‹ Pourquoi les Germains seront vaincusChapitre 26 sur 29 · Voir Le Temps, 24 décembre · texte numérisé non relu

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leur propre pays. Cela fut dit en insistant sur ce point que la Hongrie est un État indépendant, dans son union avec l'Autriche, et capable, s'il le fallait, d'une action indépendante

« L'attitude du comte Tisza a provoqué une autre manifestation de la part des chefs de l'opposition. Unedéclaration a été signée par tous les membres du comité national appartenant à l'opposition, y compris le comte Apponyi, le comte Andrassy, Tusth, le comte Karolyi, le comte Battyany. Cette déclaration invite le peuple hongrois à se tenir prêta défendre les frontières sacrées « de notre royaume, disent-ils, au cas où les « autorités dans les mains desquelles nous avons mis nos (c forces n'obéiraient pas aux vœux de leur chef suprême : a le peuple hongrois », Les auteurs de cette déclaration demandèrent au premier ministre de la signer. Il répondit que cela ne lui était pas possible, mais il promit aux signataires de faciliter la distribution et l'affichage de ce document dans le pays. »

Les déclarations du comte Tisza produisirent un effet d'autant plus grand qu'il était connu pour avoir poussé très ardemment à la guerre. Il comptait alors sur la force des armées austro-hongroises et sur un concours efficace des armées allemandes. Les armées autrichiennes n'ayant subi que des échecs et la Hongrie étant menacée directement par les Russes d'un côté, par la Roumanie de l'autre, il se rendit au quartier général du kaiser pour solliciter l'envoi de troupes allemandes. Non seulement il l'a obtenu mais encore François-Joseph lui a remis en quelque sorte le pouvoir suprême dans la Monarchie en remplaçant le comte Berchtold par son aller ego, le baron Burian, à la tête du ministère commun austro-hongrois. François-Joseph a voulu arrêter par cet acte le mouvement d'indépendance de la Hongrie, mais il soumet, en fait, à cette dernière la direction de son empire. Comme, en même temps, les troupes austro-hongroises ont été placées sous le haut

commandement des autorités militaires allemandes et comme le comte Tisza n'est que l'agent de l'Allemagne, celle-ci est, désormais, la maîtresse des destinées de la monarchie des Habsbourg.

Tandis que les Hongrois menaçaient de se rendre •indépendants, les Tchèques manifestaient leurs sympathies pour la Russie si bruyamment que des mesures de répression furent prises par le gouvernement de Vienne ^. Quant aux Slaves du Sud ils paraissent vouloir s'insurger contre les mesures prises par le gouvernement de Vienne en vue de la mobilisation de nouvelles troupes 2.

Enfin, l'Autriche elle-même manifesta des dispositions à se séparer de l'Allemagne. Le 11 janvier 1915, le correspondant du New-York Herald à Pétrograd télégraphiait à cette feuille : (( Les journaux d'ici mettent en évidence un article de la Neue Freie Presse de Vienne, dans lequel l'auteur déclare que l'honneur de l'armée autrichienne est sauf, car elle se trouvait en présence d'un ennemi plus fort que l'Allemagne. La paix pourrait bien être conclue maintenant 3. »

Sans exagérer l'importance de tous ces faits, il y a lieu d'en tenir compte d'autant plus que les armées

1. La Liberté du 14 janvier 1915 publia la dépêche suivante de- Genève : « Suivant des informations de Prague, les principaux notables de la ville, parmi lesquels plusieurs députés, ont envoyé à l'empereur François-Joseph une pétition demandant que les mesures les plus énergiques soient prises pour protéger la Bohème contre l'invasion russe. En cas de refus, les habitants de la Bohême seraient disposés à pactiser avec les Russes pour sauver leur pays. La haine contre l'Allemagne augmente chaque jour. »

2. Le Matin du 28 janvier a publié des dépêches annonçant de graves émeutes à Laybach, à Karlstadt, à Moravitza, à Trieste. Les émeutiers criaient : A bas la guerre! A bas Niernre ! (l'Allemand) et déchiraient les affiches de la mobilisation. Dans la lutte entre les émeutiers et la police ou la troupe, il y eut des morts.

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