Cf. Monsabré, Carême de 1872. 4. Syliabus, LIiX
tion des enfants, à l'origine et à l'exercice du pouvoir civil.
Plusieurs graves erreurs libérales tracèrent la voie à la formule radicale concernant le mariage.
« Le sacrement de mariage n'est qu'un accessoire du contrat, et il peut en être séparé. !
« Les causes matrimoniales appartiennent de leur nature à la juridiction civile. ?
« De droit naturel, le lien du mariage n'est pas indissoluble, et, en divers cas, le divorce proprement dit peut être sanctionné par l'autorité civile. *
« L'Église n'a pas le pouvoir de mettre au mariage des empêchements dirimants, mais ce Pouvoir appartient à l'autorité civile, ainsi que celui d'enlever les empêchements déjà existants. » {
Le radicalisme ne voulut pas se contenter de ces affirmations dont le tort, à ses yeux, était d'être timides, inconséquentes, de concéder encore trop à la doctrine catholique.
Il fit table rase des principes traditionnels les plus sacrés.
« Le mariage doit être aboli en tant qu'institution politique, religieuse, juridique et civile.
« Il faut dépouiller les chefs de famille du droit d'instruire eux-mêmes leurs enfants.
L'école doit être laïque; plus d'Église, plus de
1. Idem, LXVI. 2. Idem, LXXIV. 3. Idem, LXVII. 4. Idem, LXVIII. LA Cf. Programme de l'Alliance de la démocratie socialiste à Genève.
hé
Christ, plus de Dieu, plus de dogmatisme religieux à l'école. »1
Enfin, d'après l'école radicale, le peupie est la source unique du pouvoir, et celui qui exerce le pouvoir n'est que le fonctionnaire du peuple; il doit rester, en tout temps et en tout état, soumis à la volonté suprême et arbitraire du peuple. L'autorité n'est pas autre chose que la somme du nombre et des forces matérielles. Le peuple étant souverain, sa volonté est absolue et sans contrôle. ? :
Aussi l'école radicale prodigue-t-elle aux différents gouvernements ses mépris ou ses adulations, ses menaces ou ses éloges, suivant qu'ils refusent de se rendre ou qu'ils acquiescent servilement à ses ordres et à ses directions ; au besoin, elle pousse
les foules à la résistance, aux grèves, à l'insurrection.
Le radicalisme au Canada
Nous sommes heureux de le reconnaître, l'école radicale ne compte qu'un nombre assez restreint de disciples en notre pays. Ceux qui en partagent les idées sentent que s'engager dans üne lutte ouverte sur ce terrain serait compromettre leurs espérances et leurs desseins secrets. S'ensuit-il qu'il n'y a pas de radicalisme au Canada ? Bien hardi serait celui qui oserait l'affirmer. Quiconque
1. Idem. 2. Cf. Encycl. Qui pluribus dus 9 novembre 1846, Syilabus, LX. Noscitis et Nobi--m Au 8 déc. 1849
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veut voir et réfléchir retrouve plusieurs des idées de l'école radicale, plus ou moins dissimulées il est vrai, dans les colonnes de deux ou trois journaux canadiens-français. Des livres et des revues, où ces idées sont formellement exprimées et défendues habilement, sont lus avec avidité par beaucoup d'hommes appartenant aux classes sociales les plus élevées. On les discute librement, et avec une incroyable ignorance de l'enseignement catholique, dans les salons et dans les clubs. Plusieurs catholiques, sans les admettre peutêtre complètement en théorie, n'en font pas moins la règle pratique de leur vie privée et de leur vie publique.
Que de fois des journaux, qui se disent et veulent être catholiques, sont remplis d'éloges sans aucune restriction à l'adresse de savants Contemporains matérialistes, d'écriväins franchement impies ou immoraux, d'hommes d'État et de gouvernements absolument hostiles à l'Église et à la religion! Que de fois ne parlent-ils pas, sans les flétrir, des attentats les plus odieux contre l'Église catholique, et des persécutions les plus violentes contre le clergé et les communautés religieuses! Que de fois ne racontent-ils pas d'une manière toute païenne les grands désastres que Dieu permet soit pour punir, soit pour ouvrir les yeux et toucher les cœurs! Ils semblent ne voir dans ces douloureux événements que l'effet du hasard, et jamais ils n'en tirent une leçon