‹ Pourquoi les retraites fermées sont-elles nécessaires au Canada? [microforme]Chapitre 13 sur 25 · EE · texte numérisé non relu

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morale propre à faire du bien aux âmes de leurs lecteurs.

Que dis-j:: * N'avons-nous Pas vu, ces années dernières, des revues se fonder, des sociétés et des cercles s'organiser dans l'ombre sous l'empire du radicalisme le plus avancé? Ne sommes-nous Pas actuellement témoins des efforts du socialisme Pour aveugler et perdre la classe ouvrière? N'entendons-nous pas émettre Souvent l'étrange opinion de l'omnipotence de l'État en matière de mariage et d'éducation? Ne savons-nous pas qu'en certains milieux on prône ouvertement l'indifférentisme en matière de religion, et l'opportunité, en vue du bien social et de l'union des forces de la nation, de cesser toute lutte doctrinale ?

Enfin, plusieurs des nôtres ne vont-ils pas jusqu'à mettre en doute quelques-uns de nos dogmes, en particulier celui de l'enfer et de l'éternité des peines ?

Bon nombre de nos compatriotes catholiques, Sans appartenir à l'école radicale, s'en rapprochent singulièrement. Les uns veulent s'accommoder « d'un état mitoyen et indécis dans lequel ils désirent sans doute conserver leurs Croyances, mais sous la réserve de faire un Choix au sujet des décisions de l'Église, et de garder un silence profond sur les objections de la libre pensée. » D'autres entendent bien respecter le Saint-Siège apostolique, mais en laissant toutefois dans l'ombre « les prérogatives qu'ils assurent ne Pas Convenir à notre temps. »

PS

Jamais ils ne se permettraient de s'attaquer directement à la religion, mais avec quelle facilité ils se prêtent aux insinuations perfides, aux commentaires faux et injurieux, à l'exagération du mal lorsqu'il se produit : quant au bien, ne pouvant pas le nier, ils tâchent du moins de l'atténuer, ou même ils le passent entièrement sous silence.

Ils servent aussi les intérêts de l'école radicale, ces catholiques orgueilleux toujours prêts à s'ériger en critiques et en censeurs de la hiérarchie. Voyez-les plutôt à l'œuvre: ils sèment dans le peuple, par la parole et par la plume, le mépris de l'autorité en poursuivant de leurs railleries, de leurs sarcasmes, de leurs médisances et de leurs calomnies ceux qui en sont les dépositaires; ils font naître la méfiance à l'égard des évêques, du clergé et des communautés religieuses; ils les épient sans cesse, dans l'espoir de les trouver en faute et de créer des scandales ; ils dénaturent leurs intentions, blâment leurs actes, présentent comme ambition et envahissement ce qui n'est en réalité que l'exercice d'un noble et charitable ministère. Enfin ces esprits inquiets et turbulents exagèrent à dessein les richesses immobilières ecclésiastiques, afin de soulever les préjugés populaires, et ils s'élèvent avec une indignation simulée contre les prétendus abus des droits civils et politiques que la loi reconnaît aux prêtres et aux religieux comme aux autres citoyens.

L'école libérale

Il faut bien se garder de confondre le libéralisme catholique avec le libéralisme purement politique. Dans les pays où la forme du gouvernement est républicaine ou monarchique-constitutionnelle, il existe parfois un parti nommé libéral. Ce mot, en lui-même, exprime simplement l'ensemble des idées du parti quant aux moyens à prendre pour diriger la nation vers sa fin propre. Qu'un tel parti, en certains pays, fasse du libéralisme condamné par l'Église la base de son pro- &ramme, la chose est évidente. Mais, sachons le reconnaître, il n'en est Pas toujours ainsi. En plusieurs États, le parti libéral politique, loin d'être hostile à l'Église, en reconnaît et en favorise même les droits, alors que le parti adverse, qu'il soit au pouvoir ou dans l'opposition, cherche, sous. l'influence consciente ou non des vraies idées libérales, à mettre des entraves à l'exercice de ces mêmes droits.

