Voir Le Temps, 20 décembre
2. Le prince de Bulow a écrit dans son livre Sur la politique de VAUemagne (p. 80), au sujet de la présence de Tltalie dans la Triplice germanique :
« Il y a des politiciens qui hésitent à attribuer une vraie valeur
traitée par le chancelier de fer et par Guillaume II avec un profond mépris et ses intérêts furent toujours sacrifiés à ceux de l'Autriche par le gouvernement de Berlin. Or, les intérêts italiens sont entièrement opposés aux intérêts autrichiens. Pour son extension dans la Méditerranée orientale, il lui fallait le concours ou. du moins la bienveillance de la France et de l'Angleterre, dont elle ne tarda pas à se rapprocher. Quant à ses légitimes ambitions dans l'Adriatique, elle ne peut les réaliser qu'au détriment de l'Autriche. En provoquant la guerre actuelle, le gouvernement de François-Joseph lui a fourni une occasion de les faire valoir, d'autant plus favorable qu'il lui suffit de se rapprocher des Slaves attaqués par l'Autriche pour obtenir le concours des peuples balkaniques, de la Russie et des alliés de la Russie.
à la présence de l'Italie dans la Triple-Alliance. Ils doutent que ritahe soit en mesure et qu'elle ait le désir de marcher la main dans la main avec l'Autriche et avec nous dans toutes les complications éventuelles de la politique internationale. Même si ces doutes étaient fondés, ce qui n'est pas le cas, étant donnée la loyauté des facteurs dirigeants de l'Italie et Tintelligence politique du peuple italien, ils ne démontreraient pas absolument que la participation de l'Italie à la Triple-Alliance est dénuée de valeur même si l'Italie ne pouvait pas marcher dans toutes les situations, jusqu'aux limites extrêmes, avec l'Autriche et nous, même si l'Autriche et nous nous ne pouvions pas nous lancer avec l'Italie dans toutes les complications des engrenages de la politique mondiale, l'existence de l'alliance empêcherait cependant chacune des trois puissances de se ranger aux côtés de l'adversaire des deux autres.
« C'est ce qu'envisageait le prince de Bismarck, lorsqu'il disait un jour qu'il lui suffisait qu'un caporal italien avec le drapeau italien et un tambour auprès de lui fît face à l'ouest, c'est-à-dire vers la France et non à l'est, c'est-à-dire dans la direction de l'Autriche. Tout le reste dépendra de la façon dont se posera éventuellement une cause de conflit en Europe, de la vigueur que nous montrerons alors au point de vue militaire et des résultats qu'obtiendront nos soldats et nos diplomates. La valeur suprême et totale d'une alliance ne s'éprouve qu'en cas de guerre. »
L'une des erreurs de la politique italienne, — erreur due sans doute à l'influence de l'Allemagne — fut son hostilité à l'égard des Salves des provinces adriatiques. Elle n'avait pas compris que pour lutter contre la monarchie des Habsbourg il était indispensable qu'elle s'entendît avec les Serbes. Un premier pas fut fait dans cette voie lorsque le roi d'Italie actuel épousa la fille du roi de Monténégro, Nicolas P"^. Celui-ci, au mois d'octobre 1914, traçait le programme de la politique italienne pour l'avenir lorsque, dans un message au roi Victor-Emmanuel III, il disait : « Cette terrible guerre européenne, si on la dépouille des ornements diplomatiques dont doivent la décorer les chancelleries, date d'un siècle; elle est, espérons-le, la révolte finale des nations opprimées par l'œuvre injuste du Congrès de Vienne.... La neutralité observée jusqu'à maintenant par votre auguste patrie italienne a été d'une aide puissante à la cause du droit contre la cause de V oppression. Nous, Serbes du Monténégro