée à l’ombre du pouvoir temporel, a été pour elle une grande infirmité, comparée à l’origine purement spirituelle et à la forte indépendance de l’Église catholique. Mais l’Angleterre en a retiré cet avantage que toute lutte a cessé entre le gouvernement de l’Église et celui de l’État : l’Église anglicane, intimement unie au trône et tenant de lui sa force première, lui a été constamment et loyalement dévouée; et malgré les taches de son origine et les faiblesses de sa
lIMi DISCOURS SUR Î.'IIISTOIIIK
conduite, elle n’a manqué ni de ferveur dans sa foi , ni de verlu dans sa vie , ni de courage el d’éclat dans l’accomplissement de sa mission. Elle a eu ses héros et ses martyrs, indomptables sur le chafaud et le bûcher, quoique souvent complaisants et faibles envers les rois. Quand elle fut rétablie, en 1660 , avec Charles II, elle venait do subir pendant quinze ans toutes les persécutions révolutionnaires, la spoliation, l’oppression de son culte, l’insulte, la prison, la pauvreté. Elleavail tout supporté avec dignité et constance ; elle se relevait, entourée du dévouement passionné du parti royaliste et du respect général de la population. Elle mit au service de la royauté une fidélité éprouvée et une autorité grandie par le malheur.
Les dispositions du peuple anglais répondaient à celles de l’Église : non que les seotes qu’elle avait longtemps opprimées, et qui venaient de l’opprimer à leur tour, cessassent de lui être ardemment ennemies ; non que les excès , odieux ou ridicules,
DE LA «EVOLUTION U'ANüLETKHHE.
du fanatisme cl de l’hypocrisie fissent partout place à une piété sage et vraie. Une réaction d’impiété, de frivolité, de licence et de cynisme, ne tarda pas à éclater. Mais elle ne- pénétra guère au delà des régions hautes et superficielles de la société : au milieu des scandales de la cour et des classes qu’atteignait de près la contagion de ses exemples, l’Angleterre restait pleine de chrétiens sincères et fervents ; les uns attachés ou ramenés à l’Église anglicane par le souvenir des maux et l'aversion des désordres qu’avait entraînés sa chute ; les autres engagés dans les sectes dissidentes que l’Église recommença à persécuter assez cruellement pour exalter leur zèle, pas assez pour les frapper de mort. Au sein de leurs luttes et do leurs haines mutuelles, l’Église et les sectes exerçaient les unes sur les autres une influence salutaire; elles se maintenaient ou so rappelaient réciproquement dans le respect de Dieu et de ses lois, dans la constante préoccupation des intérêts éternels
DISCOURS SUR I/HISTOIRK
•Je l’homme, dans la ferveur et l’activité de la' foi.
Ainsi , dans la masse de la population, les bases morales ne manquaient point à la monarchie réla blie, et elle retrouvait autour du trône, dans les classes que les habitudes de leur vie rapprochent du pouvoir, les appuis politiques dont elle avait besoin.
Deux ennemis redoutables, l’esprit de révolution et l’esprit de réaction , pouvaient seuls rendre
vaines tant de circonstances propices , et compromettre de nouveau la. monarchie.
L’esprit de révolution survit longtemps à sa défaite , et même à son impuissance démontrée. Des deux partis révolutionnaires qui avaient dominé l’Angleterre, la république et Cromwell, le dernier disparut complètement, si complètement que les fils du protecteur purent mourir en paix et oubliés dans leur patrie. Le parti républicain subsista , sans rien tenter, presque sans rien espérer pour sa propre cause, mais ardemment mêlé
à toutes les haines, à tous les complots contre le gouvernement établi, cherchant et trouvant incessamment dans les sectes persécutées , surtout en Écosse, des insurgés et des martyrs. Même dans les partis d’opposition légale, étrangers à tout regret et à tout désir républicain , les idées et les habitudes révolutionnaires demeuraient puissantes : les plus éclairés avaient l’esprit imbu do théories et le cœur prêt à s’émouvoir de passions incompatibles avec les luttes patientes et les transactions obligées de la monarchie constitutionnelle; les plus modérés considéraient la chance et glissaient sur la pente de révolutions nouvelles avec une facilité que repousse tout ordre stable et légal. Le venin révolutionnaire, amorti mais non expulsé, circulait encore dans les veines d’une grande partie de la nation anglaise, et l’entretenait dans un état d’intempérance politique plein d’obstacles et de périls pour le pouvoir.