Nous parlons donc ici du seul libéralisme catholique, libéralisme qu'il est de notre devoir de condamner et de combattre avec l'Église ellemême partout où il se trouve. Qu'il soit la règle de la vie privée ou de la vie publique, qu'il inspire les simples individus, les conseils municipaux, les Partis politiques, les gouvernements, peu importe; il est le libéralisme, et comme tel, il représente, je l'ai dit plus haut, une des formes les plus dangereuses d'opposition à l'esprit catholique.

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A l'école libérale appartiennent les catholiques qui, tout en voulant rester fidèles à leurs croyances et fils respectueux de l'Église, « s'efforcent, comme Pour marcher d'accord avec leurs ennemis, d'établir une alliance ëntre la lumière et les ténèbres, une entente entre la justice et l'iniquité, au moyen des doctrines qu'on appelle catholiques libérales. Or, ceux-ci sont plus dangereux et plus funestes que les ennemis déclarés. Parce que, se tenant pour ainsi dire sur la limite des opinions condamnées, ils gardent l'apparence d'une véritable probité et d'une ‘doctrine sans tache qui allèche les imprudents amateurs de conciliation, et qui trompe les gens honnêtes disposés à rejeter une erreur prononcée. De la sorte, ils divisent les esprits, déchirent l'unité et affaiblissent les forces qu'il faudrait réunir. » !

Notre Très-Saint-Père le Pape Pie IX, de Sainte mémoire, établit donc clairement, par ces paroles que je viens de citer, la différence qui existe entre le libéralisme catholique et le libéralisme radical. Celui-ci, nous l'avons exposé plus haut, Poussant à ses limites extrêmes l'idée de liberté et d'émancipation, prône la séparation totale de l'Église et de l'État. Il nie même l'indépendance de l'homme à l'égard de Dieu, au moins dans le Bouvernement des peuples et dans l'administration des affaires publiques.

1. Bref de Pie IX, 6 mars 1872, au cercle catholique de Saint-Ambroise, à Milan.

Le libéralisme catholique admet, au contraire, l'existence d'une religion révélée; il reconnaît à l'Église romaine une origine divine; il prétend respecter ses droits essentiels et ses prérogatives comme société; il se dit même favorable à une union entre le pouvoir civil et le Fouvoir religieux. Mais ne nous y trompons pas, le libéralisme catholique est, sous ces apparences trompeuses, : l'ennemi de l'Église, ennemi d'autant plus redoutable qu'il agit Sournoisement ; il se sert, pour attaquer, nôn d'une arme blanche, mais de poison subtil.

Le libéralisme catholique s'incline devant l'Église; il salue en elle, non seulement une religion, mais une véritable société organisée hiérarchiquement; ce qui ne l'empêche pas de chercher à lui enlever, les uns après les autres, les droits propres à toute société parfaite et indépendante.

Le libéralisme catholique déclare emphatiquement qu'il doit y avoir accord entre l'Église et. l'État; il exagère cependant les droits de l'État, Sinon au point de vouloir que l'Église, comme toute association libre, soit placée sous sa dépendance et sous sa domination, du moins au point de soutenir que l'Église doit céder aux circonstances et toujours s'accommoder à ce que réclame la prudence du jour dans le gouvernement des sociétés. !

1. Cf. Encycliques Immortale Dei, 1er nov. 1885, et Libertas praestantissimum, 28 juin 1888.

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Le libéralisme catholique scinde en deux la Conscience, essentiellement une, du citoyen. Le catholique est tenu sans doute, dit-il, d'être fidèle à ses croyances religieuses et aux devoirs qu'elles lui imposent dans sa vie privée et dans sa vie familiale, mais dans la vie sociale et dans la vie politique il se doit avant tout à la société, à son pays, même à son parti, et cela indépendamment de sa foi et de son allégeance à l'Église. Afin de procurer le bien général, de ne pas troubler la paix de la nation, d'assurer le triomphe du parti politique auquel il appartient, que le catholique, sans égard aux protestations de sa conscience et aux conditions: de l'Église, cède donc, qu'il cède et cède encore, même sur le terrain des principes les plus sacrés, dût-il en arriver aux concessions les plus funestes, aux abandons les plus honteux.