et de Serbie, qui, à notre tour, sommes sur le point de conquérir cette unité nationale que nos poètes, nos penseurs et nos souverains ont chantée, implorée et préparée, en suivant le sentier tracé par Mazzini, Gavour et Garibaldi, nous mettons notre confiance dans l'Italie.... Aidez-nous à conquérir la place qui nous attend sur les marches de Tautel de la justice! Nous croyons fermement que l'Italie, lorsqu'elle aura, au prix de nouveaux sacrifices, réuni tous ses fils exilés sous les plis de son glorieux drapeau, inaugurera une ère de rapports amicaux et intimes avec le jeune monde slave, qui a reçu d'elle de si grands bienfaits, et qui, en échange, offre la collaboration d'une race jeune et enthousiaste à la grande tâche entreprisé par nos protecteurs au nom de la civilisation et de la liberté. »
Dans l'interview citée plus haut, M. Sazonoff, après avoir encouragé l'Italie à dessiner sa politique dans l'Adriatique et l'avoir félicitée pour l'occupation de
Yallona en s'étonnant de ce que le drapeau albanais flottât encore sur ce port à côté de celui de l'Italie, « car il n'existe pas d'état albanais », ajoutait : « mais nous^ voudrions qu'on laissât vivre aussi d'autres peuples, tels que la Serbie et le Monténégro, qui ont des droits imprescriptibles )>. Il engageait en outre l'Italie à s'entendre avec la Roumanie, car « elles n'ont toutes deux qu'un seul ennemi à combattre, l'Autriche ».
L'Allemagne fournit au gouvernement italien une seconde raison d'entrer en scène le jour oii il contraignit la Turquie à se lancer dans le conflit européen. Menacée en Tripolitaine par la guerre sainte que le sultan a proclamée, et se rappelant l'aide que la Turquie reçut de l'Allemagne dans la guerre italoturque, l'Italie ne sera pas assez folle pour laisser passer l'occasion de déchirer le traité de Lausanne et de s'annexer les îles de la mer Égée qu'elle occupa au cours de cette guerre. Les opérations de bombardement dont les Dardanelles sont le théâtre, l'occupation inévitable de Gonstantinople par les alliés qui leur succédera et la disparition probable de l'empire ottoman sont de nature à provoquer l'entrée en scène prochaine de l'Italie, si son gouvernement possède la clairvoyance déjà manifestée par la majorité du peuple de la péninsule.
Quant à l'insurrection albanaise provoquée par l'Autriche, elle n'a pas eu d'autre effet que d'amener l'Italie à faire occuper le port de Yallona par ses bersagliers, ce qui lui permettra de fermer l'Adriatique devant la flotte autrichienne le jour où elle y aura intérêt.
L'Allemagne et l'Autriche, en somme, ont fait tout ce qu'il fallait pour que la neutralité de l'Italie soit nécessairement transformée en hostilité dans un bref délai. Le ministère Salandra-Sonnino paraît avoir été constitué dans ce but avec l'assentiment et l'appui de tous les partis. L'opinion publique se détourne de l'Aile-
magne et regarde du côté des Slaves. Dans la séance de la Chambre du 4 décembre, le député Labriola disait justement que l'Union balkanique ne pouvait porter aucun préjudice à l'Italie tandis que : « L'Allemagne, au contraire, n'a jamais caché sa prétention à l'hégémonie dans tous les domaines, politique, économique, intellectuel. Chaque augmentation de sa puissance constitue dès lors une menace permanente pour le développement pacifique des autres peuples. »
Un député républicain, M. Chiesa, exprima le vœu que l'Italie intervînt u dans l'immense conflit européen « et déclara que si le gouvernement savait comprendre les enseignements de l'histoire, « ses amis républicains et lui seraient ce jour-lâi avec le gouvernement )>.
