RÉSUMÉ* ET CONCLUSION
En résumé, les principes qui découlent du Spirituah'sme moderne — principes enseignés par les Esprits désincarnés, beaucoup mieux placés que nous pour discerner la vérité — sont les
suivants:
Existence de Dieu, intelligence directrice, tôt vivante, âme de l'univers, unité suprême -où viennent aboutir et s'harmoniser tous les rapports, foyer immense des perfections d'où rayonnent et se répandent dans linfini toutes les puissances morales: Justice^ Sagesse, Amour!
Immortalité de l'âme, essence spirituelle qui renferme à l'état de germe toutes les facultés, toutes les puissances; qui est destinée à les développer par ses travaux^ en s'incarnant sur les mojides matériels, en s'élevant par des existences successives et innombrables, de degrés en degrés, jusqu'à la perfection.
Communion des vivants et des morts;' action réciproque des uns sur les autres; permanence des rapports entre les deux mondes; solidarité de tous les êtres, identiques dans leur origiîie et dans leurs fins, différents seulement par leur situation transitoire: les uns à l'état d'Esprits, libres dans l'espace, les autres, revêtus d'une enveloppe périssable, mais passant alternativement d'un état à l'aHirc, la mort n'étant qu'un temps^ de repos' entre deux existences terrestres.
Progrès infini. Justice éternelle, Sanction morale; fâme, libre de ses actes et responsable, crée ellemême son avenir; suivant son état tiormal, les fluides grossiers ou subtils qui composent son périsprit et qu'elle a attirés à elle par ses habitudes et ses tendances ; ces fluides, soumis à la loi universelle d'attraction et de pesanteur, renlraîfient vers les globes inférieurs, vers les mondes de douleur où, elle souffre, expie, rachète le passé, ou
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bten la portent vers les sphères heureuses où la matière a moins cTempire, où régnent Iharmonie^ la félicité. L'ûwe, dans sa vie supérieure et parfaite^ collabore avec Dieu, forme les mondes^ dirige leurs évolutions^ veille aux progrès des humanités, à r accomplissement des lois éternelles
Tels sont les enseignements que le Spiritualisme expérimental nous apporte. Ils ne sont autres que ceux du Christianisme primitif, dégagé des formes d'un culte matériel, dépouillé des dogmes, des fausses interprétations, des erreurs sous lesquels les hommes ont voilé, rendu méconnaissable la philosophie du Christ.
La nouvelle doctrine, en révélant Texistence d'un monde occulte, invisible, aussi réel, aussi vivant que le nôtre, ouvre à la pensée humaine des horizons devant lesquels celle-ci hésite encore, interdite, éblouie. Mais les rapports que cette révélation facilite entre les morts et nous, les consolations, les encouragements qui en découlent, la certitude de retrouver tous ceux que nous croyions à jamais perdus, de recevoir d'eux les suprêmes enseignements, tout cela constitue un ensemble de forces, de ressources morales que l'homme ne saurait méconnaîtreou dédaigner sans danger pour lui.
Cependant, malgré la haute valeur de cette doctrine, l'homme du siècle, profondément sceptique, engourdi dans ses préjugés, n'y aurait guère pris garde si des faits n étaient venus les appuyer. Pour frapper Tesprit humaip, superficiel, indifférent, il fallait des manifestations matérielles, bruyantes. C'est pourquoi, vers i85o et dans divers milieux,
des meubles de toutes formes se mirent en branle, des murailles retentirent de coups sonores, descorps lourds se déplacèrent, contrairement aux lois physiques connues; mais, après cette première phase grossière, les phénomènes spiriteis devinrent de plus en plus intelligents. Les faits d'ordre psychique (du grec psuché^ âme) succédèrent aux manifestations physiques; des médiums écrivains, orateurs, somnambules, guérisseurs, se révélèrent, recevant mécaniquement ou intuitivement des inspirations dont la cause était en dehors d'eux ; des apparitions visibleset tangibles se produisirent, et Texistence des Esprits devint incontestable pour tous les observateurs que n'aveuglait pas le parti pris.
Ainsi apparut à l'humanité la nouvelle croyance; appuyée d'une part sur les traditions du passé, sur l'universalité de principes que l'on trouve à la source de toutes les religions et de la plupart des philosophies; de l'autre, sur d'innombrables témoignages psychologiques, sur des faits observés en tous pays par des hommes de toutes conditions.
Chose remarquable, cette science, cette philosophie nouvelle, simple et accessible à tous, libre de tout appareil ou forme de culte, cette science arrive à l'heure précise où les croyances vieillies s'affaiblissent et s'écroulent; où le sensualisme s'étend comme une plaie immense ; à l'heure où les mœurs se corrompent, où les liens sociaux se relâchent ; où le vieux monde erre à l'aventure, sans frein, sans idéal, sans loi morale, comme un navire privé de gouvernail flotte au gré des vents.