L’esprit de réaction, cette maladie des partis vainqueurs, fomentait incessamment l’esprit de
révolution : non que l’on doive accueillir tous les reproches dont l’histoire poursuit, à ce titre, les cavaliers et l’Église d’Angleterre ; les révolutions longtemps souveraines, et enfin arrêtées dans leur cours, ont cette arrogante prétention que les iniquités qu’elles ont commises demeurent intactes; il faut qu’on se contente de réprimer désormais leur pouvoir malfaisant; elles qualifient de réaction toute réparation des maux qu’elles ont faits. Parmi les mesures prises sous le règne de Charles II pour redresser les torts que les royalistes, laïques ou ecclésiastiques, avaient soufferts pendant la révolution, plusieurs n’étaient qu’un retour naturel et nécessaire au droit violé. Mais ces retours ont des limites que le bon sens indique à la politique des gouvernements et à l’intérêt des partis eux-mêmes. On ne répare pas l’injustice par l’injustice; on ne met pas un terme aux révolutions par les provocations et les vengeances. Toute réparation qui prend de tels caractères perd son droit, et devient, pour la cause qu’elle prétend
DK LA RÉVOLUTION D’ANGLETERRE. JH
servir, un grave péril. La réaction religieuse surtout tomba, sous Charles II , dans ces excès déplorables : ce ne fut point la pure réparation des griefs et des maux de l’Église anglicane; ce fut une vindicative persécution des sectes dissidentes, un manque de foi envers les plus modérées de ces sectes à qui le roi , au moment de son retour, avait solennellement promis la liberté. Charles tenta à plusieurs reprises de tenir sa parole et d’assurer aux dissidents quelque tolérance ; la persécution répugnait à son bon sens, à la douceur de ses mœurs, à son indifférence en matière religieuse, à son secret penchant en faveur des catholiques. Mais ses faibles et froides velléités de justice cédaient bientôt à l’obstination des haines ecclésiastiques età l’emportement des passions populaires. Aveuglé ou entraîné , le parti royaliste , dans le parlement et hors du parlement, s’y associait presque tout entier. Après 1660 , la réaction laïque fut limitée et courte; la réaction religieuse, un moment contenue , éclata bientôt avec violence,
DISCOURS SUK L’HISTOlHi:
se perpétua en s’aggravant, et créa la plupart des périls et des fautes , je pourrais dire des crimes, où tombèrent Charles II et son gouvernement.
Mais ces fautes et ces périls, bien que graves et tristes , n’avaient au fond , pour la monarchie et la société anglaise, rien de vital ni de menaçant. A considérer les choses dans leur ensemble , l’esprit de révolution ne possédait plus, et l’esprit de réaction ne domina point l’Angleterre. Depuis sa grande crise révolutionnaire de 1640 à 1660,le peuple anglais a eu ce bonheur, et ce mérite, qu’il a compris l’expérience et qu’il ne s’est jamais livré aux partis extrêmes. Au milieu des plus ardentes luttes politiques , et même des violences où il a tantôt suivi , tantôt poussé ses chefs , il 9’est toujours , dans les circonstances suprêmes cl décisives , contenu ou replié dans ce ferme bon sens qui consiste à reconnaître les biens essentiels qu’on veut conserver, et à s’y attacher invariablement , en supportant les inconvénients qui les accompagnent, ou en renonçant. aux désirs qui pourraient
DE l,A HEVOLUTION D’ANGI.ETKnHE. 113 les compromettre. C’est à partir du règne de Charles II que ce bon sens , qui est l’intelligence politique des peuples libres, a présidé aux destinées, de l'Angleterre. Trois grands résultats, encore confus et incomplets , mais irrévocables , et seuls essentiels aux vœux comme aux intérêts généraux de la nation anglaise, survivaient à la révolution qu’elle venait de traverser.