Dans la séance du 3 décembre, le gouvernement, par la voix de M. Salandra, avait fait connaître avec une grande netteté son sentiment. Après avoir justifié la neutralité dans laquelle l'Italie s'était enfermée dès le début du conflit, M. Salandra ajouta, aux applaudisements unanimes de la Chambre : « Cependant, la neutralité proclamée librement et loyalement observée ne suffit pas à nous garantir des conséquences du bouleversement immense qui prend ctiaque jour plus d'ampleur et dont il n'est donné à personne de prévoir la fin. Sur les terres et sur les mers de l'ancien continent, dont la configuration politique est peut-être en train de se transformer, l'Italie a des droits vitaux à sauvegarder, des aspirations justes à affimer et à soutenir ; elle a sa situation de grande puissance à maintenir intacte; bien plus, elle doit faire que cette situation ne soit pas diminuée par rapport aux agrandissements possibles des autres États. Il sait de là que notre neutralité ne devra pas rester inerte et molle, mais active et vigilante, non pas impuissante, mais fortement armée et prête à toute éventualité. [Applaudissements très vifs et prolongés. Toute la Chambre, debout, fait une longue et chaleureuse ovation au président du conseil.) Par conséquent, le suprême souci du gouvernement a été et est encore
la préparation complète de l'armée et de la marine. {Applaudissements .) L'expérienee qui nous vient de VHistoire, et plus encore des événements auxquels nous assistons, doit nous enseigner que, si Vempire du droit cesse, la force demeure l'unique garantie du salut d'un peuple. {Applaudissements, bravos répétés.) L'Italie, qui n'a aucun dessein d'opprimer par la violence, doit cependant s'organiser et se précautionner avec le plus de vigueur possible pour n'être opprimée ni avant ni après. {Nouveaux applaudissements.) »
Faisant appel à l'union et à la solidarité de « tous les Italiens », M. Salandra ajoutait : « L'heure actuelle exige un gouvernement fort et durable. Si votre vote nous donne force et stabilité, nous pourrons supporter le poids pesant de nos responsabilités, nous pourrons poursuivre la tâche ardue et incessante à laquelle nous consacrons toute l'énergie de notre esprit, pour la défense des intérêts présents de la patrie, avec le souci vigilant des futures destinées de riialie dans le monde. {Applaudissements chaleureux et prolongés.) »
Tous les députés, debout, crient : « Vive l'Italie! » Seuls, les socialistes orthodoxes s'abstiennent.
Quand, ensuite, M. Comandini invite la Chambre à envoyer son salut à l'héroïque Belgique, sa proposition est saluée par les cris répétés de : a Vive la Belgique! »
La discussion devant la Chambre des députés se termina par le vote presque unanime de l'ordre du jour de confiance suivant : « La Chambre, reconnaissant que la neutralité de l'Italie a été proclamée de plein droit et après mûre réflexion, exprime sa confiance au gouvernement qui, conscient de ses graves responsabilités, saura engager dans la forme et parles moyens les pins appropriés une action conforme aux suprêmes intérêts nationaux. »
Le 16 décembre, au moment où le Sénat allait clore la discussion, M. Salandra fit des déclarations analogues à celles que la Chambre avait approuvées. Faisant
allusion à la neutralité italienne, il dit : « Aucun événenement n'est survenu qui soit de nature à changer notre ligne de conduite. Nous reconnaissons que nos responsabilités sont très grandes parce qu'on nous laisse notre pleine liberté d'action. Que ferons-nous? Dans son discours, M. di San Martino nous a donné la formule : nous ferons de la politique italienne. Nous devons suivre les événements au point de vue italien et déterminer notre action d'après ces événements. Le gouvernement agira selon sa conscience dans ce moment où les destinées du pays lui sont confiées, et il lui faut la confiance du pays, pleine et sans condition, par l'intermédiaire des Assemblées qui le représentent. Ainsi qu'il l'eut de la Chambre il l'attend aujourd'hui du Sénat. » {Vives approbations.)