Tout homme qui observe et réfléchit ne peut se
dissimuler que la société moderne traverse une crise redoutable. Une profonde décomposition la ronge sourdement. L'amour du lucre, le désir des jouissances, deviennent de jour en jour plus âpres, plus ardents. On veut posséder à tout prix. Tous les moyens sont bons pour acquérir le bien-être, la fortune, seul but que l'on juge digne de la vie. De telles aspirations ne peuvent produire que deux conséquences : l'égoïsme impitoyable chez les heureux, la haine et le désespoir chez les infortunés. La situation des petits, des humbles est douloureuse; et trop souvent ceux-ci, plongés dans une nuit morale où pas une consolation ne luit, cherchent dans le suicide la un de leurs maux. Par une progression graduelle» le nombre des suicides, qui était de i.5oo en i83o, pour la France, s'est élevé annuellement et atteint aujourd'hui plus de 8.000.
Le spectacledesinégalités sociales, les souffrances des uns opposées aux apparentes joies, aux satisfactions sensuelles, à l'indifférence des autres, ce spectacle attise au cœur des déshérités un ardent foyer de haine. Déjà la revendication des biens matériels s'accentue. Que les masses profondes s'organisent, se lèvent, et le vieux monde peut être ébranlé par d'effrayantes convulsions.
La science est impuissante à conjurer le mal, à relever les caractères, à panser les blessures des combattants de la vie. En réalité, il n'y a guère à notre époque que des sciences spéciales à certains côtés de la nature, rassemblant des faits, apportant à l'esprit humain une somme de connais-
sances sur le si .jet qui leur est propre. G* est ainsi que les sciences physiques se sont prodigieusement enrichies depuis un demi-siècle, mais ces construc» tions éparses manquent de lîen, d'unité, d'harmonie. La science par excellence, celle qui, de la série des faits, remontera à la cause qui les produit, celle qui doit relier, unir ces sciences diverses en une grande et magnifique synthèse, en faire jaillir une conception générale de la vie, fixer nos destinées, en dégager une loi morale, une base d'amélioration sociale, cette science universelle, indispensable, n'existe pas encore.
Si les religions agonisent, si la foi vieillie se meurt, si la science est impuissante à fournir à l'homme l'idéal nécessaire, à régler sa marche, à améliorer les sociétés, tout sera-t-il désespéré ?
Non ; car une doctrine de paix, de fraternité, de progrès se lève sur ce monde troublé, vient apaiser les haines sauvages, calmer les passions, enseigner à tous la solidarité, le pardon, la bonté.
Elle offre à la science cette synthèse attendue sans laquelle celle-ci resterait à jamais stérile. Elle Triomphe de la mort et, par delà cette vie d*épreuves et de maux, ouvre à l'esprit les perspectives radieuses d'un progrès sans bornes dans l'immortalité.
Elle dit à tous .'Venez à moi, je vous réchaufferai, je vous consolerai; je vous rendrai la vie plus douce, le courage et la patience plus faciles, les épreuves plus supportables. J'éclairerai d'un puissant rayon votre obscur et tortueux chemin. A ceux qui souffrent, je donne l'espérance; à ceux
qui cherchent, la lumière; à ceux qui doutent et désespèrent, la certitude et la foi.
Elle dit à tous : Soyez frères, aidez-vous, soutenez-vous dans votre marche collective. Votre but est plus loin que cette vie matérielle et transitoire; il est dans cet avenir spirituel qui vous réunira comme les membres d'une seule famille, à l'abri des soucis, des besoins et des maux sans nombre. Méritez-le donc par vos eflbrts et vos "travaux l
Uhumanité se relèvera grande et forte le jour où cette doctrine, source infinie de consolations, sera comprise et acceptée. Ce jour-là, l'envie et la haine s'éteindront au cœur des petits; le puissant, sachant qu'il a été faibl"e, et qu'il peut le redevenir, quesa richesse n'est qu'un prêt d'en haut, deviendra plus secourable, plus doux pour ses frères malheureux. La science, complétée, fécondée par la philosophie nouvelle, chassera devant elle les superstitions, les ténèbres. Plus d'alhées, de sceptiques. Une foi simple, large, fraternelle, s'étendra sur les nations, fera cesser leurs ressentiments, leurs rivalités profondes. La terre, débarrassée des fléaux qui la dévorent, poursuivant son ascension morale, s'élèvera d'un degré dans Téchelle de? inondes.
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