Les erreurs libérales

Le catholicisme libéral professe plusieurs des erreurs condamnées, en 1864, par le Syllabus, entre autres, les erreurs relatives aux droits sociaux de l'Église, au pouvoir temporel des papes, aux immunités ecclésiastiques, aux écoles publiques, au mariage chrétien, à la liberté des cultes. !

Le libéralisme catholique fut le grand mal de

1. Cf. prop. XIX, XXII, XXIV. XXVI, XXVII, XXX, XXXI, XLV, XLVII. LXVI, LXVII, LXVIIT, LXXI. LXXIII, LXXIV, LXXV, LXXVI, LXXVII, LXXVIIT. LXXIX, LXXX.

l'Europe au XIX° siècle: il conduisit progressivement la France, notre ancienne mère patrie, à l'abîme dans lequel elle est tombée. « Ce qui affige votre pays, disait Pie IX, en 1871, à une délégation de catholiques français, ce qui l'empêche de mériter les bénédictions du bon Lieu, c'est un mélange des principes. Je dirai le mot et je ne le' tairai pas, ce que je crains, ce ne sont pas tous ces misérables de la Commune de Paris Non, ce n'est pas cela, ce que je crains, c'est cette malheureuse politique, ce libéralisme catholique qui est le véritable fléau. »

Sa Sainteté le pape Léon XIII a tracé des doctrines libérales, dans la célèbre encyclique Libertas Praestantissimum, un tableau admirable de concision et de clarté. L'illustre pontife y relève, en les stigmatisant, les graves erreurs du libéralisme, il en montre et l'inconséquence de la part de ceux qui le professent tout en se prétendant fils soumis de l'Église catholique, et les résultats désastreux dans l'ordre social.

Les libertés modernes dont le libéralisme catholique se constitue le défenseur imprudent sont la liberté des cultes, la liberté de la presse, la liberté d'enseignement.

La liberté des cultes, envisagée au point de vue social, « veut que l'État ne rende aucun culte à Dieu, ou n'autorise aucun culte public; que nulle religion ne soit préférée à l'autre, que toutes soient considérées comme ayant les mêmes droits, sans avoir égard au peuple, lors

du

même que ce peuple fait profession de catholicisme. » !

Peut-on concevoir une doctrine plus contraire aux droits que Dieu possède au culte social non moins qu'au culte des individus ? une doctrine plus en opposition avec les véritables intérêts des gouvernants et des gouvernés ?? Même restreinte à la mise de tous les cultes sur un pied d'égalité aux yeux de la loi, une telle doctrine ne surprendelle pas de la part de cacholiques qui savent très bien et reconnaissent du reste que seule l'Église romaine possède la vérité révélée, que seule elle en est la dépositaire, que seule elle a la mission de la prêcher et de la répandre dans le monde ?

Ils admettent donc, ces libéraux, que l'erreur a les mêmes droits civiques que la vérité et qu'un État Catholique peut, sans violer les lois de la justice, accorder une égale protection à cette véritable Église de Jésus-Christ et aux fausses Églises qui en nient les dogmes, en méconnaissent l'organisation hiérarchique, et cherchent, par tous les moyens possibles, à la combattre et à la détruire? Quelle étrange aberration et combien difficile à concilier avec l'intégrité “e la foi!

La liberté de la presse réclame le droit d'exprimer, par la parole et par la plume, tout ce que l'on pense, tout ce que l'on veut.

« Si elle n'est pas justement tempérée, si elle dépasse le terme de la mesure, une telle liberté,

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