Le Sénat vota unanimement l'ordre du jour que voici : (( Le Sénat, après avoir entendu les déclarations du gouvernement, les approuve et déclare approuver la proclamation de la neutralité. Mais au cas où la neutralité ne serait pas suffisante, il appartiendrait au gouvernement de veiller à la préparation complète de l'armée et de la marine. »
Par sa loyale neutralité l'Italie a facilité notablement la tâche des puissances de la Triple-Entente. Par son accord non dissimulé avec la Roumanie, et par les sympathies qu'elle a montrées pour la cause des Serbes, elle facilitera beaucoup l'union des peuples des Balkans qui sera également profitable à la Triple-Entente. Pour le reste, fions-nous-en à la parfaite connaissance qu'elle a de ses intérêts : nous savons que ceux-ci sont en contradiction absolue avec les intérêts, les ambitions et les appétits des empires germaniques. Nous connaissons aussi la finesse de ses hommes politiques et sommes persuadés qu'ils ne se laisseront pas choir dans les pièges de M. de Bùlow.
§ V. — LE PORTUGAL VOUDRAIT PRENDRE PART A LA GUERRE A CÔTÉ DE LA TRIPLE-ENTENTE,
La situation du Portugal dans le grand conflit européen revêt un caractère spécial. Quoique lié depuis fort longtemps à l'Angleterre par un traité dont les clauses ne sont guère connues, il aurait probablement pu rester neutre; mais, dès le début de la guerre, l'Allemagne manifesta son intention de s'emparer de sa colonie de l'Angola. 11 en résulta le vote, le 23 novembre, par le parlement de la République portugaise, d'une loi autorisant le pouvoir exécutif à faire intervenir le Portugal militairement dans le conflit quand il le croirait nécessaire. Un ministère national se constitua en vue de l'exécution de cette loi, sous la présidence de M. Coutinho d'Azevedo. Le d4 décembre, la Chambre des députés accorda un vote de confiance au nouveau cabinet, après avoir entendu la déclaration ministérielle où il était dit : <( Tout en se préoccupant de la défense sacrée des colonies, qui sera fermement assurée par une participation de tous les éléments nécessaires à l'intangibilité de la souveraineté nationale, le gouvernement assurera l'intervention du Portugal dans la guerre, convaincu qu'il est que sur le champ de bataille de l'Europe, comme dans les colonies, se joue l'avenir de la patrie, et qu'on y lutte pour garantir son indépendance. »
L'excessive division des partis qui existe dans le parlement portugais et l'opposition du Sénat empêchèrent ce vote de se traduire en actes. Le ministère dut même se retirer et une grave crise a été ouverte; mais le pays semble toujours favorable à la Triple-Entente.
§ VI. — LA NEUTRALITÉ DE l'eSPAGNE.
En Espagne, ropinion est partagée entre les deux groupes de puissances engagées dans la guerre. Les éléments libéraux sont favorables aux nations de la Triple-Entente, particulièrement à l'Angleterre et à la France; les éléments ultramontains se montrent sympathiques à l'Allemagne et à l'Autriche envisagées comme favorables à la doctrine romaine de la religion d'État, et hostiles à la France qu'ils représentent comme « maudite de Dieu ». Entre ces deux éléments contraires, le gouvernement espagnol se trouve dans une situation difficile et ne peut se maintenir en équilibre qu'à la condition de s'attacher à une neutralité stricte. Néanmoins, les ministres d'Alphonse XIII ne laissent passer aucune occasion de manifester leurs sympathies pour notre pays. Au mois de septembre 1914 lorsque le nouvel ambassadeur espagnol à Paris fut reçu par le président de la République, il insista sur l'affection que son roi porte à la France. C'était à la veille de notre victoire de la Marne. Depuis cette époque, l'impuissance des armées allemandes à forcer nos lignes et nos victoires des Flandres ont confirmé les sympathies de nos amis d'Espagne et refroidi le zèle de ceux de l'Allemagne, en faisant naître chez les seconds le désir de jouer le rôle de pacificateurs trop pressés. Les accords conclus par l'Espagne avec l'Angleterre et la France au sujet du Maroc et les liens particuliers qui unissent l'Espagne à l'Angleterre sont de sûrs garants d'une neutralité bienveillante à l'égard de la Triple-Entente.