La royauté ne pouvait plus se séparer du parlement. La cause de la monarchie était gagnée : celle de la monarchie absolue était perdue. Des théologiens et des philosophes , Filmer et Hobbes, pouvaient ériger en dogme ou soutenir en principe le pouvoir absolu; leurs idées pouvaient exciter, dans les écrits et dans les entretiens, la faveur ou la colère des hommes de science ou de parti. Dans la pensée pratique île la nation, la question était vidée : royalistes ou révolutionnaires , tous regardaient l’intime union et le contrôle mutuel de la couronne et du parlement comme le droit et la nécessité du pays.
DISCOtTRS STTR L’HISTOIRE
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La chambre des communes était, en fait, prépondérante dans le parlement. 11 ne s’agissait plus de sa souveraineté directe; ce principe révolutionnaire était décrié et maudit ; la couronne et la chambre des lords avaient repris possession de leurs droits et de leur rang ; mais elles avaient été trop rudement vaincues et abattues pour retrouver leur ancienne supériorité, même par la chute de leurs ennemis ; et ni les fautes ni les revers de la chambre des communes n'abolirent entièrement ses terribles victoires. Devenu le maître , le parti royaliste, dans ses rapports avec la couronne et l'administration de l’État, hérita des conquêtes essentielles du Long-Parlement. La confusion devait être longue, et souvent violente , avant que les partis divers, lorys ou vvbigs, gouvernants ou opposants, eussent appris à bien user de ces conquêtes , à en bien comprendre le sens et la mesure, et à maintenir, entre les grands pouvoirs publics, cette harmonie laborieuse qui fait le mérite comme la difficulté du gouvernement constitutionnel. Mais
à travers les tâtonnements de cet apprentissage, et malgré des apparences ou des formes souvent contraires, l’influence prépondérante de la chambre des communes dans les affaires publiques fat, à partir du règne de Charles II, un fait de plus en plus évident et assuré.
-A, côté, ou plutôt au-dessus de ces deux faits politiques , se plaçait le fait religieux également consommé par la révolution , la domination com -
plèteet définitive du protestantisme en Angleterre. Jamais , certes , les protestants anglais n’avaient été plus ardemment désunis; et Bossuet pouvait, à bon droit, se donner le superbe plaisir de contempler et de peindre leurs divisions et leurs luttes. Mais l’unité d’une foi et d’une passion commune persistait dans ces sectes qui s'échappaient en tous sens ; au milieu de leurs propres combats, elles professaient l’Évangile et combattaient toutes le catholicisme avec la môme ardeur ; et la liberté de conscience , sans cesse méconnue et opprimée par elles et entre elles , leur était à
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toutes, contre l’Église romaine, egalement chère
et irrévocablement acquise. ' - .
C’était là, dans sa pensée générale et intime, tout ce que demandait la nation anglaise à cette royauté ancienne dont elle accueillait avec transport le retour, décidée à supporter longtemps les fautes du gouvernement qui la préserverait de toute révolution nouvelle en lui assurant ces trois résultats de la révolution qu’elle venait de subir.
Mais ce fut précisément là ce que ni Charles II ni Jacques II ne surent ou ne voulurent pas accomplir.
En politique, Charles II était trop sensé et trop indifférent pour affecter ou pratiquer le pouvoir absolu. Il ne se souciait que de son plaisir, n’aimait le pouvoir que pour jouir de la vie , et admettait volontiers les ménagements et les transactions pour éloigner les périls des luttes extrêmes , ou pour s’en épargner les ennuis. Mais dans sa pensée , la monarchie absolue avait seule son estime et son goût. Il avait subi les coups et
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assisté aux égarements et aux mécomptes des institutions de son pays; il avait contemplé de près l’éclat de la cour de Louis XIV et la force de son gouvernement. Là se portaient son admiration et sa confiance. De là sapente à tomber, envers LouisXIV, dans une servilité vénale; il le regardait comme le chef du parti des rois , et ne ressentait pas toute la honte qui eût dù l’accabler quand il lui vendait la politique et les libertés de son pays.
