‹ Pourquoi nous sommes socialistesChapitre 2 sur 4 · VIANDE DE MISÈRE · texte numérisé non relu

VIANDE DE MISÈRE

« Les journaux allemands disent que l'habitude de manger du chien se répand de plus en plus dans l'Allemagne du Sud. Le conseil municipal de Munich a fait construire aux grands abattoirs une section spéciale, où l'on abat les chiens destinés à servir à l'alimentation. Seuls, les bouchers de viande de cheval auront le droit de vendre de la viande de chien.

« On a créé ce nouvel abattoir pour mettre un terme aux abus de certaines boucheries clandestines où Ton dépeçait souvent des chiens crevés.

4c II faut ajouter, pour expliquer cette situation exceptionnelle, que la misère est atroce depuis quelques mois en certaines parties de la Bavière, et que souvent, pour des familles dans la détresse, cette nourriture est une aubaine inespérée. On se rappelle l'exclamation de Touvrier affamé des Tisserands d'Hauçtmann, mangeant par hasard de la viande de chien :

« Cest une nourriture de prince que je mange 1 » s'écrie-t-il.

« Les pauvres Bavarois en sont là. »

Et il paraît que ce ne sont pas seulement les Bavarois qui en sont là, puisque dans le même numéro le même journal publiait la note suivante :

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