Dans les autres pays neutres de l'Europe (Suisse, Hollande et États Scandinaves), où l'Allemagne jouissait avant la guerre de sympathies plus ou moins étendues, les sentiments à son égard se sont beaucoup modiflés au spectacle de la violation cynique et barbare de la
neutralité de la Belgique et des crimes sans nombre contre le droit commun commis par les armées allemandes, sur l'ordre et avec les excitations de leurs chefs.
§ Vil. — LA NEUTRALITÉ DE LA SUISSE ET SES SENTIMENTS.
La Suisse n'ignore pas que les plans de l'état-major allemand prévoyaient la traversée de son territoire par les armées autrichiennes ou allemandes; elle a dû procéder à la mobilisation de ses troupes et faire pour cela de gros sacrifices i. Elle s'inquiète, d'autre part, en voyant la presse allemande soutenir une thèse soidisant juridique d'après laquelle les neutres n'auraient pas le droit d'empêcher le passage des armées belligérantes et ne pourraient employer leurs troupes qu'au maintien de l'ordre à l'intérieur. Un éminent professeur de droit suisse, M. Bluntschli, répondant à cette thèse monstrueuse écrit, non sans raison : « Le fait de défendre le droit des neutres par les armes et de repousser une attaque à main armée ne supprime pas la qualité de neutre ; au contraire il la fortifie. » Et le Tageblatt, journal conservateur de Berne, appuyant cette argumentation, ajoutait : <( Nous voulons une Suisse libre et indépendante, capable de remplir sa
1. Dans une interview publiée par Le Petit Journal (10 janvier 1915) le président de la Confédération helvétique, M. Motta, se plaignait de la situation économique créée par la guerre. Les industries manquent de matières premières, les hôtels n'ont rien gagné. Le chômage des hommes à l'armée — 300 000 hommes au début — est désastreux. Ils ne travaillent pas et beaucoup de leurs familles doivent être entretenues. Les dépenses de la mobilisation ont, été de 110 millions. On a dû faire un premier emprunt de 30 millions, un second de 50, En mars on créera \in impôt de guerre d'au moins 100 millions, un impôt sur le tabac, peut-être le monopole.
mission civilisatrice d'après son libre jugement ou point de Suisse du tout. »
Avant la guerre, la Suisse allemande tout entière était favorable à l'Allemagne; elle applaudit aux premiers succès des armées du Kaiser et faisait des vœux pour leur triomphe; mais la conduite que les troupes allemandes ont tenue en Belgique et dans le nord de la France et — il faut bien le dire — les victoires de la France sur la Marne et des Alliés sur l'Yser — ont été suivies d'une modification de ces sentiments. « Les sympathies, avouait le président Motta à un représentant du Petit Journal^ ont beaucoup diminué. » Il ajoutait : « Les sympathies, dues aux affinités de races, à la ressemblance -des deux langues, aux relations commerciales et aux liens de famille ne comportent, pour la / France, aucun sentiment d'une hostilité que notre histoire et nos traditions rendent impossibles. Quant au gouvernement, dont le devoir est de maintenir une neutralité absolue, sa tâche est difficile, car le sort des neutres est de provoquer les défiances des deux côtés. » Il disait encore : u La presse catholique s'est divisée. Une partie a soutenu l'Allemagne, une autre, avec énergie, la France. Le parti socialiste, de son côté, a été en général de sympathie française.
Quant à la partie de la Suisse où l'on parle notre langue, elle a été à peu près unanimement, dès le début, favorable à la France. M. Régamey a écrit à cet égard dans Le Petit Journal"^ : « Constatons d'abord que les cantons de langue française sont incontestablement nos amis et qu'ils font ouvertement des vœux en notre faveur. Les Allemands s'en indignent, harcèlent de réclamations le Gouvernement fédéral, et leurs journaux manifestent leur colère par des articles comme celui des Leipziger Neueste Nachrichten qui, dernière-