En religion, Charles était à la fois sceptique et catholique, ne croyant à rien, et aussi corrompu d’esprit que de mœurs; mais pensant qu’après tout, s’il y avait quelque vérité dans la religion, elle était- dans la religion catholique, abri plus sûr pour les rois contre les périls du pouvoir, pour les hommes contre ceux de l’éternité.
Ainsi, quoique, dans sa vie, il ne se conduisit pas en souverain absolu et catholique, Charles était , dans son âme, catholique et absolutiste , en sympathie avec les rois du continent, point avec la foi et la politique de sa nation.
ira discours sur i.uiSTutRK
Jacques II était catholique et absolutiste avec foi , et, dans sa conduite, conséquent avec sa foi; de plus, aveuglément entreprenant, avec l’obstination d’un esprit étroit et stérile et la dureté d’un cœur froid et sec.
Tels étaient les deux princes que la restauration mit en présence de la nation anglaise, rentrant avec joie sous la monarchie et maudissant la révolution , mais instinctivement résolue à en conserver les grands résultats.
L’histoire d’Angleterre , dans tout le cours de la restauration, n’est que l’histoire de ce profond désaccord , lentement révélé mais enfin éclatant, entre deux rois et leur peuple, et des efforts persévérants du peuple anglais pour échapper aux conséquences de ce fait, c’est-à-dire à une nouvelle révolution. , '
Car l’Angleterre, durant cette époque, fut essentiellement conservatrice. Des factions ardentes, des ambitions égoïstes l’agitèrent de leurs intrigues, de leurs complots, de leurs insurrec-
DE I.A «ÉVOLUTION U'ANGLKTEKHE. 119
tions. Elle fui plus d’une fois entraînée par leurs efforts, ou par ses propres passions, dans des mouvements en apparence révolutionnaires. Mais loin de seconder les hommes qui cherchaient le renversement de la monarchie des Stuart, elle s’arrêtait et se rejetait en arrière dès qu’elle entrevoyait cette pente. Les conspirateurs et les insurgés ne furent, sous le règne de Charles II, que des minorités en désaccord avec le pays , même au moment où il leur montrait de la faveur. A mesure que la royauté restaurée faisait plus de fautes et laissait plus clairement percér ses tendances ou ses desseins, le mécontentement public s’aggravait, les chances de rupture entre le prince et le pays devenaient plus fortes; mais le pays luttait contre ces chances au lieu de les chercher. La nation anglaise a fait pendant vingt-six ans , pour maintenir la maison de Stuart sur le trône sans lui livrer ses lois et sa foi , tous les sacrifices, tous les efforts que pouvait commander l’esprit conservateur le plus patient et le plus soutenu.
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Toutes les phases du gouvernement anglais durant cette époque, la conduite et la destinée de tous les partis et de tous les ministères qui ont exercé le pouvoir, n’ont été quo des formes diverses et des preuves éclatantes de ce grand fait.
Par la pente naturelle des choses, l’ancien parti royaliste , les conseillers fidèles de Charles I” dans le malheur et de Charles II dans l’exil, furent les premiers en possession du pouvoir. Clarendon était leur chef. Esprit ferme, droit et pénétrant, ami sincère de l’ordre légal et moral , attaché avec courage à la constitution et avec passion à l’Église de son pays , plein de çespect pour les droits , écrits ou traditionnels, du peuple comme du prince, il détestait la révolution à ce point que toute nouveauté lui était indistinctement suspecte et antipathique. Premier ministre, il fut plus hautain que fier, manqua de largeur dans les idées et de générosité sympathique dans le caractère, et jouit de sa grandeur avec faste en exerçant le pouvoir avec roidour. Auprès du roi , qui lui por-